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Examens du brevet : des élèves empêchés de passer les épreuves crient leur colère dans la rue

Liban

"Je dis aux élèves qui ont été poussés par leurs écoles à se mobiliser : ces écoles vous instrumentalisent et vous font payer le prix", affirme le ministre de l'Education, tentant de s'expliquer.

OLJ
12/06/2019

Les épreuves du brevet libanais ont débuté mercredi sur tout le territoire national à 08h30 dans une ambiance tendue, plusieurs centaines d'élèves ne pouvant pas passer leurs examens en raison d'irrégularités de la part des écoles auxquelles ils sont affiliés, qui n'ont pas encore obtenu leurs convocations aux examens officiels. Malgré les explications du ministre de l’Éducation Akram Chehayeb, un groupe de jeunes, de parents et d'enseignants ont laissé éclaté leur colère devant le siège du ministère à Beyrouth et une directrice d'un établissement scolaire a même tenté de s'immoler par le feu.

60.430 élèves sont inscrits aux épreuves du brevet, répartis sur 279 centres. Au menu de ce premier jour d'examens : Histoire, Éducation civique et Chimie. Des policiers et des militaires sont déployés aux entrées et à l'intérieur des centres d'examens afin d'assurer la sécurité. Des caméras de surveillance ont été installées à l'intérieur des salles d'examens, une mesure qui avait fait polémique.

Le ministre de l’Éducation Akram Chehayeb s'est rendu au siège de l'Université libanaise à Hadath, qui fait office de centre d'examens en cette journée, afin de s'assurer du bon déroulement du processus. En matinée, il s'était déjà adressé aux élèves via Twitter en ces termes : "Soyez rassurés, les épreuves ne sont pas difficiles. Concentrez-vous sur vos copies et ne prêtez pas attention aux campagnes de parasitage et de désinformation". Le directeur général du ministère, Fadi Yarak, s'est lui aussi voulu rassurant : "J'appelle tous les élèves à ne pas s'inquiéter, car le ministère tient à leur assurer toutes les facilités afin qu'ils passent les épreuves dans le calme. Bonne chance à tous".

Des mots qui n'ont pas suffi à faire baisser la tension. Ainsi, peu avant-midi, un groupe de jeunes, de parents et d'enseignants se sont rassemblés devant le siège du ministère de l’Éducation à Beyrouth, afin de réclamer la participation des élèves aux épreuves du brevet. Certains manifestants ont affirmé que des élèves n'ont pas obtenu l'autorisation en raison d'erreurs administratives, notamment des erreurs dans la retranscription des noms d'établissements scolaires dans les documents officiels. La directrice d'un établissement scolaire, Hanane Kerbage, venue manifester avec ses étudiants, a tenté de s'immoler par le feu, mais en a été empêchée in extremis par les élèves et leurs parents.


Chehayeb s'explique
La veille, des collégiens en colère avaient également manifesté devant le bâtiment du ministère. Plus tard dans la journée, le ministre de l’Éducation devait affirmer, à l'issue d'un entretien avec le président de la République Michel Aoun, que les élèves qui n'ont pas pu passer leur brevet lors de la première session seront autorisés à se présenter à la seconde.

Tentant une nouvelle fois de mettre un terme à cette polémique, le ministre a tenu mercredi une conférence de presse durant laquelle il a affirmé se ranger du côté des élèves. "Les écoles concernées ne sont pas enregistrées auprès du ministère de l’Éducation et n'ont aucune licence, elles font office d'établissements à but commercial", a dénoncé le ministre. "En avril, nous avions appelé ces établissements à s'adresser au ministère afin d'obtenir les papiers nécessaires pour que leurs élèves puissent participer aux épreuves du brevet, mais ces écoles n'ont pas effectué les démarches nécessaires", a déploré M. Chehayeb. "Le ministère est au service des élèves, de la société et de l'éducation, et je dis aux élèves qui ont été poussés par leurs écoles à se mobiliser dans la rue : ces écoles vous instrumentalisent et vous font payer le prix. Je suis aux côtés des élèves, des parents et des écoles qui respectent la loi. Ce qui s'est passé hier est anormal", a ajouté le ministre.

Après avoir expliqué qu'il était impossible, d'un point de vue logistique, d'obtenir des papiers en règles dans un court délai pour les élèves qui n'ont pas pu passer les épreuves, Akram Chehayeb a fait savoir qu'il était prêt à organiser une deuxième, voire une troisième session, afin que ces élèves puissent passer le brevet. "J'ai pris la décision (d'interdire aux élèves des écoles en situation irrégulière de passer les examens) de mon propre chef", a-t-il martelé, en se défendant d'avoir mal agi. "La liste des écoles fictives et commerciales est désormais entre les mains de la justice, et le ministère aura recours à l'inspection centrale et l'inspection pédagogique afin de comprendre les raisons du chaos", a-t-il conclu.



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