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Confusion autour de la tenue de la présidentielle en Algérie

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Le Conseil a 10 jours pour statuer sur la validité des deux candidatures, selon la loi électorale. 



OLJ/AFP
26/05/2019

Pas de candidats? Deux candidats? La situation est devenue encore plus confuse dimanche en Algérie autour de la présidentielle prévue le 4 juillet, un scrutin catégoriquement rejeté par le mouvement de contestation et dont la tenue apparaît plus incertaine.

A l'expiration du délai légal samedi à minuit, le Conseil Constitutionnel a annoncé dans un communiqué avoir enregistré le dépôt de deux dossiers auprès de son secrétariat général de la part de Abdelhakim Hamadi et Hamid Touahri.

Mais les candidatures de ces deux inconnus ont de maigres chances d'être validées car elles vont se heurter aux conditions rédhibitoires fixées par la loi, notamment celle liée à l'obligation d'obtenir 60.000 parrainages d'électeurs ou 600 signatures d'élus. Selon la presse, Abdelhakim Hamadi avait déjà déposé sa candidature pour l'élection du 18 avril, finalement annulée.

Le Conseil a 10 jours pour statuer sur la validité des deux candidatures, selon la loi électorale.

Avant l'annonce du Conseil constitutionnel, la radio publique avait indiqué que le pays vivait une "situation inédite" et qu'aucun dossier de candidature n'avait été déposé. Selon elle, le seul candidat également cité par d'autres médias, un militaire à la retraite, Benzahia Lakhdar, un ex-militant du Front de libération national (FLN), le parti du président déchu Abdelaziz Bouteflika, s'était rétracté au moment de déposer son dossier.


(Lire aussi : Une présidentielle le 4 juillet est-elle encore possible en Algérie ?)


Le site d'informations TSA affirme qu'aucun candidat n'est parvenu à réunir le nombre de signatures nécessaires. "Il est fort probable que le pouvoir annonce, bientôt, le report de cette joute à une date ultérieure", écrit le quotidien francophone El Watan sur son site internet, en allusion à la présidentielle.

L'Algérie est secouée depuis le 22 février par des manifestations massives qui avaient été déclenchées par la volonté de M. Bouteflika de briguer un cinquième mandat.

M. Bouteflika a démissionné le 2 avril sous la pression de la rue et de l'armée, mais les manifestants restent mobilisés, en réclamant le départ de l'ensemble du "système" au pouvoir durant les deux décennies de règne d'Abdelaziz Bouteflika.



(Lire aussi : L’armée dit « non » aux principales demandes de la contestation)


Scénario "à l'égyptienne"

Le mouvement de contestation rejette la tenue d'une élection présidentielle tant que leur revendication n'a pas été satisfaite et réclament, avant tout scrutin, des structures de transition à même de garantir une élection libre et équitable.

Aucune personnalité d'envergure n'a fait publiquement acte de candidature à la présidentielle et aucun grand parti au pouvoir ou d'opposition n'a désigné de candidat.

Le pouvoir actuel et son président par intérim Abdelkader Bensalah, désigné le 9 avril, ont dit vouloir s'en tenir aux délais constitutionnels: l'élection d'un nouveau chef de l'Etat dans les 90 jours suivant le début de l'intérim.

Homme fort du pays, le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, a opposé une fin de non-recevoir aux revendications de la contestation.

Il a jugé en début de semaine "irraisonnable voire dangereux" le départ des figures du "système" et appelé à accélérer les préparatifs de la présidentielle afin d'éviter un "vide constitutionnel" et de juguler "ceux qui veulent faire perdurer la crise".

Le chef d'état-major a aussi appelé les manifestants à "s'unir" avec l'armée afin de déjouer "l'infiltration" des manifestations par les "instigateurs de plans pernicieux", et a assuré n'avoir "aucune ambition politique".

Le retour au centre de l'échiquier politique de l'armée -considérée comme le réel détenteur du pouvoir jusqu'à l'arrivée d'Abdelaziz Bouteflika- fait craindre à certains observateurs un possible scénario "à l'égyptienne".

En Egypte, le chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi s'est fait élire président après un coup d'Etat militaire en 2013 contre le président élu Mohamed Morsi et après avoir avait assuré que l'armée "resterait éloignée de la politique".





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