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À La Une - Soudan

De l'argent saoudien au cœur des débats à l'ouverture du procès Bachir

Le procès ne concerne pas les accusations de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et de génocide au Darfour portées par la CPI depuis une décennie.


Le président déchu Omar el-Bachir lors de son procès à Khartoum, le 19 août 2019. AFP / Ebrahim HAMID

Omar el-Bachir, au pouvoir durant trois décennies au Soudan, a reconnu avoir perçu 90 millions de dollars en espèces de l'Arabie saoudite, a rapporté lundi un enquêteur à l'ouverture du procès pour corruption du président déchu à Khartoum.

L'ouverture de ce procès, initialement prévu samedi, intervient alors que le processus de transition vers un pouvoir civil attend toujours son premier acte concret avec la désignation des membres du conseil souverain, reportée à mardi.

L'ex-chef de l'Etat, déposé par l'armée le 11 avril en réponse à des manifestations massives, est lui lundi matin devant un tribunal de la capitale, escorté par un imposant convoi militaire, a constaté un journaliste de l'AFP. M. Bachir, 75 ans, a pris place dans une cage en métal, mal rasé et vêtu d'une robe blanche traditionnelle. Ses proches dans la salle ont scandé "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand), auquel il a fait écho. Il a été informé par le parquet qu'il faisait face à des accusations de "possession de devises étrangères, de corruption" et de trafic d'influence.
Ce procès au Soudan ne concerne pas les lourdes accusations de crimes portées contre l'ex chef d'Etat par la Cour pénale internationale (CPI) depuis une décennie.


(Pour mémoire : Une foule à Khartoum pour célébrer un "nouveau Soudan")


"Dépensées"

Durant l'audience, le brigadier Ali, chargé de l'instruction, a détaillé des aveux d'Omar el-Bachir sur le versement d'importantes sommes d'argent saoudien en espèces --à hauteur de 90 millions de dollars. M. Ali a rappelé que de vastes sommes avaient été retrouvées dans la résidence de M. Bachir après sa destitution. "L'accusé nous a dit (...) qu'une somme de 25 millions de dollars lui avait été envoyée par le prince (héritier saoudien) Mohammad ben Salmane hors budget de l'Etat", a déclaré l'enquêteur. Il a également indiqué qu'Omar el-Bachir avait reconnu avoir reçu deux paiements de 35 et de 30 millions de dollars du roi Abdallah d'Arabie saoudite, décédé en 2015.

Selon cet enquêteur, M. Bachir a admis qu'il décidait de l'utilisation de ces sommes, qu'elles avaient effectivement été dépensées, mais qu'il ne se rappelait pas précisément comment et ne disposait d'aucun document. Tout au long des trois heures d'audience, il est apparu calme. Le procès reprendra samedi 24 août.

Fin avril, le chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane, avait déjà affirmé que l'équivalent de plus de 113 millions de dollars avaient été saisis en liquide dans la résidence de l'ex-président à Khartoum.

En mai, le procureur général avait par ailleurs déclaré que M. Bachir avait été inculpé pour des meurtres commis lors des manifestations antirégime ayant conduit à son éviction, sans préciser quand il devrait répondre de cette accusation.


(Pour mémoire : Militaires et contestation signent un accord historique vers un pouvoir civil au Soudan)


Crimes de guerre

Amnesty International a averti la semaine dernière que son procès pour corruption ne devait pas détourner l'attention des accusations plus lourdes auxquelles l'ancien dirigeant est confronté à La Haye.

M. Bachir, qui a dirigé le pays d'une main de fer après un coup d'État soutenu par les islamistes en 1989, fait l'objet de mandats d'arrêt internationaux de la CPI pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au cours de la guerre au Darfour (ouest), où une rébellion a éclaté en 2003. L'ONU affirme que le conflit a fait plus de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés, et que des centaines de milliers de personnes vivent encore dans des camps misérables et appauvris.

La CPI exige depuis des années que M. Bachir soit jugé, et a renouvelé son appel depuis sa chute. Amnesty a exhorté les nouvelles institutions de transition au Soudan à ratifier le Statut de Rome de la CPI, ce qui permettrait de transférer M. Bachir à ce tribunal international.

Accord de transition

Les protestations contre le régime Bachir avaient éclaté le 19 décembre, après un triplement du prix du pain. Elles se sont poursuivies après sa chute afin d'obtenir un transfert du pouvoir aux civils, et ont abouti samedi à la signature d'un accord entre généraux au pouvoir et contestation.

Des milliers de Soudanais ont célébré cet accord historique, mais la désignation attendue dimanche du Conseil souverain censé piloter cette transition a été reportée, l'une des cinq personnes choisies par la contestation ayant décliné l'offre.

La composition complète doit être annoncée mardi, selon le Conseil militaire, qui a indiqué que ce délai avait été accordé "à la demande des Forces pour la liberté et la changement (FLC)", fer de lance de la contestation. Une fois constitué, le Conseil souverain --six civils et cinq militaires-- devra superviser la formation d'une administration civile de transition, notamment du gouvernement.

La cérémonie de signature samedi a eu lieu en présence de nombreux dignitaires étrangers, signe que le Soudan pourrait tourner la page de son isolement sous le régime Bachir.

Mais, en dépit de l'euphorie ambiante, des réserves persistent au sein de la contestation, notamment face à l'omniprésence du général Mohammed Hamdan Daglo, numéro deux du Conseil militaire, qui a cosigné l'accord samedi.

Les redoutés paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) qu'il dirige sont accusés d'avoir réprimé plusieurs manifestations. Beaucoup craignent qu'il ne tente d'accaparer ensuite le pouvoir. Les femmes, qui ont joué un rôle crucial dans les manifestations, dénoncent également leur faible représentation dans la transition.


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Omar el-Bachir, au pouvoir durant trois décennies au Soudan, a reconnu avoir perçu 90 millions de dollars en espèces de l'Arabie saoudite, a rapporté lundi un enquêteur à l'ouverture du procès pour corruption du président déchu à Khartoum. L'ouverture de ce procès, initialement prévu samedi, intervient alors que le processus de transition vers un pouvoir civil attend toujours...

commentaires (2)

UN VENDEUR DE VIANDE !

L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION.

15 h 04, le 20 août 2019

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Commentaires (2)

  • UN VENDEUR DE VIANDE !

    L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION.

    15 h 04, le 20 août 2019

  • C'est clair comme de l'eau de roche. Cette pourriture recevrait des sous des bensaouds pour envoyer son peuple au casse-pipe au Yémen. Et tout le monde trouve ça normal.

    FRIK-A-FRAK

    19 h 36, le 19 août 2019

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