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Lifestyle - Design

À la Triennale de Milan, un cèdre du Liban spatialisé

La peur du siècle ? Outre le nucléaire, la nature à l’agonie menace l’avenir de l’homme. Pour penser les transformations à venir et apporter des solutions à la planète, la XXIIe Triennale de la capitale lombarde se penche sur le thème de la « Nature brisée ».


De l’emblème national du Liban, émerge le récit du processus de désertification de la forêt du Mont-Liban. Photo DR

Le bureau d’architecture L.E.FT – Makram el-Kadi et Ziad Jamaleddine – a été commissionné par le ministère de la Culture pour représenter le Liban à la XXIIe Triennale di Milano. Un événement-phare du calendrier international qui se déroule au Palazzo dell’Arte, jusqu’au 1er septembre. L’édition 2019 est centrée sur la nature qui traverse des crises et des métamorphoses. Aussi, afin de nourrir la réflexion sur des logiques et méthodes de préservation, le thème « Nature brisée : le design prend en compte la survie de l’humanité » a été retenu par la commissaire de la Triennale Paola Antonelli, conservatrice en chef du département de design du MoMa de New York.

L.E.FT participe à cette manifestation avec une installation intitulée Tawaf – la généalogie d’un arbre. Tawaf étant un rite que l’on retrouve dans de nombreuses religions et croyances.


La chronologie géologique des cèdres remonte à 12 000 ans
Mais qu’a à faire cette pratique dans le cadre de la triennale ? L’installation de L.E.FT spatialise la coupe transversale d’un tronc de cèdre de la biosphère de Chouf, et l’installe sur un tapis circulaire. « À travers ses anneaux de croissance et sa chronologie géologique, la “carte” de l’arbre décompose les imaginaires bibliques, littéraires, populaires et politiques du cèdre du Liban en une nouvelle dendrochronologie (méthode de datation par l’étude des anneaux de croissance des troncs d’arbres, NDLR) culturelle », explique l’architecte Makram el-Kadi.

De l’emblème national du Liban, émerge alors le récit du processus de désertification de la forêt du Mont-Liban, historiquement un paysage luxuriant, détruit et dégradé au cours des différentes civilisations (depuis les Phéniciens), qui ont exploité le matériau de bois et effacé la chronologie géologique des forêts de cèdres qui remontent à 12 000 ans, précise Ziad Jamaleddine.

Tawaf invite le visiteur à se déplacer autour de ces anneaux qui sous-tendent la longue histoire des maux infligés à la nature.

L’installation du pavillon libanais est accompagnée d’une vidéo et de photographies de la biodiversité de la forêt des cèdres, de ses cycles saisonniers de rajeunissement et de son échelle biosphérique.


Une pratique dans toutes les religions
Dans la religion islamique, Tawaf est la circonvolution dans le sens contraire des aiguilles d’une montre autour de la Kaaba à La Mecque. La tradition de la rotation autour d’un objet sacré se retrouve également dans les processions chrétiennes. En effet, les églises abritant des reliques ou le tombeau d’un saint étaient construites avec un déambulatoire autour du chœur, que les pèlerins parcouraient dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Dans l’Église orthodoxe, le jour de Pâques, les icônes et les croix de procession sont portées autour de l’église. Chez les juifs, lors de la fête de Souccot (Tabernacles), les fidèles tournent lors de l’office autour de l’estrade de lecture de la Torah avec leur loulav (palme de dattier), en déclamant des poèmes liturgiques. Le mot sanskrit Pradakshina signifie faire le tour d’une statue de bouddha, d’un stupa ou d’un chörten tibétain, d’un temple ou encore d’un lieu de pèlerinage.

Ont collaboré à cette manifestation, l’équipe de L.E.FT Rami el-Murr et Ibrahim Kombarji ; celle de la réserve du Chouf Nizar Hani, Lina Sarkis, Mirko Panichi, Sarah Nasrallah ; ainsi que les photographes Pier Carlo Quecchia et Baha’a Ghoussaini. La vidéo réalisée par Josh Haner/The New York Times a été éditée par Panos Aprahamian.


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