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Liban

Stratégie de défense : pour les souverainistes, Aoun en quête de parade

Éclairage
23/08/2019

Les propos récents du chef de l’État sur la stratégie de défense, liant celle-ci aux contingences régionales, accentuent les soupçons des milieux souverainistes sur un parti pris de Baabda en faveur du Hezbollah.

Le président de la République, Michel Aoun, avait indiqué lundi que « tous les critères à prendre en compte pour l’élaboration de cette stratégie, même les zones d’influence, ont changé ».

De nombreux observateurs ont vu dans ces propos le signe d’un report sine die du dialogue sur la stratégie de défense qui est censée porter, entre autres, sur les armes illégales, notamment l’arsenal du Hezbollah. Ces propos ont pu être interprétés par des milieux souverainistes comme une couverture institutionnelle à cet arsenal, à un moment où le Hezbollah en a particulièrement besoin. Outre les sanctions américaines contre le parti chiite, Washington fait pression sur les pays d’Amérique latine pour qu’ils l’inscrivent sur leur liste des organisations terroristes. Dans ce contexte, la position de Baabda sur la stratégie de défense renvoie un message sur une volonté officielle d’investir le Hezbollah de la mission de lutter contre le terrorisme, après qu’il a réussi à expulser les groupuscules jihadistes du jurd de Ersal. Couvrir ainsi le Hezbollah anticiperait en outre la résolution du litige relatif au tracé des frontières maritime et terrestre avec Israël, qui ôterait le cas échéant aux armes du Hezbollah l’essentiel de leur raison d’être.

C’est précisément à cette fin que l’administration Trump ferait pression sur Israël pour faciliter la délimitation des frontières, à en croire des sources diplomatiques occidentales. Il y aurait d’ailleurs chez cette administration une volonté d’éradiquer les embranchements militaires du « terrorisme chiite » en provenance d’Iran, aussi farouche que sa volonté de mettre fin au jihadisme sunnite de l’État islamique. Selon les sources diplomatiques citées, la réunion trilatérale entre les conseillers à la Sécurité nationale d’Israël, des États-Unis et de la Russie qui s’est tenue à la fin du mois de juin en Israël a évoqué l’enjeu de mettre fin à la présence iranienne dans son ensemble. C’est la raison pour laquelle, disent ces milieux, Israël bombarde les positions stratégiques et dépôts d’armes des pasdaran et du Hezbollah en Syrie, et élargit le rayon de ses raids pour atteindre des sites-clés du Hachd al-Chaabi (Unités de la mobilisation populaire) irakien. Il est clair qu’Israël bénéficie d’une couverture américaine et d’un laisser-faire russe. Si l’administration Trump a hâte d’en finir avec la présence d’armes illégales télécommandées par Téhéran dans la région, cela devrait faciliter les négociations de solutions régionales en affaiblissant l’élément iranien.


(Lire aussi : « La stratégie de défense, une nécessité vitale pour le Liban », souligne Raï)


Les manœuvres de l’armée dans le jurd de Aqoura en juillet dernier, en présence de son commandant en chef, le général Joseph Aoun, et de l’ambassadrice des États-Unis, Elizabeth Richard, ont permis de mettre en avant les capacités de l’armée, son niveau d’entraînement et, pour reprendre les termes du général Aoun, son aptitude à « faire face à tous les défis, que ce soit au niveau des frontières ou à l’intérieur du territoire ». Cette manœuvre se basait sur la simulation d’une attaque terroriste.

Au lendemain des propos du chef de l’État sur la stratégie de défense, le palais présidentiel a publié une mise au point précisant que « le chef de l’État ne faisait que décrire une situation de fait, dix ans après que le sujet a été soulevé en congrès de dialogue national », et que « le chef de l’État se considère toujours tenu par les positions antérieures en matière de défense stratégique, et par la nécessité de les examiner dans un climat consensuel ».

