Nous ne connaissions pas personnellement le groupe de musique pop Mashrou’ Leila. Après les injustes et ahurissantes allégations et accusations qui l’a récemment frappé, nous avons décidé d’écouter sur YouTube leurs chansons et les avons trouvées charmeuses et particulièrement innovantes. On ne peut qu’être fier que pareil groupe ait trouvé sa source au Liban même et dans une de ses universités, celle qui a participé en son temps à la « Nahda ».
Nous avons été particulièrement outrés que des partis politiques, qui nous ont asséné sans pitié tout le long de la guerre leurs obus et leurs bombes et dont une chance rare nous a préservés, s’acharnent sur des jeunes qui pourraient être nos enfants et auxquels nous tenons plus qu’à la prunelle de nos yeux. De quel droit philosophique ou théologique ces partis représenteraient-ils la morale ? Car il ne s’agit pas seulement d’un acharnement, mais d’un obscurantisme plus que moyenâgeux. On se rit de l’obscurantisme dont font preuve l’Iran, la Chine ou la Russie en matière de droits humains, tout en faisant pire dans un pays théoriquement « ouvert » comme le Liban.
Ces membres de parti ou curés de paroisse ne peuvent prétendre, comme ils le font, représenter le Christ et son message d’amour sur terre. S’acharner sur des « gays », c’est s’en prendre le plus lâchement du monde au plus faible. Ceci est absolument contraire au message de tolérance et de compréhension évangélique. Ce groupe venait donner son amour au public.
Il y a plus d’une vingtaine d’années, un prêtre s’était présenté au Centre culturel français pour nous expliquer d’une façon simpliste que le film de Martin Scorsese La Dernière Tentation du Christ (d’après le livre éponyme du lauréat grec du prix Nobel de littérature, Nikos Kazantzakis) était « l’œuvre de juifs désirant attenter à la religion chrétienne ». Nous nous étions immédiatement opposés à pareille interprétation. En effet, si on savait lire ce film sans a priori, on verrait bien que Scorsese, dans l’esprit de Kazantzakis, a pris le symbole le plus communément persécuté pour en faire un symbole suprême du Dieu en croix et ouvrir la chrétienté aux religions diverses, musulmane, protestante et judaïque. C’était la paix qu’entendait promouvoir admirablement Scorsese par son film. Mais l’incompréhension et l’inculture profondes ont fait brûler des salles où il était projeté.
Ce que subissent ces personnes marginalisées souvent malgré elles de par le monde est cruel jusqu’à l’intolérable. Si leurs persécuteurs croient vraiment en Dieu, qu’ils se disent que telle est Sa volonté.
Que les donneurs de leçons de morale nettoient donc devant leur maison et dans leurs cœurs, avant d’oser ouvrir leur bouche envers l’humain.
Félicitons par la même occasion le père Fady Daou pour son profond humanisme, car il mérite sans conteste le prix qu’il a obtenu au Japon pour la promotion de la paix dans le monde.
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Tout est dit, merci.
22 h 40, le 31 juillet 2019