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Économie

Bourse électronique : le vainqueur de l’appel d’offres désigné en juin

Salon Arabnet

La Banque du Liban envisage de directement contrôler les entreprises investies dans la Fintech.

13/06/2019

Le gouverneur de la Banque du Liban a inauguré, hier, la dixième édition du Salon professionnel Arabnet dédié à la Fintech et se déroulant pendant deux jours à la Seaside Arena de Beyrouth (l’ancien BIEL) en annonçant le dénouement prochain de l’appel d’offres lancé pour la création d’une Bourse électronique qui coexistera avec la Bourse de Beyrouth (BSE).

« Quatre membres de l’Autorité des marchés de capitaux (AMC) vont ouvrir les trois offres déposées par les candidats en présence de ces derniers. Ils désigneront un vainqueur (…) en juin », a ainsi déclaré le gouverneur aux côtés du Premier ministre, Saad Hariri, du ministre des Télécoms, Mohammad Choucair, et de Omar Christidis, fondateur et PDG du réseau Arabnet.

La BDL et l’AMC – autorité indépendante créée en 2011 (loi n° 161/2011) afin de réguler et développer les marchés financiers – évoquent ce projet de Bourse électronique depuis des années. À l’origine, cela devait être une plate-forme secondaire réservée aux échanges de titres et de produits divers. Elle devait en outre fusionner avec la BSE une fois que cette dernière serait privatisée.


Opérationnelle d’ici à fin 2019
Mais face au blocage du processus – le dossier est au point mort depuis 2017 et un décret du Conseil des ministres devant faire passer la BSE du statut d’établissement public à celui de société –, l’AMC a décidé d’exercer les compétences que lui accorde la loi de 2011 pour créer cette Bourse électronique sans passer par le gouvernement. Le cahier des charges a été finalisé fin 2018, et l’appel d’offres, sur lequel la BDL et l’AMC communiquent peu, a finalement été lancé en janvier.

Contacté par L’Orient-Le Jour, Sami Saliba, membre du conseil d’administration de l’AMC, n’a pas révélé les noms des candidats, mais a précisé qu’il s’agissait principalement « de sociétés financières libanaises, en partenariat avec des fournisseurs de solutions étrangers ». Selon lui, le vainqueur aura six mois pour livrer le projet, tandis que l’AMC démarrera « rapidement » l’examen des offres financières et techniques.

Dans son discours, le gouverneur a précisé que la nouvelle Bourse devrait être opérationnelle d’ici à fin 2019. « L’économie libanaise est en mode “deleveraging” (désendettement), ce qui augmente la pression sur les liquidités et les taux d’intérêt (…) Nous devons pouvoir compter sur une source secondaire de liquidités, en plus de celles fournies par le secteur bancaire et la BDL », a-t-il déclaré. S’agissant du fonctionnement de la Bourse, M. Salamé a simplement indiqué que l’AMC validera au préalable tous les produits financiers qui y seront échangés et supervisera toutes les transactions.


Licences de la BDL
Si les choses se passent comme prévu, la nouvelle plateforme pourra enfin permettre aux star tup libanaises de se financer plus facilement. Un atout non négligeable pour les hauts responsables du pays présents hier et qui ont multiplié hier les appels du pays au secteur de la Fintech. Lors d’un panel précédant l’inauguration, auquel ont notamment participé le directeur régional de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, Saroj Kumar Jha, le vice-président du Conseil des ministres, Ghassan Hasbani, a, lui, annoncé que la nouvelle stratégie du gouvernement pour développer la gouvernance électronique serait prête en octobre. Un peu plus tard, le Premier ministre a assuré que le soutien et le développement de l’économie numérique au Liban étaient une « priorité », tandis que le ministre des Télécoms a souligné l’importance pour le pays de développer ses infrastructures pour rattraper son retard dans le domaine des télécoms. Dans les allées du Salon, le directeur général d’Ogero, Imad Kreidieh (voir encadré), a, lui, assuré que le déploiement de la fibre optique – confié début 2018 au chinois Huawei, au finlandais Nokia (Powertech) et à l’américain Calix – suivait son cours. Sur le plan réglementaire, le gouverneur a indiqué que la BDL avait créé « un comité chargé d’émettre les circulaires nécessaires pour encourager et contrôler le développement du secteur en se basant sur le code de la monnaie et du crédit, ainsi que (la loi n°81/2018) sur les transactions électroniques ». Selon Karl Naïm, partenaire et dirigeant de Startecheus, ce « comité d’innovation » doit élaborer une réglementation homogène englobant l’ensemble des acteurs de l’écosystème – start up, accélérateurs, investisseurs, etc. – et moderniser le dispositif mis en place par la circulaire n° 331 émise en 2013 par la Banque du Liban pour faciliter l’accès au financement dans ce secteur.

M. Salamé s’est prononcé en faveur d’une licence obligatoire, délivrée par la BDL aux entreprises investies dans la Fintech au pays. Une décision devant sans doute préparer le terrain à la monnaie virtuelle que la Banque centrale espère lancer – et dont l’utilisation devrait se limiter au territoire libanais. Sans s’engager sur une date, le gouverneur a déclaré que la BDL était en train de « finaliser les aspects légaux » de cette monnaie « avant son lancement ».Au moins 4 000 participants étaient attendus hier, selon les organisateurs du Salon.



Pour mémoire

Le projet de Bourse électronique enfin sur les rails


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