Le pilote français Simon Pagenaud, bouteille de lait à la main, célébrant sa victoire aux mythiques 500 miles d’Indianapolis. Kerem Yucel/AFP
Un siècle qu’un pilote français n’avait plus goûté au lait servi au vainqueur des 500 miles d’Indianapolis... Simon Pagenaud (écurie Penske) a succédé dimanche (hier à l’aube à Beyrouth) à Gaston Chevrolet, sacré en 1920, à René Thomas, en 1914, et à Jules Goux, en 1913. Cette victoire, qui lui permet d’entrer dans la légende du sport automobile, était « l’objectif
n° 1 » du champion IndyCar depuis son titre en 2016. « C’est difficile à croire, la course était tellement intense, a-t-il commenté sur le podium. On a mené la plus grande partie. La voiture était parfaite, les drapeaux jaunes sont venus au bon moment, les étoiles se sont alignées. C’est un rêve devenu réalité, le travail d’une vie ! Je ne pensais pas y arriver, mais j’ai certainement tout fait pour. »
Simon Pagenaud, âgé de 35 ans, devient aussi le huitième Français à monter sur le podium des 500 miles, le premier à l’emporter depuis 1920 donc, après avoir devancé sur la ligne deux anciens vainqueurs de l’épreuve, les pilotes américain Alexander Rossi (écurie Andretti) et japonais Takuma Sato (écurie Rahal Letterman Lanigan). Il termine de la meilleure des manières un mois de mai rêvé, après avoir remporté le Grand Prix d’Indianapolis le 11 et signé dimanche dernier la pole position des 500 miles, la première pour un Français depuis René Thomas en 1919. Pour la petite histoire, seuls 20 pilotes se sont imposés avant lui après avoir signé la pole position à « Indy », le dernier en... 2009 !
Rêve américain
Pagenaud, qui avait opté pour une stratégie agressive, a mené en tout pendant 116 tours sur 200, mais sa victoire s’est jouée sur le fil. Au 178e tour, il a vu Rossi le doubler et risquait par ailleurs de manquer d’essence pour finir la course, mais deux accidents successifs ont provoqué un drapeau rouge salutaire deux tours plus tard. Le succès devait donc se jouer dans les 20 dernières boucles. Après cette interruption, Rossi et Pagenaud n’ont cessé de se dépasser mutuellement, jusqu’à ce que le pilote de l’écurie Penske prenne un avantage décisif à deux tours de l’arrivée. Grâce à cette victoire, il s’offre également la tête du championnat IndyCar, avec un point d’avance sur son équipier américain Josef Newgarden. À l’origine de l’accident du 178e tour, l’autre Français en piste, Sébastien Bourdais (écurie Dayle Coyne), a été contraint à l’abandon.
Pagenaud, qui a remporté ainsi la 103e édition de l’une des trois courses les plus prestigieuses du sport automobile avec le Grand Prix de F1 de Monaco et les 24 Heures du Mans, est né le 18 mai 1984 à Montmorillon, près de Poitiers. Son rêve américain s’est formé en 2006, quand il est parti tenter sa chance aux États-Unis en formule Atlantic, pour devenir champion dès sa première saison. Le Poitevin a ensuite piloté en ChampCar (championnat absorbé depuis par l’IndyCar) et en endurance, avant de trouver en 2012 un volant à temps plein en IndyCar, la cousine américaine de la F1, après un remplacement en 2011. Cinquième du championnat et meilleur rookie (débutant) lors de sa première année, il s’est offert le premier de ses désormais 13 succès dès la saison suivante, ainsi que la 3e place au classement des pilotes. En 2015, il a rejoint Penske, l’écurie la plus prestigieuse de la catégorie (« comme Ferrari en Europe », explique-t-il), pour pouvoir viser le titre auquel les observateurs comme Eddie Cheever, ex-pilote de F1 et vainqueur des 500 miles d’Indianapolis devenu consultant pour la chaîne ESPN, le voyaient promis. Mission accomplie dès 2016 pour cette première partie et trois ans plus tard, donc, pour la deuxième, la victoire à « Indy », qui est de celles qui font les légendes.
Passionné de course automobile, notamment de rallye, et très prolixe sur les réseaux sociaux (son chien Norman a même son compte Instagram), Simon Pagenaud souhaite que la France se prenne de passion, comme lui, pour l’IndyCar.
Source : AFP


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