Le bus de la Khurshid TV qui a été attaqué hier à Kaboul. Photo AFP/STR
Un attentat à la bombe visant un bus, transportant des employés d’une station de radio-télévision privée afghane, a tué deux personnes et en a blessé quatre autres, dont un journaliste, hier à Kaboul, ont indiqué les autorités. « Vers 17h30 (13h GMT), une bombe magnétique apposée sur un bus transportant des employés de Khurshid TV a explosé. Deux passants ont été tués et quatre autres personnes, dont trois employés de Khurshid TV, ont été blessées », a indiqué le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Nasrat Rahimi. Il avait, dans un premier temps, indiqué que le chauffeur du bus faisait partie des victimes. Des images sur les réseaux sociaux montrent un minibus blanc sérieusement endommagé dans sa partie avant. Zabiullah Doorandish, journaliste à Khurshid TV, a confirmé que trois de ses collègues ont été blessés, dont un journaliste. « Nous avions récemment reçu des mises en garde de la part des services de sécurité que les talibans pourraient nous prendre pour cible », a-t-il déclaré. Aucun groupe insurgé, talibans ou branche afghane de l’État islamique (EI), n’a revendiqué l’attentat.
En juin, les talibans avaient menacé de représailles les médias afghans qui diffusaient des publicités réalisées pour le compte du gouvernement et hostiles au groupe insurgé. « Ils deviendront des cibles militaires pour les moujahidine dans la capitale, les provinces, les villes et les zones rurales, et aucun de leurs bureaux, journalistes et personnels n’aura d’immunité », avaient averti les talibans dans un communiqué. Selon M. Doorandish, aucune de ces publicités n’a été diffusée sur Khurshid TV.
Selon Reporters sans frontières (RSF), l’Afghanistan a été en 2018 le pays le plus dangereux au monde pour les journalistes, au moins 15 d’entre eux ayant été tués dans l’exercice de leurs fonctions. Quelque 60 reporters et employés de médias ont été tués dans le pays depuis l’invasion américaine de 2001.
Sept policiers tués
Au moins sept policiers afghans ont par ailleurs été tués hier dans le sud du pays lorsqu’un autre groupe de policiers, apparemment loyal aux talibans, a ouvert le feu sur eux. « Il y a eu une attaque de huit infiltrés talibans contre un poste de police du district de Shah Wali Kot au cours de laquelle sept policiers ont été tués et un blessé », a indiqué Jamal Naser Barekzai, porte-parole de la police dans la province de Kandahar. « Les talibans infiltrés se sont enfuis et des renforts ont été déployés dans le secteur », a-t-il ajouté. Un autre responsable de sécurité a porté le bilan à 11 tués, tandis que les talibans, qui ont revendiqué l’attaque, clament avoir tué 14 policiers.
Les attaques dites « de l’intérieur », avec un soldat ennemi infiltré, constituent une menace constante en Afghanistan pour les forces internationales et afghanes. Le 29 juillet, deux soldats américains ont été tués lors de la visite d’une base de l’armée afghane à Kandahar. Quelques jours plus tôt, un colonel influent de l’armée afghane avait été tué alors qu’il effectuait une évaluation de sécurité dans la province de Ghazni (Est).
La violence ne faiblit pas en Afghanistan malgré les pourparlers en cours à Doha où les États-Unis négocient, depuis samedi à Doha, un éventuel accord de paix avec les talibans.
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine