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La Dernière

Clap de début pour un Festival de Cannes constellé de stars

Cinéma

La 72e édition de la grand-messe du 7e art s’est ouverte mardi soir par un hommage à Agnès Varda, décédée fin mars.

OLJ
16/05/2019

Moteur, ça tourne... action ! C’est le couple glamour formé par Charlotte Gainsbourg et Javier Bardem qui a ouvert mardi soir un Festival de Cannes riche en stars et en grands noms du cinéma, démarrant avec la projection de The Dead Don’t Die de Jim Jarmusch, un film de zombies au casting cinq étoiles. Bill Murray, Chloé Sevigny, Adam Driver, Tilda Swinton et Selena Gomez ont foulé le fameux tapis rouge sous les flashs des photographes et devant une foule conquise par ce festival très prometteur. En revanche, point de zombies sur les marches, ni les musiciens Tom Waits, Iggy Pop et RZA, au générique du film.

Diffusé mardi soir en simultané dans près de 600 salles en France, The Dead Don’t Die a été projeté à l’issue de la cérémonie qui a été présentée, comme l’an dernier, par l’acteur et animateur Édouard Baer. Le trublion en a profité pour rendre hommage à Agnès Varda, décédée fin mars. Une chaise vide, avec son nom inscrit sur le siège, était sur la scène du grand théâtre Lumière. Ses deux enfants, Mathieu Demy et Rosalie Varda, avaient auparavant monté les marches avec le ministre français de la Culture, Franck Riester.

Après les hommages, vint le temps de la présentation du jury, présidé cette année par le réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Iñarritu (Babel, The Revenant), qui devra trancher, parmi les 21 films en lice pour la Palme d’or, celui qui succédera à Une affaire de famille du cinéaste japonais Kore Eda. « Nous allons faire notre maximum pour trouver le bijou qui aura résonné le plus en nous », a promis Iñarritu, même si « le seul juge dans le cinéma est le temps ». « La sélection officielle ne pourrait pas être plus excitante », a encore souligné le réalisateur mexicain aux cinq oscars. Il sera aidé dans cette tâche par d’autres cinéastes à forte personnalité. Parmi eux : le Grec Yorgos Lanthimos, le Français Robin Campillo, l’Américaine Kelly Reichardt, ainsi que d’autres artistes dont le dessinateur Enki Bilal ou encore l’actrice Elle Fanning, la benjamine du jury.

Le retour de Tarantino

Leur mission s’annonce ardue face à une compétition de haut vol, mêlant de nouveaux venus, dont le réalisateur français Ladj Ly en compétition aujourd’hui avec son premier long métrage (Les Misérables), et de grands noms du 7e art. Ainsi, cinq réalisateurs en lice ont déjà reçu des Palmes d’or. Parmi eux, Quentin Tarantino qui, 25 ans après le sacre de Pulp Fiction, revient avec Once Upon a Time... in Hollywood, le film le plus attendu de la sélection réunissant pour la première fois Leonardo DiCaprio et Brad Pitt. Ou encore Abdellatif Kechiche, palmé en 2013 avec La Vie d’Adèle, qui défendra Mektoub my love : Intermezzo.

« J’aimerais voir les films sans savoir qui sont les réalisateurs, si c’est un réalisateur ou une réalisatrice, quel est son pays d’origine. Je pense qu’on devrait juger le film lui-même. Peu importe que le réalisateur ait un nom connu », avait plaidé Alejandro Gonzalez Iñarritu quelques heures plus tôt, devant la presse.

Après avoir été bousculée par la présence en compétition de Netflix il y a deux ans, puis le séisme #MeToo l’an dernier, la grand-messe du 7e art entend renouer avec ses fondamentaux : les films et les paillettes, très présentes au cours des douze jours que dure le festival (jusqu’au 25 mai). En dehors de la compétition, le show sera notamment assuré par la présence sur le tapis rouge de la légende du football Diego Maradona et du chanteur Elton John pour son biopic Rocketman.

La polémique Delon

Cannes n’étant pas tout à fait Cannes sans polémique, la remise prochaine d’une Palme d’or d’honneur à Alain Delon suscite une controverse en raison, notamment, de propos « racistes, homophobes et misogynes », selon les termes de l’association Women and Hollywood, tenus jadis par l’acteur mythique du Guépard et dénoncés dans une pétition qui a recueilli plus de 19 000 signatures. « Ça dit beaucoup de l’Amérique », a commenté, mardi dans le quotidien Libération, Pierre Lescure, le président du festival. « Alain Delon (...) est un homme qui a pu tenir un certain nombre de propos, mais qui a aussi un certain nombre d’actes dans sa vie », a-t-il souligné, espérant clore la polémique. « #MeToo ne nous a donc rien appris ? Nous exigeons que le Festival de Cannes refuse d’honorer un agresseur misogyne », a réagi, en fin de journée mardi, le collectif Osez le féminisme.

Hier, sur la Croisette, le festival a honoré le réalisateur John Carpenter du Carrosse d’or, décerné aux cinéastes novateurs et audacieux. D’humeur badine sous la tente de la plage de la Quinzaine des réalisateurs, qui choisissent ainsi depuis 2002 de récompenser un de leurs pairs, l’Américain de 71 ans, récipiendaire au même titre que de grands noms tels que Clint Eastwood, Agnès Varda ou encore Martin Scorsese, n’a pas caché sa surprise. « Honnêtement, je ne sais pas trop ce que ça signifie d’avoir ce prix... Ce que je sais en revanche, c’est que je suis vraiment flatté », a-t-il assuré.

The Thing, Halloween, New York 1997, Christine ou L’antre de la folie ont beau être devenus avec le temps des classiques, voire des œuvres cultes, ils appartiennent au cinéma de genre qui n’occupe généralement pas une place dorée chez les cinéphiles. Mais il va néanmoins de pair avec une certaine idée du cinéma d’auteur quand un réalisateur, comme Carpenter, fait montre d’une grande cohérence artistique. « Je suis honoré, mais je crois que c’est parce que je suis vieux ! » s’est-il exclamé. La table ronde des journalistes face à lui objecte que le critère premier pour se retrouver à sa place n’en reste pas moins d’avoir fait preuve de créativité. « Oui, mais finalement tous les réalisateurs font preuve de créativité quand ils font un film, certains avec plus de réussite que d’autres... Vous savez, je ne me figurais absolument pas à l’époque que mes films auraient tant d’impact par la suite. Je voulais juste faire des films », a confié le maître de l’horreur et du fantastique.

Et de conclure en réponse à une question sur ses projets futurs : « Je n’ai pas de projet de film, je ne sais pas s’il y en aura un autre. Je n’ai plus de place particulière dans le cinéma, je suis juste un vieux réalisateur. Ça suffit pour ne pas refaire de film. »

Source : AFP

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