Cette clarification est restée peu convaincante, pour le moins insuffisante aux yeux des milieux souverainistes, qui disent craindre les retombées de tels propos sur la souveraineté du Liban et le moral de la troupe, mais aussi sur l’appui international à la stabilité du pays. Cet appui, qui a pris forme notamment dans la conférence dite

CEDRE, risque de se perdre, si bien que des milieux économiques appréhendent le scénario dans lequel les États donateurs en viendraient à lier leur aide économique à l’élaboration d’une stratégie de défense, la création d’un comité de dialogue national, le respect de la déclaration de Baabda (2012) et la mise en œuvre de la politique de distanciation… que le mandat actuel n’a de cesse de reporter.



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Chady

Tant de polémiques inutiles... Que ceux qui veulent d’une stratégie de défense se présentent à la table de dialogue et arrête de se trouver des excuses d’offices.
La réalité c’est que personne ne veut d’une stratégie de défense côté 14 Mars, parce qu’ils ne sont pas en mesure d’imposer leurs règles. Alors que pour le Hezbollah elle permettrait de fermer le débat sur ses armes par le biais d’un consensus et ainsi de leur donner une plus grande légitimité.
Il se peut qu’il n’y ait pas de consensus, et que le debat n’aboutisse pas sur une strategie de defense, néanmoins ce n’est pas à coup de fausses polémiques et d’attaques stupides contre le president de la république qu’on trouvera une solution.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

STRATEGIE DE DEFENSE OU STRATEGIE DE LA MAINMISE ? L,ABRUTISSEMENT A TOUS LES NIVEAUX.

Wlek Sanferlou

Une stratégie de défense sert à se préparer à toute éventualité en étant flexible pour répondre au changements locaux et régionaux.
On ne change pas de strategie à chaque coup mais, précisément, on l'utilise pour parer aux dangers éventuels.
Sauf si nos politiciens parlent de quelque chose autre que stratégie .....allah bi yeelam!

Irene Said

Il a les pieds et poings liés par ceux qui l'ont mis sur le fauteuil présidentiel avec leurs conditions...et essaye pitoyablement de parader...
Mais qui peut encore le croire ?
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

TOUTES CES CONDITIONS ENUMEREES SERONT OU SONT PLUTOT DEMANDEES A L,ETAT LIBANAIS POUR PROFITER DES AIDES INTERNATIONALES. SINON, ELLES SERONT IMPOSEES ! NOS ABRUTIS DEVRAIENT EN PRENDRE NOTE ET S,ELOIGNER DE L,AVENTURISME HESBOLLAHI QUI DETRUIRAIT LE PAYS.

Yves Prevost

Parler de "soupçons des milieux souverainistes sur un parti pris de Baabda en faveur du Hezbollah" semble étrange. Il ne s'agit pas de simples "soupçons". Tout le monde connaît en effet le pacte qui lie le CPL au Hezbollah, et Aoun a maintes fois affirmé publiquement son soutien aux armes de la milice.
On pouvait penser que, fort de sa majorité à l'Assemblée et au gouvernement, le Hezbollah s'empresserait de réclamer l'ouverture d'un dialogue sur la stratégie de défense qui légaliserait son arsenal, et c'est probablement ce qui était prévu. Mais ce qui a effectivement changé, c'est le contexte international très défavorable à la milice iranienne. C'est pour cette raison que le président, maintenant, traîne les pieds.

Amère Ri(s)que et péril.

Il n'est pas dans l'intérêt du Liban de désarmer le hezb libanais de la résistance.

Les enjeux stratégiques et économiques ayant un lien avec nos ressources naturelles ont besoin de socle militaire puissant.

Si on affaiblit le Liban on aura tout perdu, et les armes et nos droits inaliénables à défendre nos ressources.

Faut jamais donner le bon Dieu sans confession aux usurpateurs et leurs maîtres prédateurs.

L'armée libanaise n'est pas encore au point, parce qu'on ne lui permettra j'aimais de l'être.

Faut pas se leurrer, le hezb ne se laissera JAMAIS DUPER.

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