L’arrivée à Wall Street d’Uber est extrêmement attendue dans les milieux financiers et le secteur des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC). Spencer Platt/Getty image/AFP
La bannière noir et blanc d’Uber barrait la façade de la célèbre Bourse de New York au sud de Manhattan, hier, pour le baptême boursier du leader mondial de la réservation de voitures avec chauffeur, annoncé comme l’événement de l’année à Wall Street. Un camion vert floqué d’Uber Eats, le service de livraison de repas de l’entreprise californienne, était également garé aux avant-postes. Des salariés du groupe se pressaient à l’intérieur du bâtiment pour assister à la première cotation de l’action sur le New York Stock Exchange (NYSE) sous le symbole de la compagnie.
S’il était dans les locaux de la Bourse, Travis Kalanick, le fondateur et ex-PDG poussé à la démission en 2017 par des investisseurs inquiets des scandales, ne faisait pas partie des dirigeants ayant sonné la cloche marquant l’ouverture de la séance à Wall Street.
Jouer la prudence
Le premier échange sur le titre s’est déroulé hier en début de soirée. Jeudi soir, Uber avait valorisé à 45 dollars le titre le prix de son entrée à Wall Street, ce qui le valorise à un peu plus de 82 milliards de dollars si l’on ajoute différents instruments financiers. Uber se retrouve ainsi, selon le cabinet Dealogic, dans les mêmes eaux que Facebook à son entrée en Bourse le 17 mai 2012 en termes de valorisation boursière. Le réseau social avait alors réalisé la plus grosse introduction en termes de capitalisation pour une entreprise américaine et la sixième au niveau mondial. L’opération permet en outre à Uber de lever 8,1 milliards de dollars d’argent frais, qu’il veut réinvestir « agressivement dans ses activités ».
Comme prévu depuis quelques semaines, Uber a bel et bien joué la prudence : sa valorisation reste en deçà des chiffres qui circulaient ces derniers mois. Le groupe de San Francisco, en Californie, a en effet revu ses ambitions à la baisse, échaudé par la déconvenue boursière de son concurrent principal aux États-Unis, Lyft : entré en Bourse fin mars à 72 dollars, il a fini jeudi à 55,18 dollars.
Après des années de croissance rapide mais très mouvementée, marquée par des scandales qui ont durablement terni son image, l’arrivée à Wall Street d’Uber, leader du secteur et marque célèbre dans de nombreuses régions du monde, est extrêmement attendue dans les milieux financiers et le secteur des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC).
Dans les documents boursiers publiés récemment, Uber avançait une prévision de chiffre d’affaires d’environ 3 milliards de dollars au premier trimestre 2019 et une perte proche de 1 milliard de dollars.
Pour être rentable, la société se diversifie, se lançant dans la livraison de repas, les trottinettes, les vélos... Son nouveau credo : devenir l’Amazon des transports.
Mais des incertitudes planent également sur son activité : la concurrence, les menaces légales et réglementaires et... les chauffeurs, qui se sont mis en grève et ont manifesté dans plusieurs villes américaines mercredi, arguant du fait que l’entrée en Bourse enrichirait les actionnaires, sans qu’eux-mêmes en tirent un centime.
Source : AFP

