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Nos lecteurs ont la parole - Raymond Malhamé

L’amour qui dépasse les frontières

Le brunch annuel de la fondation LCF Lebanese Children Fund, au Manoir Saint-Sauveur.

C’est par une journée radieuse et ensoleillée, sous un ciel d’un bleu profond rappelant celui de notre cher Liban, qu’a eu lieu, en mai dernier, au Manoir Saint-Sauveur, le fameux brunch annuel de la fondation LCF Lebanese Children Fund (Fonds pour les enfants libanais), auquel ont participé plus de 250 Libanais contributeurs de la diaspora libanaise du Québec.

Saint-Sauveur se situe dans les Laurentides, à une soixantaine de kilomètres au nord de Montréal, à une altitude de 800 mètres, altitude du village de Bkassine connu pour sa plus grande forêt de pins du Moyen-Orient, inscrite au patrimoine mondiale de l’Unesco et village de ma défunte mère Renée Ghanem Malhamé pour laquelle j’ai eu une pensée particulière, à une semaine de la fête des Mères où j’avais l’habitude de l’emmener à Ottawa voir les tulipes à l’occasion du mois de Marie et des fleurs.

Le brunch, comme à l’habitude, était très bien organisé. Chacune des tables des convives portait un numéro ainsi qu’un nom d’une rue ou d’un quartier de Beyrouth.

La cérémonie a débuté par une brillante et convaincante allocution de Nicole Abdel-Massih, présidente du LCF, qui a tout de suite donné le ton au brunch. « Un appel d’urgence qui dépasse les frontières. On parle beaucoup des enfants porteurs d’un handicap. On ne parle pas beaucoup de ces parents de l’ombre qui, le lendemain de l’annonce du handicap de leur enfant, partent en campagne jusqu’à leur dernier souffle, ces parents qui se battent pour offrir les meilleurs soins à leur enfant et qui culpabilisent de ne pas pouvoir faire plus, ces parents qui veillent en parallèle à ce que les frères et sœurs de l’enfant porteur d’un handicap aient une vie, leur vie, afin qu’ils ne deviennent pas une béquille pour leur frère ou sœur, mais juste un soutien. Ces parents qui avaient de grands rêves, comme nous tous, et qui les ont troqués contre un projet plus humble : se battre afin que leur enfant souffrant d’un handicap puisse bénéficier de soins et d’une éducation adaptée à ses besoins afin de pouvoir se prendre en charge. Ces parents ont besoin de soutien pour affronter la réalité sociale, économique, médicale et psychique du monde du handicap et mettent souvent leur santé en péril faute de temps, d’argent et de soutien. Au Liban, seules des associations comme Sesobel et l’IRAP, connues pour le sérieux de leur accompagnement, peuvent le leur offrir. À l’heure où les responsables libanais rappellent à la communauté internationale la nécessité de fournir plus d’aides au pays, les associations civiles au Liban crient tout haut leurs besoins toujours plus grands à qui veut les entendre », a-t-elle déclaré. Sans le soutien de l’État et de la société civile, l’IRAP aurait de la difficulté à payer les salaires de ses professeurs et spécialistes, et les jeunes malentendants en pâtiraient. La branche artisanale de l’IRAP apporte une rentrée financière ponctuelle, mais cela reste insuffisant. Leur mission première est l’instruction, et leur priorité est de mettre leur énergie à améliorer la qualité de l’instruction plutôt que la quantité artisanale, même si c’est une source de financement essentielle.

La Société de Saint-Vincent-de-Paul a mis des années à améliorer la qualité de l’enseignement dans ses écoles, et elle a réussi. Mais faute de moyens, elle risquerait de fermer ses écoles… L’AFEL s’occupe des enfants souffrant d’abus et de maltraitance. Ces enfants endurent les problèmes conjugaux de leurs parents, dans une promiscuité malsaine et dans des quartiers populaires qui recèlent de nombreux problèmes sociaux.

L’enfance devrait être faite de joies et d’insouciance. Beaucoup de choses vont mal dans le pays, mais des personnes extraordinaires au sein de ces associations essaient de faire la différence dans la vie de ces enfants et de leurs parents.

