Le village préféré des Libanais - 2019

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Le village préféré des Libanais - 2019

Barouk, béni des dieux et des hommes

Le village préféré des Libanais

Pour la quatrième année consécutive, les lecteurs de « L'Orient-Le Jour » au Liban et dans le monde voteront pour « Le village préféré des Libanais ». Cette année, dix nouveaux villages sont en lice. Un reportage écrit et une vidéo, chaque jour pendant dix jours, pour vous aider à choisir... Après Amchit, voici Barouk. Le vote est ouvert jusqu'au 28 juillet.

10/07/2019

Une oasis de verdure, de cascades d’eau et de fruits de la montagne… principalement des pommes. Le Barouk, village du Chouf, est une destination appréciée des touristes tout au long de l’année. La raison : la réserve de cèdres qu’il abrite, la plus grande du Liban, très prisée par les amateurs de grand air et dont le bois aurait servi pour bâtir le temple de Salomon. Mais au-delà de ses paysages envoûtants qui s’étendent jusqu’à l’horizon, le Barouk est, comme ses natifs insistent à le répéter, un village ancré dans son histoire, un lieu de sainteté et d’hospitalité, mais surtout de coexistence et d’ouverture sur l’autre.

Une brise légère souffle sur la localité en cette journée de juillet. La saison estivale n’a pas encore démarré, mais les visiteurs sont déjà nombreux. L’air frais et le vert confèrent une sérénité aux lieux. Du côté des restaurants éparpillés tout au long des deux rives de la rivière toutefois, l’activité est plus intense. En plus de la bonne cuisine traditionnelle qu’on y sert, un parc d’attraction et deux pistes de karting attirent les enfants et les as du volant.

Les quelques bâtiments modernes qui s’élèvent dans le village n’ont pas eu raison de ses paysages pittoresques. La localité est parée de vieilles maisons aux tuiles rouges, caractéristiques de la Montagne libanaise, auxquelles s’ajoutent de nombreux vestiges, dont certains datent des époques romaine et ottomane, comme des pressoirs à raisins, des moulins, des ponts et des tombes en pierre.

« Un saint du Liban »
Le nom du village revêt deux sens. Le Barouk signifierait ainsi « le béni de Dieu », ou encore « une oasis d’eau près de laquelle les convois se reposaient », explique cheikh Youssef Halaoui, l’un des moukhtars du village, soulignant que « la légende veut que la source d’eau du village qui alimente plus de cent localités ait été bénie par des sages ». Bénie de Dieu, cette localité l’est sûrement avec sa forêt de cèdres millénaires, ses églises, dont trois vieilles de plus de 200 ans (Saint-Élie à Fraydis, Saint-Georges et Saint-Antoine-le-Grand au Barouk), et ses dix-sept sid (grand sage), le dernier à avoir atteint ce statut étant sidna el-cheikh Abou Hassan Aref Halaoui. Décédé en 2003, il repose désormais dans un mausolée devenu « lieu de pèlerinage pour les fidèles, toutes communautés confondues », avance Élie Nakhlé, président du conseil municipal de Barouk-Fraydis, soulignant qu’il est « un saint du Liban ».

Érigé dans la maison du dignitaire, à l’endroit même où se trouvait son lit, le mausolée est couvert de vers en calligraphie arabe, qui mettent l’accent sur le parcours de cet homme qui « était déjà un sanctuaire de son vivant », affirme cheikh Mohammad Halaoui, responsable du mausolée. « Les gens lui rendaient visite pour demander son intercession auprès de Dieu, poursuit-il. On venait même de l’étranger pour lui demander conseil. C’était un homme modeste et spirituel. »




Un fort sens de coexistence
La réserve des cèdres fait la fierté du village. Comment ne le serait-elle pas, alors qu’elle constitue la plus grande des trois forêts qui forment la réserve de biosphère du Chouf, aux côtés de la forêt de Maasser el-Chouf et de celle de Aïn Zhalta-Bmehray ? La biosphère, un pur joyau de la nature qui allie la beauté à la biodiversité, s’étend sur 550 km2 et constitue la plus vaste réserve naturelle du pays, couvrant 5 % de l’ensemble du territoire. Fondée en 1996, elle compte quelque quatre millions de cèdres, dont deux millions dans la forêt du Barouk. Composée également des marais de Ammiq, dans la Békaa-Ouest, et de la forteresse de Niha ou Tyron, elle constitue l’habitat de dizaines d’espèces de mammifères, reptiles et amphibiens, « mais aussi la deuxième plus importante voie de passage pour les oiseaux migrateurs après celle de Cuba, raison pour laquelle le président de la réserve, (le leader druze) Walid Joumblatt, a décidé d’y construire un lac artificiel pour qu’ils puissent s’y désaltérer et se reposer avant de s’envoler », explique Houssam Halaoui, l’un des guides de la réserve. Plusieurs activités y sont proposées comme les randonnées, le vélo et la raquette sur neige en hiver.

