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Liban

Ce qui se passe quand le patrimoine libanais est menacé...

Héritage

Symbole et mémoire d’une république naissante à l’affût de la modernité et du progrès, l’architecture du milieu du XXe siècle reçoit rarement les égards qu’elle mérite. Le 22 juin, est organisé un dîner de levée de fonds pour dynamiser le Centre arabe de l’architecture (ACA).

May MAKAREM | OLJ
17/06/2019

Moment difficile pour l’architecture du milieu du XXe siècle. Entre désaffection, transformation et démolition, le patrimoine bâti sur la période 1945-1975 reçoit rarement les égards qu’il mérite. Dernier dossier en date : la galerie de verre du ministère du Tourisme dont la plastique moderne originelle a été affublée d’un emballage d’arcades !

Trop souvent oublié dans les discours des associations militant pour la sauvegarde des vieux bâtiments de la période ottomane ou du mandat français, le patrimoine urbain légué par les concepteurs du mouvement moderne est pourtant extrêmement important : il est le symbole et la mémoire d’une république naissante à l’affût de la modernité et du progrès. Aussi, le Centre arabe d’architecture (ACA) s’attelle à promouvoir cet héritage. Parmi ses principales activités, la collecte des documents et la diffusion de l’information aux spécialistes et au grand public. Au programme également, des séminaires, des publications, des expositions et des conférences. Ainsi, plans, photographies et dessins d’architecture sont conservés dans les locaux du centre de façon permanente ou temporaire en vue d’être numérisés. Mais vu le climat très humide de Beyrouth, l’urgence est d’améliorer le système d’assainissement de l’air afin de conserver les documents dans des conditions favorables et par conséquent sauver l’histoire de l’architecture locale. Toutefois, le fonctionnement du centre est dépendant des dons privés individuels. Aussi, les membres du conseil, Claudine Abdel Massih, Georges Arbid, Nada Assi, Antoine Atallah, Élie Harfouche, Joy Kanaan et Bernard Khoury organisent un dîner de levée de fonds, le samedi 22 juin au SUrF (Shared Urban Facilities), dans la zone industrielle de Mkallès. Une vente silencieuse mettra aux enchères des croquis, des dessins, des photographies et des aquarelles de Jacques Liger-Belair, Nabil Gholam, Rania Sassine, Maha Nasrallah, Mohammad Chamseddine et Khoder Alleik ; ainsi qu’un vase Murano des sœurs architectes et designer Tessa et Tara Sakhi ; et autres objets signés Karina Sukar Design, JihanC, Platform 39 et la maison Tarazi. La soirée sera animée par la chanteuse Mayssa Jallad, le groupe Kozo et la DJ Rana Massaad. Pour tout renseignement, 03/218723 ou 03/798530. Ou encore info@arab-architecture.orgSignalons que l’ACA a réuni les archives d’un nombre d’architectes, notamment de Karol Schayer (1900-1971), et de ses partenaires libanais, Bahij Makdisi et Wassek Adib, qui ont conçu Dar as-sayad à Hazmiyé (1954), l’hôtel Carlton à Raouché (démoli) et l’immeuble Shell (1959). De Lucien Cassia, auteur du Sodeco Square. De Pierre Neema, concepteur du siège d’Électricité du Liban (EDL, bâtiment devenu un repère majeur à Beyrouth), de la Maison de l’artisan construite à Aïn el-Mreissé (1963-1965), totalement abîmé par les pastiches décoratifs du Français Jacques Garcia qui l’a rénové après la guerre. La villa Salem (aujourd’hui Dar el-Nimer) à Clemenceau, construite vers la fin des années 30 par Lucien Cavro, qui, avec Antoine Tabet, a dessiné l’immeuble de l’Union à Sanayeh. De Joseph Philippe Karam qui, en 1963-1965, avait réalisé le City Center et son cinéma en forme d’œuf (The Egg), l’Aquamarina-1 à Maameltein et un nombre d’immeubles de la façade maritime de Raouché.


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LA PERIODE OTTOMANE N,AVAIT APPORTER QUE DECADENCE,
RACISME ET GENOCIDE DES MONTAGNARDS ET DE TOUS LES CITOYENS, CHRETIENS SURTOUT, PAR LES TURCS OTTOMANS DANS LE PAYS. EFFACEZ-LES DE NOTRE MEMOIRE !

Gros Gnon

Mon commentaire précédent est sans aucun rapport - il a été posté ici par erreur. Désolé.

Gros Gnon

Donc on a fait voter la loi par les seuls qui utilisent des vitres fumées et des gardes du corps armés, et on s’étonne qu’elle soit rejetée...
HA HA HA HA HA HA HA HA

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