« Le Liban va très mal, pas seulement à cause de la crise syrienne, comme le prétendent les autorités, mais en raison de leur propre incurie », fustige Halla Beijani, directrice du mouvement citoyen Kulluna irada. Elle rappelle que 28 ans après la fin de la guerre, les réseaux d’eau et d’électricité fonctionnent de façon toujours aussi erratique. « Ce n’est pas d’un contrat de confiance entre les bailleurs et l’État dont nous avons besoin, dit Halla Beijani, mais d’un contrat de confiance entre l’État et les citoyens. » lemonde.fr, 2018.
Un pays dans le noir signifie un état désastreux d’électeurs, d’élus et de rapports politiques stériles ou dysfonctionnels. Une situation économique en péril ne peut être secourue par les mêmes erreurs. Celles qui concordent à confirmer des plans longtemps suspendus en dernier recours mais agréées faute de mieux.
Ils confirment presque toujours la réussite laborieuse d’un accord qui risque des délais conditionnels, des fautes non reconnues, des exécutions partielles, des suivis erratiques avec des résultats pour le mieux aléatoires.
Pour changer les donnes d’un système politique miné depuis si longtemps par des mentalités favorables à la corruption, il faudrait avoir non seulement subi, dénoncé et clamé ce qui ne convient pas au déroulement d’une bonne gouvernance, mais avoir aussi expérimenté des modes de communication propices. Ceux qui sont censés favoriser les échanges et les concertations entre les partenaires de nos composantes pour des structures consensuelles, et ce malgré des vues méfiantes, hautement critiques, dissemblables ou adverses. Vouloir faire autre chose dans une majorité parlementaire et gouvernementale ne se limite pas à conduire la verticalité des rapports pour obtenir un changement. La logique exclusive, les mesures de vérification de poste, des avoir et des dépenses ne suffisent évidemment pas sans pouvoir convaincre le libanais que les procédures judiciaires sans taches iront jusqu’au bout. La justice ne peut s’exercer librement si elle n’accède à son indépendance. « Il n’existe pas de commission d’évaluation des juges, et l’influence politique bat son plein. »
Les mutations sont l’instrument le plus utilisé pour intimider et soumettre des juges qui ne rentreraient pas dans le rang. En principe, le magistrat dispose d’un recours, mais cela n’a jamais été utilisé en raison de la difficulté de prouver que la mutation a été décidée de manière partiale », affirme l’avocat Nizar Saghieh, directeur exécutif de l’ONG Legal Agenda. « Le procureur général ou les avocats généraux peuvent s’autosaisir quand l’intérêt public est en jeu sans l’ordre ou même contre l’ordre de leur supérieur hiérarchique, mais ne le font pas en pratique de peur d’être sanctionnés », estime l’avocate Nadine Moussa.
Il est parfois trop tard de parler de la sauvegarde démocratique quand des hauts placés comprennent la loi comme un passage de compromis au lieu de son application à la lettre. Que de responsables énoncent fréquemment les droits et les obligations du citoyen sans devoir se disposer eux-mêmes à convenir à leurs devoirs, à leurs corrections et à leurs obligations. Les tutelles opportunes continuent de contourner l’égale pratique de la citoyenneté, de la défendre avec les meilleurs tons et les plus dévouées indications, sans faire prévaloir sa place essentielle en tout siège et en tout lieu !
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