Ghada Aoun, procureure près la cour d’appel du Mont-Liban. Photo ANI
La procureure près la cour d’appel du Mont-Liban Ghada Aoun, dont la responsabilité est mise en cause dans la mort d'un détenu dont la famille affirme qu'il a été torturé, s'est une nouvelle fois défendue mercredi et estimé que seule une autopsie pourrait trancher.
Le ministère de l'Intérieur a ouvert une enquête concernant le décès de Hassan el-Diqqa, 46 ans. Ce père de trois filles est mort samedi à l'hôpital, six mois après son arrestation pour trafic de drogue. Le père de la victime accuse la juge Aoun de laxisme et d’avoir refusé à son fils un suivi médical alors que sa santé se détériorait.
Dimanche, les Forces de sécurité intérieure (FSI), qui avaient arrêté Hassan el-Diqqa, ont nié toute pratique de torture, pointant du doigt à leur tour le père, mais aussi un médecin-légiste non identifié, accusé d'avoir "falsifié un rapport médico-légal", selon un communiqué. Les deux hommes se seraient mis d'accord pour inscrire dans ce rapport que Hassan el-Diqqa présentait des ecchymoses en raison de "tortures", selon les forces de sécurité. Le médecin-légiste a été interpellé et il aurait fait des aveux, toujours selon les FSI.
Dans un communiqué rapporté par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), la juge Aoun affirme mercredi qu'"en vertu du rapport des FSI, il s'est avéré que le rapport du médecin légiste a été falsifié (...) et que les tentatives de fausser l'enquête ont échoué". La juge explique ensuite une nouvelle fois que la police "a accepté de transférer le détenu à l'hôpital Al-Hayat pour soigner une hernie discale, le 2 avril 2019". "Fin avril, un médecin légiste a examiné le détenu et a certifié qu'il était en bonne santé, sans aucun danger sur sa vie, et qu'il ne souffrait que d'une hernie discale. Une intervention chirurgicale a été proposée mais la famille du détenu avait refusé cela", poursuit la juge dans son communiqué.
Elle affirme ensuite que "tout ce qui se dit sur un refus du parquet général de désigner un médecin légiste pour examiner le détenu est totalement infondé. J'ai proposé au père du détenu de désigner une commission médicale, lorsque je l'ai reçu dans mon bureau".
Ghada Aoun estime enfin que "la seule réponse scientifique à la mort de Hassan el-Diqqa est d'effectuer une autopsie sur le corps. Cela constituera la seule preuve irréfutable afin de mettre à toute tentative d'instrumentaliser cette affaire".
Il y a deux jours, Ghada Aoun avait affirmé qu’elle n’avait "jamais refusé de désigner un médecin légiste pour examiner le détenu".
Hier, la Haut-commissaire de l'ONU pour les Droits de l'homme, Michelle Bachelet, a réclamé mardi une enquête "exhaustive, efficace et indépendante" sur la mort de Hassan el-Diqqa.


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