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HRW dénonce des "crimes de guerre" de l'armée égyptienne et de l'EI dans le Sinaï

rapport

L'organisation de défense des droits humains dénonce les ventes d'armes ainsi que la coopération militaire avec l'Egypte, citant principalement les Etats-Unis, la France, l'Allemagne et "dans une moindre mesure" la Russie.

OLJ/AFP
28/05/2019

Human Rights Watch (HRW) a dénoncé de "graves abus" et "crimes de guerre" commis par les forces de sécurité égyptiennes et la branche du groupe Etat islamique (EI), qui s'affrontent dans le nord de la péninsule du Sinaï, selon un rapport publié mardi.

Intitulé "Si vous craignez pour vos vies quittez le Sinaï : abus des forces de sécurité égyptiennes et des affiliés à l'EI dans le Nord-Sinaï", cette étude de 134 pages a été réalisée sur la base de plus de 50 témoignages de résidents, d'anciens responsables locaux et internationaux.

Le colonel Tamer al-Rifai, porte-parole de l'armée égyptienne, a rejeté le rapport, qu'il a qualifié de "faux" dans un message transmis mardi après-midi à l'AFP. "C'est basé sur des sources non vérifiées. Certaines organisations politisées veulent ternir l'image de l'Egypte et de ses forces armées", a estimé l'officier.

L'insurrection jihadiste dans le Nord-Sinaï s'est intensifiée après la destitution par l'armée en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi à la faveur d'un mouvement populaire. En 2014, Ansar Beit al-Maqdis, le principal mouvement jihadiste de cette péninsule de l'est de l'Egypte, a fait allégeance à l'EI sous le nom de "Province du Sinaï".

HRW, qui se fonde sur les déclarations du gouvernement et des informations de presse, a affirmé qu'entre janvier 2014 et juin 2018, "3.076 miliciens présumés et 1.226 membres de l'armée et de la police ont été tués lors de combats". "La branche Nord-Sinaï de l'EI mérite la condamnation mondiale qu'elle a reçue pour ses abus odieux, mais la campagne de l'armée marquée par des violations tout aussi sérieuses, dont des crimes de guerre, devrait aussi être vivement condamnée", a assuré dans un communiqué Michael Page, directeur adjoint pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à HRW.
HRW cite notamment des arrestations de masse, des disparitions forcées, des assassinats extra-judiciaires, des mauvais traitements et de la torture, ainsi que des bombardements illégaux par les forces de sécurité égyptiennes. Le rapport estime que plus de 12.000 personnes ont été arrêtées entre 2013 et 2018, toujours selon les déclarations officielles et les informations de presse.

Pour appuyer son rapport, l'ONG a publié une vidéo montrant notamment une supposée exécution sommaire conduite par des soldats.

Elle a également condamné le rôle des milices pro-gouvernementales qui fonctionnent "complètement en dehors de la loi".


(Pour mémoire : 59 jihadistes et sept militaires tués dans des opérations dans le Sinaï)



Ventes d'armes 
Parallèlement, HRW a dénoncé des exactions commises par les membres de la branche égyptienne de l'EI.
"Des attaques aveugles, telles que celles utilisant des engins explosifs improvisés dans des zones peuplées, ont tué des centaines de civils et mené à des déplacements de population forcés", indique le rapport, citant une attaque contre la mosquée al-Rawda, qui avait fait plus de 300 morts en novembre 2017.

Parmi ses recommandations, HRW a demandé au Caire "d'autoriser les organisations humanitaires à opérer dans le Sinaï", et le transfert "immédiat" de tous les détenus vers des prisons officielles.

Le rapport a également dénoncé les ventes d'armes ainsi que la coopération militaire avec l'Egypte, citant principalement Washington, Paris, Berlin et, "dans une moindre mesure", Moscou.

"Cette façon terrifiante de traiter les habitants du Sinaï devrait être un signal d'alarme supplémentaire pour des pays comme les États-Unis et la France, qui soutiennent aveuglément les efforts antiterroristes de l'Égypte", a estimé Michael Page.

En avril, HRW avait déjà appelé le Congrès américain à ne pas donner son "feu vert à la répression" en Egypte, à l'occasion de la visite du président Abdel Fattah al-Sissi à Washington.

Le Nord-Sinaï est bouclé par l'armée, la presse indépendante n'étant autorisée à y accéder que lors de rares visites organisées par les autorités.



Pour mémoire
Cinq activistes islamistes tués dans le Sinaï

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