Liban

Hamadé à « L’OLJ » : La gestion des affaires diplomatiques est scandaleuse

Perquisition au palais Bustros
Y.A.A. | OLJ
09/05/2019

L’affaire de la fuite de procès-verbaux diplomatiques confidentiels établis par Gaby Issa, ambassadeur du Liban à Washington (proche du Courant patriotique libre), et publiés il y a deux semaines dans les colonnes du quotidien al-Akhbar (proche du Hezbollah) semble loin de s’estomper.

Dans le cadre de l’enquête ouverte lundi dans cette affaire, une unité de la Sûreté de l’État a effectué une perquisition au ministère des Affaires étrangères et a procédé sur place à des interrogatoires de fonctionnaires et diplomates du ministère. Une démarche interprétée par certains médias locaux comme « une atteinte à la dignité des personnes concernées » de la part d’un service de sécurité. Ce dossier a suscité de vifs remous dans les milieux politiques qui n’ont pas tardé à s’en prendre au ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, et stigmatiser sa gestion des affaires diplomatiques.

C’est bien entendu le cas de Marwan Hamadé, député joumblattiste du Chouf. Interrogé par L’Orient-Le Jour, il stigmatise « la scandaleuse gestion de la politique étrangère du pays et ses affaires diplomatiques ». « Les perquisitions de la Sûreté de l’État au palais Bustros couronnent la carrière d’un ministre qui a torpillé les relations du Liban avec les pays arabes et la communauté internationale, qui présente un visage du Liban qui n’est pas le sien et néglige aujourd’hui le corps diplomatique. »

Plus tôt dans la journée d’hier, le leader du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, devait poster un tweet assassin : « Quelle insulte faite au corps diplomatique libanais, quand le ministre (des AE) permet à un service de sécurité de spolier le ministère des Affaires étrangères et de se comporter comme une milice afin de protéger un ambassadeur irresponsable », a-t-il écrit dans une claire allusion à Gaby Issa. « Le vrai problème réside dans l’instrumentalisation des services de sécurité de la part de certains protagonistes. D’autant que cela permet à ces services d’échapper à tout contrôle et de se fier à leurs propres autorités de référence, au lieu de la justice. Mais il est interdit de baisser les bras quels que soient les obstacles. Il est temps qu’un juge comme Di Pietro apparaisse au Liban », a-t-il encore écrit. Le leader du PSP faisait allusion à Antonio Di Pietro, magistrat et homme politique italien, fondateur du parti Italie les valeurs. En 1992, il prenait part à l’opération « Main propre » visant à lutter contre la corruption en Italie.

Sauf que M. Joumblatt, et dans un geste qui ne serait pas à isoler de sa volonté d’éviter toute escalade avec le camp du 8 Mars, s’est rétracté concernant les critiques à caractère personnel contre Gaby Issa. « À la faveur de ma position défendant le corps diplomatique libanais, et dans le but de préserver la vérité, loin de calculs politiques, je retire mes propos déplacés à l’encontre de Gaby Issa. »

À son tour, Wehbé Katicha, député du Akkar (Forces libanaises), a stigmatisé les perquisitions au palais Bustros. Dans une déclaration à l’agence al-Markaziya, il s’est dit « étonné de voir un service de sécurité mener des enquêtes à l’heure où cela devrait être fait conformément aux textes de loi en vigueur ». « Je suis désolé de constater que le ministère des AE a atteint ce niveau insultant pour le corps diplomatique », a-t-il ajouté, estimant que cela « embarrasse le Liban dans ses rapports avec les ambassadeurs étrangers ».

Hier, une patrouille de la Sûreté de l’État aurait perquisitionné les locaux du quotidien al-Akhbar. Dans un communiqué publié en soirée, le service de sécurité n’a pas démenti l’information, précisant juste que « le dossier (des fuites) se trouve désormais entre les mains des autorités judiciaires concernées et que l’enquête qui se déroule se fait sur injonction de ces autorités et en vertu des usages légaux en vigueur ».


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA GESTION DE TOUT AU LIBAN EST SCANDALEUSE ET ALIBABIENNE !

Marionet

Difficile à comprendre ce papier et a fortiori les accusations formulées : qui a porté plainte pour qu'il y ait enquête et quel est le motif de la plainte déposée (s'il y en a eu une)?

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