La réserve n’est pas la seule destination de promenade. Les personnes qui recherchent la tranquillité et les circuits simples ont la possibilité de suivre le sentier agricole qui traverse des champs, jalonné d’arbres – en cette période de l’année, les arbres sont déjà chargés de fruits, de quoi ajouter des notes de couleur au paysage digne d’une carte postale. Elles peuvent aussi emprunter le « circuit patriotique » allant du centre Rachid Nakhlé pour la culture jusqu’à la réserve. Fondé en 2015 grâce à un don de la USAid, celui-ci abrite le tombeau du poète, auteur de l’hymne national libanais. Les visiteurs peuvent aussi s’y imprégner de son œuvre littéraire.

« Nous avons aussi transformé la forêt de Dalboun en réserve et la doterons bientôt de circuits de randonnée », indique M. Nakhlé. Impliqué dans le développement de sa localité, il multiplie les activités susceptibles d’attirer les touristes, et déploie les moyens afin d’aider les femmes qui font de la mouné et des travaux manuels à écouler leur production.

Sur une note plus sociale, le Barouk reste le village de « l’hospitalité » où « historiquement, tous les conflits sont résolus », affirme cheikh Youssef Halaoui. « C’est au Barouk que Kamal Joumblatt avait annoncé la formation du Parti socialiste progressiste, poursuit-il. Druzes et chrétiens forment une même grande famille. La sainteté du village a été plus forte que les tentatives visant à saper le vivre-ensemble. » Ce que confirme le père Élie Kiwan, curé de la paroisse de Fraydis, village dont le nom signifierait paradis et qui relève de la municipalité du Barouk. « Malgré tout ce qu’on essaie de faire croire, le chrétien n’a pas peur de rester dans la Montagne, insiste-t-il. Ici, ce qui compte, c’est la dignité de l’homme. Cette coexistence druzo-maronite nous enrichit, parce que, ici, nous apprenons à connaître l’autre et à vivre avec lui. »



Fiche technique

Nombre d’habitants : environ 8 000 résidents en hiver, près de 12 000 en été.

Président du conseil municipal : Élie Nakhlé.

Célébrités du village : Rachid Nakhlé, poète et auteur de l’hymne national libanais ; Amine Nakhlé, poète ; Kassem al-Imad, mohafez du Liban-Nord assassiné en 1976 durant la guerre ; plusieurs magistrats dont Ghassan Abou Alouane, Issam Abou Alouane, Ghada Abou Alouane et Assaad Gédéon ; plusieurs généraux de l’armée ; sidna cheikh Abou Hassan Aref Halaoui, haut dignitaire religieux ; Toni Kiwan, chanteur ; Mona Abou Hamzé, animatrice de télévision ; Nouhad Mahmoud, ambassadeur du Liban au Mexique et envoyé spécial du Liban au Conseil de sécurité des Nations unies lors de la prise de la résolution 1 701 ; Mgr Maroun Kiwan.

Possibilité de séjourner : les hôtels al-Sa’eh (03-630056), Calmera (03-741658), Palais des cèdres (03-545145) et Challalat (03-387228), ou les maisons d’hôte César (03-051106), Boustany (03-633062), Akram Mahmoud (03-829102) et Adel Hakim (71-172270).

Restaurants : al-Kouz (81-612357), al-Cheikh (Sama al-Barouk 03-648922), al-Mamlaka (03-865143), Baytna (03-988538), al-Mediaf (70-443318), Best Food (03-372551), Nahla Boustany (03-447162), al-Jawal (03-344205), al-Aked (71-172270), Ghabat al-Nabeh (03-205004), Chawarma Karim (78-979892) et Casino el-Barouk (03-575525).

Spécialités culinaires : mezzés et plats libanais, kechek, hrissé et mouné.

Activités : vélo, randonnées et raquette sur neige (contacter la réserve aux 05-350250, 05-350150), ATV, karting (03-575525).

Altitude : 1 200-2 222 mètres.

Climat : méditerranéen.




À ne pas rater

* La réserve de cèdres.

* La forêt de Dalboun.

* Le sentier agricole.

* Le circuit patriotique.

* Le centre Rachid Nakhlé pour la culture.

* La maison de Rachid Nakhlé dans le quartier al-Midane.

* Les pressoirs de raisins, moulins et ponts datant des ères romaine et ottomane.

* Le mausolée de sidna cheikh Abou Hassan Aref Kassem.

* Le mausolée du sid Ezzeddine.

* Les églises Saint-Élie, Saint-Georges et Saint-Antoine-le-Grand.



Comment y accéder ?

* Venant de Beyrouth, prendre l’autoroute menant à Aley. Poursuivre jusqu’à Mdeirej puis bifurquer vers Aïn Dara et emprunter la route de Nabeh es-Safa, Aïn Zhalta et continuer jusqu’au Barouk.

* Venant du Liban-Sud, prendre l’autoroute jusqu’à Damour, bifurquer vers Moultaka al-Nahrein et poursuivre jusqu’à Kfarhim, Deir el-Qamar, Maasser Beiteddine, Kfarnabrakh, Batloun, puis jusqu’au Barouk.

* Venant de la Békaa, suivre la route jusqu’à Dahr el-Baïdar, puis Mdeirej, et bifurquer vers Aïn Dara et emprunter la route de Nabeh es-Safa, Aïn Zhalta et continuer jusqu’au Barouk.

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Ah si tous les articles pouvaient être de la sorte.

Ca respire la vie, l'amour et la joie

Bonne journée/ soirée

Sarkis Serge Tateossian

Inspirant et d'une grande beauté. Bravo