Une importante foule a défilé dans le centre d’Alger pour un 13e vendredi consécutif de manifestations dans le pays, où la fatigue liée au mois de jeûne du ramadan n’a pas entamé la mobilisation. Des foules nombreuses ont également marché sans incident à Oran, Constantine et Annaba, 2e, 3e et 4e villes du pays, mais aussi à Béjaia, Tizi Ouzou et Bouira, dans la région de Kabylie, à Chlef, Tiaret, Relizane, Mostaganem et Mascara, à Mila et Jijel.
Déployée en nombre depuis le début de la matinée à Alger, la police a lutté plusieurs heures pour interdire l’accès au parvis et aux marches de la Grande Poste, lieu de ralliement de la contestation dans la capitale depuis le début du mouvement le 22 février. « Honte à vous, policiers ! » criaient les manifestants, dans une ambiance tendue, marquée par quelques bousculades mais sans heurts sérieux. « On ne votera pas ! » ont scandé les manifestants, réclamant également à hauts cris « un État civil, pas d’État militaire », alors que l’armée est revenue au centre du jeu politique après avoir contribué de façon décisive au départ du président Bouteflika, faisant de facto de son chef d’état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, l’homme fort du pays. « Gaïd Salah, dégage ! » ont aussi scandé les manifestants à Alger, lui reprochant, outre son soutien durant 15 ans au président Bouteflika, son refus de toute autre sortie de crise que la présidentielle du 4 juillet, dans laquelle ils voient un moyen pour les héritiers du régime de maintenir, à la faveur de fraudes, le « système » au pouvoir.


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