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Un avant et un après Mondial ?

Foot féminin
OLJ/AFP
09/07/2019 | 00h00

Le soufflé va-t-il retomber ? Jamais le football féminin n’aura autant fait parler de lui que pendant cette Coupe du monde en France, mais certaines voix mettent en garde contre un brutal retour sur terre dès la rentrée.

De l’argent avant tout

De quoi le football féminin a-t-il besoin dans les mois qui viennent ? « Money, money, money », répond la star de l’équipe américaine Megan Rapinoe, championne du monde et porte-parole emblématique de sa discipline. Élue meilleure joueuse du tournoi, elle trouve les promesses de la FIFA très insuffisantes. Selon Rapinoe, la dotation (prize money) du Mondial féminin aurait déjà dû « doubler » cette année et « quadrupler pour la prochaine fois. C’est ce que je veux dire quand on nous demande si nous nous sentons respectées ».

Les 24 équipes du Mondial féminin se sont partagées 30 millions de dollars contre 400 millions pour les garçons à la Coupe du monde 2018. Le patron de la FIFA, Gianni Infantino, a promis de doubler le prize money attribué au Mondial 2023 dames. Dans le stade après la finale, des supporteurs ont crié « equal pay » pour réclamer l’égalité salariale femmes-hommes.

Sponsors et TV

Tout dépendra de la mobilisation des sponsors et des chaînes de télé sur le long terme. Sur ce point, la Coupe du monde a eu un effet incontestable. Aux États-Unis, où le soccer (foot) féminin rayonne déjà bien plus qu’ailleurs, la chaîne ESPN vient d’officialiser la diffusion de 14 matches de championnat, jusqu’aux demies et la finale au mois d’octobre.

En France, après une succession de records d’audience sur TF1 et Canal+, c’est le groupe M6 qui reprendra la diffusion des matches de l’équipe de France à partir de la rentrée. Il faudra tenir la distance, car les Bleues ne sont pas qualifiées pour les Jeux olympiques et n’ont pas de grands rendez-vous avant l’Euro 2021. En championnat, la D1 féminine est déjà davantage exposée depuis un an grâce à la diffusion des matches par Canal+ et ses chaînes. Le groupe de chimie Arkema a aussi profité du Mondial pour annoncer qu’il deviendrait partenaire-titre (contrat de naming) de la D1 la saison prochaine, contre un million d’euros par an.

L’équipementier Nike a largement misé sur la Coupe du monde dames, avec de nombreuses vitrines entièrement consacrées au tournoi. Selon Mark Parker, le patron de la marque à la virgule, au début du Mondial, deux tiers des équipes étaient habillées de Nike et la moitié des joueuses portaient ses chaussures.

Dans les stades, de nombreuses joueuses vont retrouver les faibles affluences en championnat, notamment en France avec quelques centaines de supporteurs pour les matches habituels. « Je pense que ça va être un vrai fossé par rapport à ce qu’elles ont vécu, convient Élisabeth Loisel, ancienne sélectionneuse des Bleues. Il y a probablement une réflexion à mener, les différences sont trop importantes, dit-elle. Les moyens entre les équipes qui sont dans de gros clubs pros (Lyon, PSG) et les autres sont énormes. »

Après l’élimination en quarts de finale, l’attaquante Eugénie Le Sommer avait déjà demandé des « moyens » pour poursuivre la professionnalisation et éviter que ce championnat « à deux vitesses » perdure.

Boom des licenciées ?

La vice-présidente de la Fédération française de foot, Brigitte Henriques, l’une de celles qui a porté ce Mondial en France, considère pour sa part que « plus rien ne sera jamais comme avant » après la Coupe du monde. « Le football féminin est reconnu partout. Vous avez vu l’équipe argentine célébrée à l’aéroport alors qu’elles n’ont même pas atteint les 8es de finale, rappelle-t-elle. On est vraiment très contents, on sait que ça va faire bouger les lignes dans notre société par rapport à la place de la femme. »

Les organisateurs français ont annoncé avant le tournoi un « héritage » de 15 millions d’euros en France pour préserver l’élan du Mondial. « On sait qu’on atteindra la barre des 200 000 licenciées très tôt (185 000 aujourd’hui). À partir de 2020, une joueuse pourra trouver un club à moins de 15 km de chez elle, à moins d’une demi-heure », assure Brigitte Henriques.

Adrien DE CALAN/AFP

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