Nous avons reçu il y a quelques jours des messages alarmants de ces associations, dont un message déchirant de l’IRAP :

« Chers amis du Canada, votre contribution et votre soutien à la fondation LCF nous permettra de continuer non seulement à aider les enfants sourds et leurs familles, mais nous permettra tout simplement de continuer d’exister ! Oui, la situation actuelle des associations au Liban est extrêmement délicate… L’aide n’arrive plus de l’État, les donations des amis et ONG se font très rares et nous ne pouvons plus continuer ainsi, c’est impossible ! Certaines associations comme nous n’arrivent plus à recevoir les enfants et à payer les salaires. Nous ne nous sommes jamais retrouvés dans une situation pareille, celle de voir les portes se fermer, même pas durant les longues années de guerre. La Fondation LCF œuvre depuis l’an 2000 à soutenir ces associations à partir de Montréal. Ambassadrice de Sesobel, IRAP et AFEL et SSVP, mais surtout de ces enfants exposés à une double injustice, celle du handicap ou de la maltraitance, et celle de vivre dans un pays qui ne leur offre pas les soins et encadrements requis. La fondation LCF lance aujourd’hui un appel d’urgence à tous : sans soutien, ces associations risquent de fermer leurs portes, les enfants pourraient se retrouver dans la rue. Chacun de nous doit donner ce qu’il peut car chacun a un rôle à tenir dans notre société pour qu’elle se soutienne et surtout pour qu’elle tienne. Chacun de nous doit participer à rebâtir le Liban en commençant par renforcer l’espoir qu’on met dans l’éducation et l’insertion des jeunes.

Mme Abdel-Massih a clôturé son allocution en souhaitant un joyeux ramadan à nos frères libanais musulmans présents au brunch. La LCF est, avant tout, une association caritative multiconfessionnelle qui vient en aide à tous les enfants du Liban qui sont dans le besoin ou souffrent d’un handicap, indépendamment de leur appartenance religieuse, et ce dans l’esprit du proverbe libanais : « Si quelqu’un vient à toi, ne lui demande pas sa race ou sa religion, mais demande-lui s’il a faim, s’il a soif ou s’il est souffrant ! »

L’allocution de Nicole Abdel-Massih fut suivie par celle du député de Baabda et ex-ministre des Affaires sociales, Pierre Bou Assi, de passage à Montréal, avec Antoine Eid, consul général du Liban à Montréal.

M. Bou Assi a exhorté les Libanais du Canada qui vivent dans l’abondance de ne pas oublier les enfants du Liban dans le besoin. D’une grande éloquence, l’ex-ministre a insisté sur le fait qu’au lieu de critiquer les associations caritatives libanaises pour justifier notre inaction, nous devons plutôt faire preuve d’humilité et de charité en les appuyant de toutes les manières car ce sont elles qui, au Liban, remplissent le vide laissé par l’État dans l’aide aux plus démunis.

« Le cœur et la cible de notre rencontre aujourd’hui, c’est l’être humain dans le besoin, a dit M. Bou Assi. Les personnes à besoins spécifiques ne sont ni chrétiennes, ni musulmanes, ni athées. Elles ne sont ni riches ni pauvres, ne viennent ni du nord, ni du sud, ni de l’est, ni de l’ouest du pays... Ce sont juste des êtres en détresse. Notre rassemblement aujourd’hui fait appel à l’essence même de notre humanité. Tout être humain peut se relever, à condition qu’il soit entouré d’amour, de respect, de soutien et d’encadrement professionnel. Et c’est ce que ces associations offrent à ces enfants, des associations qui sont la fierté du pays... Si nous voulons demeurer fidèles aux enseignements de notre Seigneur, nous devons aider nos enfants et petits-enfants libanais dans le besoin. Après tout, n’a-t-il pas déclaré il y a 2019 ans : “Tout ce que vous faites aux plus petits d’entre vous, c’est à Moi que vous le faites” ? »

Fidèle ami de la fondation LCF

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

C’est par une journée radieuse et ensoleillée, sous un ciel d’un bleu profond rappelant celui de notre cher Liban, qu’a eu lieu, en mai dernier, au Manoir Saint-Sauveur, le fameux brunch annuel de la fondation LCF Lebanese Children Fund (Fonds pour les enfants libanais), auquel ont participé plus de 250 Libanais contributeurs de la diaspora libanaise du Québec. Saint-Sauveur se situe dans les Laurentides, à une soixantaine de kilomètres au nord de Montréal, à une altitude de 800 mètres, altitude du village de Bkassine connu pour sa plus grande forêt de pins du Moyen-Orient, inscrite au patrimoine mondiale de l’Unesco et village de ma défunte mère Renée Ghanem Malhamé pour laquelle j’ai eu une pensée particulière, à une semaine de la fête des Mères où j’avais l’habitude de l’emmener à Ottawa voir les...
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