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Liban

Les élèves interdits de passer le brevet continuent de crier leur colère

Éducation

Akram Chehayeb demande aux écoles qui ne remplissent pas les conditions légales de se mettre en règle afin de permettre à leurs élèves de terminale de participer aux épreuves du bac.

OLJ
13/06/2019

Alors que les épreuves officielles de brevet ont débuté hier, des élèves n’ayant pas obtenu de convocation leur permettant de se présenter à cet examen ont observé, pour le 2nd jour consécutif, un sit-in devant le ministère de l’Éducation. Ces jeunes de 15 ans, accompagnés de parents et d’enseignants, ont protesté contre le refus du ministère d’envoyer des convocations à environ 1 700 élèves dont ils font partie et qui appartiennent à des établissements scolaires ne remplissant pas, selon le ministère, les conditions légales requises.

Les protestataires ont crié haut et fort leur colère, et la directrice de l’une de ces écoles a même tenté de s’immoler en s’aspergeant d’essence. Elle a été heureusement secourue par des manifestants qui l’ont arrosée d’eau, avant que des éléments de la Défense civile ne se rendent sur les lieux pour la transporter à l’hôpital en raison de légères brûlures au visage.

Lors d’une tournée d’inspection au siège de l’Université libanaise (Hadath) – qui fait partie des 287 centres accueillant l’ensemble des 60 430 élèves candidats –, le ministre de l’Éducation Akram Chehayeb a affirmé que « ces écoles non enregistrées auprès du ministère n‘ont pas de licences et sont commerciales ». « En avril, nous leur avons demandé de se rendre au ministère pour présenter des documents valides et obtenir ainsi une licence afin que leurs élèves puissent passer les examens. Mais elles n’ont pas entrepris les démarches officielles qui permettent l’obtention des autorisations nécessaires », a-t-il indiqué. « Ces écoles instrumentalisent leurs élèves et sont injustes envers eux. Nous sommes avec les établissements qui respectent les lois en vigueur », a-t-il poursuivi, demandant aux parents de « ne pas inscrire leurs enfants dans une école qui ne répond pas aux exigences légales ».

Deuxième et troisième sessions

Le ministre a toutefois indiqué que les élèves qui n’ont pas pu passer leur brevet à la première session pourront le faire à la deuxième, évoquant même la possibilité d’une troisième. Les Forces libanaises, à travers le bureau des étudiants du parti, ont salué cette décision.

Après une réunion tenue mardi avec le président de la République Michel Aoun, le ministre de l’Éducation s’était indigné que « des écoles qui n’ont pas l’autorisation de fonctionner aient demandé du jour au lendemain que leurs élèves participent aux examens ». Il avait également indiqué que « les listes des noms des écoliers doivent être communiquées dans les délais prescrits et conformément aux règles ». « Les écoles qui ne remplissent pas les conditions requises seront fermées pour la prochaine rentrée scolaire, en attendant que leur statut juridique soit réglé », avait-il encore averti, affirmant que « les écoles virtuelles dont les noms ont été communiqués à l’Inspection centrale, ainsi qu’aux services de contrôle financier et pédagogique, ne pourront pas maintenir leurs activités ».

Outre la révolte dans la rue, la décision du ministère d’interdire aux élèves concernés l’accès aux examens a suscité un tollé sur les réseaux sociaux, à travers lesquels nombre d’internautes ont réclamé la démission de M. Chehayeb.

Sur son compte Twitter, Mohammad Nasrallah, député du mouvement Amal, a par ailleurs proposé à M. Chehayeb d’ « organiser une session spéciale pour les élèves lésés parce qu’ils ne sont pas fautifs ». Ihab Hamadé, député du Hezbollah, a également manifesté son appui aux élèves. Dans un entretien à la radio, il a estimé que « le ministère aurait dû avoir une vision plus lointaine et traiter la question bien avant la période des examens pour ne pas en faire payer le prix aux écoliers », mettant en gardant contre une situation similaire à l’occasion des examens de baccalauréat qui devront se dérouler bientôt.

C’était compter sans la décision qui devait être rendue en début de soirée par M. Chehayeb, à travers laquelle il a demandé aux écoles n’ayant pas encore soumis au ministère les noms de leurs candidats au bac de le faire dans un délai expirant vendredi 19 juin à 17h afin que ces écoliers puissent participer à la session ordinaire de l’année en cours. Il a toutefois exigé que ces listes soient accompagnées de documents qui prouvent le parcours scolaire des élèves.

Le ministre de l’Éducation a démenti à cette occasion les informations diffusées sur les réseaux sociaux selon lesquelles il compte reporter les examens du bac, affirmant vouloir poursuivre en justice les auteurs de ces informations mensongères.

Venant à la rescousse de M. Chehayeb qui a été malmené sur ces réseaux, le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, a affirmé sur son compte Twitter que « la tentative de porter atteinte à la réputation d’Akram Chehayeb ne sert à rien ». Le ministre de l’Industrie Waël Bou Faour a commenté pour sa part : « Il semble que la transparence à l’occasion des examens officiels a dérangé nombre de ceux qui se sont habitués à les corrompre. C’est pour cela qu’on assiste à de viles accusations contre Akram Chehayeb. »

Une autre mesure que le ministre a adoptée, à savoir l’installation de caméras de surveillance dans les salles d’examen pour empêcher les fraudes, a également suscité des critiques. Lorsqu’il inspectait le centre d’examen de l’UL, des journalistes lui ont demandé si lui-même et les autres responsables politiques allaient se soumettre aussi au contrôle de caméras. Ziad Assouad, député du Courant patriotique libre (CPL), a pour sa part écrit sur son compte Twitter : « Pas de caméras ni d’examen ottoman. »

L’Université libanaise

Sur un autre plan, M. Chehayeb s’est rendu dans l’après-midi au Sérail pour évoquer avec le chef du gouvernement Saad Hariri la grève et les revendications des enseignants de l’Université libanaise. À l’issue de la réunion, le ministre a affirmé que M. Hariri compte examiner avec le ministre des Finances Ali Hassan Khalil lesquelles parmi ces demandes pourraient être satisfaites. À la suite de quoi, M. Chehayeb évoquerait le sujet en coordination avec la députée Bahia Hariri, présidente de la commission parlementaire de l’Éducation.

Des étudiants de l’UL à Nabatiyé et Saïda avaient observé en matinée un sit-in pour demander la suspension de la grève des professeurs. Ce qui n’a pas empêché les contractuels de manifester dans l’après-midi devant le siège de la direction centrale de l’UL (place du Musée), réclamant la possibilité d’être titularisés.

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