Dans le triangle d’or de Furn el-Hayek, et plus exactement à la rue Ibrine classée pourtant comme historique par le patrimoine libanais, un des immeubles, fatigué et qui appartenait au siècle dernier à un évêque orthodoxe avant d’être racheté par une compagnie d’assurances, il y a presque un quart de siècle, vient de céder aux coups de pioche et de tomber avec ses dalles rares, colonnes de marbre et peinture fine aux plafonds. Comme d’habitude, c’est en catimini qu’on a opéré. Quelques voix indignées et timides s’élèveront, sans aucun résultat. Le plus triste est que dans ce quartier orthodoxe fut bâtie, au nom de la convivialité, l’école de Ibrine. Elle fut bâtie par le patriarche Hoyek qui en 1895 fonda la congrégation des sœurs maronites de la Sainte-Famille. Le patriarche représenta, en 1919, le Liban à la Ligue des nations réclamant l’indépendance du pays, après avoir gagné la confiance de tous les Libanais. Sans oublier bien sûr en face la « tesswinet » Tuéni, lequel œuvra aussi à l’indépendance du pays.
Et ainsi demain, à cause de la négligence de nos responsables qui n’ont pas voulu restaurer ces anciennes bâtisses durant des années, un beau quartier historique va changer de visage, les bâtiments anciens cédant la place, comme d’habitude, aux tours sauvages et sans âme, effaçant encore une fois cette belle image de Beyrouth. Le peuple va-t-il se soulever ? L’on en doute grandement.
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