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Culture

Fans des années 80, préparez vos chaussures de danse !

Concert

Qui dit années 80 dit piste de danse et musique à fond la caisse. Des tubes qui ne prennent pas une ride. Des chansons qui restent indémodables, qui sont encore dans toutes les soirées et dont certaines sont devenues cultes. Voilà ce que promet le spectacle « Stars 80 and Friends » ce soir, dans le cadre du festival Beirut Holidays au Seaside Arena*.

Danny MALLAT | OLJ
17/07/2019

Stars 80 and Friends ? C’est une tournée qui a douze ans d’âge, qui remplit les plus grands salles et stades de France, et qui a la particularité de laisser les artistes non seulement interpréter les tubes emblématiques de cette époque, mais aussi des chansons d’autres auteurs de cette décennie, dans des moments qu’ils nomment « piano/voix ». C’est un saut dans le passé. Mais pas n’importe lequel. Se remémorer quelques-unes des meilleures chansons de cette décennie souvent « kitsch », question de faire remonter quelques bons souvenirs de jeunesse ou de faire découvrir des petites perles aux nouvelles générations. Mais quel est donc le secret de cet engouement perpétuel? Qu’est-ce qui fait que les années 80 restent incontournables et qu’on y revient tout le temps ? Que les chansons demeurent indémodables ?

Autour d’un repas en chanson avec le roulement des vagues pour seul instrument, une douzaine de stars de ces années-là, et qui viennent se produire dans le cadre du festival Beirut Holidays, ont donné leur avis sur la question (qui pour certains demeure un mystère), mais restent d’accord sur un point : les années 80 sont les années de l’insouciance et de la liberté. « On se prenait beaucoup moins au sérieux. On pouvait affirmer nos opinions. La liberté d’expression, les radios libres étaient enfin autorisées (grâce à François Mitterrand). On y parlait sans censure de sujets de société et les adolescents pouvaient s’exprimer très librement. Il y avait une ambiance joyeuse et on adorait faire la fête. » Le succès des tournées Stars 80 est la preuve que le public, toutes générations confondues, reste aussi fan de cette ambiance pleine de joie et de bonne humeur. C’était une autre époque, une autre façon de vivre, de s’habiller, de danser, mais surtout de penser.


De l’artisanat à l’industrie

Certes, ils ont pris de l’âge, certains se sont dégarnis, d’autres légèrement enrobés, mais leur joie de (re)vivre les années 80 est restée intacte et pour cause, c’était une décennie de pur bonheur et la perpétuer sans arrêt reste leur raison d’être en tant qu’artistes.

Pour le groupe Émile et Images qui interprétera Les Démons de minuit, Maîtresse ou Plus près des étoiles, les années 80, c’était surtout de bonnes mélodies et de bons textes. Pour les ados, ce sont des chansons retransmises par les parents lors de soirées familiales, de fiançailles, d’anniversaire, ou même de voyages en voiture. « Les Démons de minuit a marqué un tournant dans la musique. Cette année-là, les machines ont apparu, on commence à programmer et cela donne une forme d’originalité à chaque chanson. » Plastic Bertrand n’a pas vu venir le succès de Ça plane pour moi. Il avoue n’avoir jamais compris le secret de ce succès, mais reste nostalgique de cette époque où la spontanéité était le mot d’ordre et où l’on était artiste sans vouloir vraiment gagner de l’argent. Et d’ajouter : « Nous sommes passés de l’artisanat à l’industrie... » Qui n’a pas espéré un slow sur Un enfant de toi de Phil Barney ? Les années 80 restent pour l’artiste une décennie particulière, une décennie charnière avec l’arrivée de la gauche en France. « Canal+ révolutionne la télé et Coluche ose tout, jusqu’à une demande en mariage en direct à la télé. Les maisons de disques investissent sur les artistes, et la production est phénoménale. La conjoncture était différente, c’était festif et très respectueux », conclut Barney. Pour Jean-Luc Lahaye, auteur des fameux tubes Débarquez-moi et Femmes que j’aime, les chansons de cette époque avaient la particularité d’être apolitiques, des chansons positives et simples dans leur configuration, des chansons qui transpirent le soleil, l’amour et la fraîcheur. Pour la jeunesse d’aujourd’hui, c’est une sorte de refuge. Le rythme de Macumba n’a pas fini de faire déhancher et Jean-Pierre Mader regrette cette époque où la musique n’était pas formatée, où chaque chanson se distinguait de l’autre. « On a accompagné les gens dans leur quotidien, dit-il. Que de fois on m’arrêtait à l’aéroport pour me confier : j’ai embrassé ma femme la première fois sur votre chanson. On faisait sérieusement des choses pas très sérieuses. »


Le français dansant

Qui n’a pas rêvé d’être La femme libérée de Cookie Dingler à qui on ronronne des tonnes de « Je t’aime », qui raconte qu’elle sait changer une roue et qui avoue son âge, celui de ses enfants. Pour cet artiste, les années 80 sont « les dernières années d’insouciance, le sida viendra traumatiser des générations entières et la crise pétrolière plongera le monde dans un marasme inextricable ». C’est avec ses frères qu’Alec Mansion, artiste d’origine belge, a écrit les paroles de C’est l’amour. Deux millions de disques vendus à l’époque, et un tube qui sert pour la publicité de San Pellegrino en Italie et qui revient souvent à la Saint-Valentin. « Je lui dois beaucoup. C’est une chanson qui m’a ouvert beaucoup de portes. »

Jean Schultheis confie que sur cinq de ses albums, Confidence pour confidence est la seule chanson que le public connaît. Pour lui, c’est une question de moment, une époque où la créativité était différente, où aucune chanson ne ressemblait pas à l’autre. « Aujourd’hui, la musique est stéréotypée. » Pour Patrick Hernandez (Born to be Alive), la tournée de Stars 80, qui a commencé en 2007 dans la nostalgie, est vraisemblablement un phénomène lié à la fête et à la diversité. Pour les deux figures féminines présentes du groupe (Julie Pietri était absente au dîner), Sabrina qui interprétera Boys et Joniece Jamison des medleys, les années 80 « ont signé un moment incroyable dans la danse, la musique était solaire et festive, et même si on avait utilisé le terme “use et jette”, elle résiste après 30 ans dans la magie de l’énergie et de la positivité ».

C’est à Lucky, DJ reconnu et présentateur du concert depuis bientôt 8 ans, que reviendra le mot de la fin : « Les années 80 sont la seule décennie où il y avait du français dansant. »

SEASIDE ARENA

Front de mer, centre-ville de Beyrouth. Mercredi 17 juillet à 21h. Billets chez Virgin Ticketing.

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Chouette équipe et une belle époque ( les années 70 sont encore mieux) :) mais bon... restons sur les années 80

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