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Liban

À Beit Beirut, une série de projets pour « construire aujourd’hui le Liban de demain »

Exposition

OMRAN’19 est la première édition d’un forum d’architecture organisé par Collective for Architecture Lebanon.

24/08/2019

C’est à Beit Beirut, à Sodeco, que s’est ouvert cette semaine le forum d’architecture OMRAN’19 sur le thème de l’architecture du territoire et de la planification urbaine, sous le patronage du mohafez de Beyrouth Ziad Chbib. Un événement qui se déroule en trois temps : le premier concerne l’espace public, le deuxième les infrastructures et le troisième la modernité, qui comprend également la rénovation de certains bâtiments et lieux publics. Architecture mais aussi urbanisme, design et photographie sont à l’ordre du jour, recoupant des disciplines aussi variées et complémentaires que l’anthropologie, le développement durable, l’économie et la sociologie.

Pendant deux semaines, des projets territoriaux seront présentés, ainsi que des stratégies relatives à l’organisation de l’espace et de l’aménagement du territoire. Des débats et conférences seront également organisés. En outre, des maquettes et des plans réalisés par près de 200 étudiants libanais – principalement de l’AUB et de l’Alba – et de l’étranger, sélectionnés par le collectif lors d’un appel à projets lancé il y a quelques mois, seront exposés.

La création de Collective for Architecture Lebanon (CAL) en avril 2019 avait été lancée par la réalisation d’un premier projet à l’entrée de la ville de Beyrouth où devait être construit un centre commercial. Le collectif avait empêché ce projet de centre de voir le jour afin de laisser place à un espace public constitué de plusieurs structures. Le projet actuel des membres de CAL porte sur le jeu comme médium de dynamisation d’un espace public. Le concept vise à rassembler et rapprocher des individus d’un même quartier dans un espace public, par exemple un parc, par l’intermédiaire du divertissement, « le jeu sous toutes ses formes, que ce soit la musique ou le sport », précise l’architecte Shereen Doummar, cofondatrice et directrice de CAL, à L’OLJ.


Un regard nouveau sur le monde arabe

La décentralisation représente un point fondamental sur lequel se focalise CAL, dans le sillon de la création, à la fin des années 1960, de la Foire internationale à Tripoli. Ainsi, les projets concernent aussi bien certains quartiers de Beyrouth, tels que Karm el-Zeitoun, Manara, el-Zeitoun, que des quartiers périphériques comme la banlieue de Dekwaneh, la localité de Deir el-Qalaa ou des villes comme Saïda ou Baalbeck.

Toutefois, le collectif ne se penche pas uniquement sur le territoire libanais, sa vision régionale englobant le monde arabe. De ce fait, CAL travaille étroitement avec des photographes, des architectes, des designers et des experts du Maroc ou encore de Bahreïn. « Notre but est de travailler étroitement avec les autorités publiques afin d’avoir un échange constructif. Nous exposons notre stratégie et essayons de comprendre à la fois leur point de vue », déclare Édouard Souhaid, cofondateur de CAL, à L’OLJ. Des étudiants en architecture ou en design se sont retrouvés autour de sujets tels que la mobilité urbaine, la gestion des déchets, l’érosion des sols, afin de pallier le manque de prise en charge par le gouvernement jusqu’à présent. L’idée est de (re)penser la relation entre les espaces de production, d’échanges, les réseaux d’infrastructures et la gestion des ressources, enjeux considérables qui s’inscrivent dans le contexte actuel de globalisation accrue. La stratégie de CAL et de ses partenaires est de relancer l’attractivité et la fréquentation de ces lieux aussi divers soient-ils. Des projets ambitieux et innovants qui nécessitent un recensement précis des différents lieux publics – parcs, écoles, lieux de culte, hôpitaux – et infrastructures, déjà existants ou ayant un potentiel d’exploitation ou de rénovation à l’instar de certains escaliers, passages et voies piétonnes.

C’est ce que propose Sera Saad, étudiante de l’Alba, à travers son projet « 7 km à Achrafieh : redécouvrir le quartier », qui consiste en recenser les escaliers et routes praticables ou zones difficiles d’accès sur un circuit de 7 km, soit environ 1h45, et qui passe par certains endroits-clés de l’un des plus anciens quartiers de Beyrouth. Comment relier ces endroits entre eux de manière plus efficace et les mettre en valeur afin qu’ils soient réinvestis pas les habitants ? C’est l’une des problématiques à laquelle le collectif tente de répondre.


Forger le monde de demain

« On ne peut plus vivre dans le passé, au temps de “l’âge d’or” du Liban. Il serait préférable de se projeter davantage dans l’avenir et d’œuvrer pour le Liban de demain », déclare Ziad Chbib avant de féliciter une telle collaboration entre ces universités libanaises, « une première », ajoute-t-il lors du discours d’inauguration du forum.

Ces projets visent à implanter des espaces inclusifs et durables à travers des projets aussi variés que celui d’extension du canal Khaskiyeh, celui de l’aqueduc de Saïda, celui de la reforestation urbaine ou encore de la préservation de la tour Murr.

De la même manière, comment faire face à l’expansion urbaine avec la prise en compte de facteurs liés à la pollution de l’air et de l’eau ou encore le taux d’extrême pauvreté ?

L’architecture permet non seulement de répondre à des besoins en matière de logements sociaux par exemple, tout en prenant en compte des facteurs d’ordre géologique telles les failles sismiques, infrastructurel comme la présence de parkings souterrains, mais aussi de proposer des stratégies innovantes et efficaces qui s’insèrent dans une vision qui s’étale sur le long terme. Christina Battikha, étudiante à l’AUB, expose par exemple son projet « Fishermen’s city: Sustaining life in the future  » qui concerne la ville de Saïda. « Les pêcheurs sont les premiers touchés par l’érosion et la saturation des sols du fait de l’exploitation sans limite de ceux-ci », dit la jeune femme qui a imaginé une ville souterraine, à savoir des espaces d’habitation, de stockage et de production sous terre, une manière intelligente de penser la perpétuation de ce métier présent sur la côte depuis des siècles. « Vous habitez au Liban, si vous pouviez changer quelque chose dans votre ville/village/communauté… que feriez-vous ? » Cette question-ci est inscrite sur une toile tendue sur l’un des murs de l’exposition. Les réponses sont les suivantes : « Un Liban plus vert » ; « Pas de plastique » ; « Des transports publics » ;

« Des voies cyclables » ; « Changer la mentalité de certains » ; « De l’électricité pour tous » ; ou encore « Un parc place des Martyrs qui remplacerait le parking actuel ». Autant de messages porteurs de belles idées, concrètes et durables, mais qui laissent aussi transparaître des besoins communs et fondamentaux, à l’intention des autorités publiques.


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