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Aux USA, une agente russe coupable d'ingérence condamnée à 18 mois de prison

Etats-Unis

"Je demande humblement pardon. Je ne suis pas cette personne diabolique décrite dans les médias. Je voulais un avenir ici dans les relations internationales", déclare Maria Butina.

OLJ/AFP
26/04/2019

Une jeune femme ayant plaidé coupable d'être une agente russe, Maria Butina, a été condamnée vendredi à 18 mois de prison par un tribunal de Washington pour avoir infiltré l'appareil politique américain à travers ses liens avec la NRA, le puissant lobby pro-armes.

"Je demande humblement pardon. Je ne suis pas cette personne diabolique décrite dans les médias. Je voulais un avenir ici dans les relations internationales", a-t-elle déclaré la voix tremblante au tribunal, dans un anglais teinté d'accent russe.

La juge Tanya Chutkan a suivi les recommandations des procureurs, qui avaient expliqué ne requérir que 18 mois de prison en raison de l'"aide conséquente" de Mme Butina "aux forces de l'ordre".

Inculpée pour "complot" en vue de "promouvoir les intérêts de la Russie" après son arrestation en juillet 2018, la Russe de 30 ans coopère avec la justice américaine depuis qu'elle a plaidé coupable en décembre d'avoir agi comme agente d'un pays étranger sans notifier officiellement le gouvernement, un chef d'inculpation qualifié d'"espionnage léger" par l'accusation. "Si j'avais su qu'il fallait s'enregistrer comme agent étranger, je l'aurais fait", s'est-elle défendue.

Mme Butina, qui a déjà passé neuf mois en détention provisoire depuis son arrestation, sera renvoyée en Russie à l'issue des neuf mois lui restant à purger. Ses avocats demandaient son renvoi en Russie dès sa peine prononcée. "Nous désapprouvons fermement la décision du tribunal", a réagi l'un deux, Robert Driscoll, selon lequel sa cliente n'aurait pas été poursuivie si elle n'avait pas été Russe.

Le ministère russe des Affaires étrangères a de son côté dénoncé une condamnation "politiquement motivée".

"Les accusations portées contre elle sur une intention d'influencer les processus politiques internes aux Etats-Unis sont totalement inventées et fabriquées de toutes pièces", a dit le ministère dans un communiqué, assurant que Maria Butina avait "été contrainte de s'accuser elle-même par de dures conditions d'emprisonnement et la menace d'une énorme peine de prison". "Notre compatriote n'a été condamnée que parce qu'elle est une citoyenne russe", a affirmé le ministère.


(Pour mémoire : Agente ou militante? Une Russe soupçonnée de complot aux Etats-Unis)


Monnaie d'échange

Originaire de Sibérie, Maria Butina s'était fait remarquer dès 2014 par la puissante National Rifle Association (NRA), plus grand lobby des armes américain, proche du parti républicain, en militant pour une organisation pro-armes russe, le "Droit aux armes".

Sur les réseaux sociaux, la jeune femme aux longs cheveux roux dénonçait la stricte régulation sur les armes dans son pays, posant souvent avec un pistolet à la main. Elle a rencontré dès 2015 des responsables de la NRA lors de visites aux Etats-Unis.

Selon l'accusation, elle travaillait sous la direction d'Alexandre Torchine, un responsable politique et banquier proche du président russe Vladimir Poutine, qui est sous le coup de sanctions américaines depuis avril.

La justice américaine estime que, malgré l'absence de liens entre l'accusée et les services de renseignement russes, Mme Butina faisait partie d'un complot du Kremlin visant à infiltrer et perturber le système politique américain, notamment lors de l'élection de 2016 qui avait vu la victoire de Donald Trump. Mais son cas ne semble pas lié à la tentaculaire enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence russe, dont le rapport, rendu public la semaine dernière, a conclu qu'il n'y avait pas eu d'entente en 2016 entre les membres de l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie, malgré de nombreux contacts.

La fin de ce procès intervient alors qu'en Russie, un Américain, Paul Whelan, a été arrêté fin décembre et accusé d'espionnage.

Certains observateurs estiment qu'il pourrait servir de monnaie d'échange.

Washington "doit prendre en compte qu'ils ont un Américain et que nous avons une Russe", a estimé Steven Hall, ex-chef de la division des opérations russes à la CIA. Mais cette thèse est réfutée par le frère de Paul Whelan. "Il n'y a pas de raison de penser que le résultat de l'audience (vendredi) aura un effet sur la détention de Paul", a déclaré à l'AFP David Whelan.


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