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Économie

Près de 200 commerces ont fermé à Beyrouth en 15 mois, selon l’ACB

Conjoncture
P.H.B. | OLJ
26/04/2019

L’Association des commerçants de Beyrouth (ACB) a rapporté hier que 187 commerces de détail dans la capitale avaient mis la clef sous la porte entre début 2018 et la fin du premier trimestre 2019 en raison du ralentissement de l’activité économique.

« Ce total ne concerne que les commerces de détail ayant pignon sur rue répertoriés par les différentes associations de commerçants de la capitale. Il ne tient pas compte des établissements en difficulté, ceux qui ont été revendus à des Syriens, ceux qui sont situés en étage, ou encore les grossistes », précise à L’Orient-Le Jour le président de l’ACB, Nicolas Chammas, qui a présenté ces chiffres hier lors d’une réunion au siège de l’association à Beyrouth. « Il est révélateur d’une tendance très grave qui confirme les inquiétudes que l’ACB a soulevées à plusieurs reprises, notamment depuis les dernières législatives il y a un an », ajoute-t-il.

Vêtements, accessoires et petites parfumeries

L’ACB a en effet pointé à plusieurs reprises l’impact de la crise que traverse le pays depuis le début du conflit syrien en 2011, qui a progressivement plombé la majorité des secteurs d’activité, dont le commerce, l’immobilier et l’industrie. « La situation est encore plus difficile en dehors de Beyrouth, mais il n’y a malheureusement pas encore de chiffres pour la mesurer », ajoute le président de l’ACB. « L’activité des commerces a diminué de 40 % depuis 2011 », alerte-t-il. Selon l’indice trimestriel publié par l’ACB et Fransabank, les ventes de détail ont reculé de 5,18 % en 2018 comparé à l’année précédente, hors carburant.

Le nombre de fermeture de commerces répertoriés représente environ 7 % d’un peu plus des 2 700 commerces enregistrés par les associations de commerçants de la capitale. Selon l’ACB, 40 commerces enregistrés ont fermé dans le quartier d’Achrafieh (10 % du total dans cette zone) ; 50 entre Gemmayzé, Jeitaoui et Mar Mikhaël (13 %) ; 30 à Hamra (5 %) ; 25 dans la rue commerçante de Barbour (5 %) ; 12 dans celle de Mar Élias (4 %) ; 18 entre les rues commerçantes de Mazraa, Corniche el-Mazraa et Noueiri (4 %) ; et enfin 12 à Msousseitbé (12 %). Selon Nicolas Chammas, les commerces de vêtements, accessoires et petites parfumeries sont très représentés parmi les fermetures répertoriées.

L’ACB a également une série de recommandations pour soutenir le secteur. L’association demande notamment aux autorités de fermer les commerces illégaux, d’intensifier la lutte contre la contrebande, ou encore d’aménager les procédures de recouvrement bancaire et des hypothèques prononcées contre des professionnels endettés. L’ACB a également appelé le gouvernement, qui doit commencer mardi à examiner le budget de l’État pour 2019, à ne pas davantage alourdir la fiscalité visant le secteur, estimant que les commerçants payaient 7 % de plus d’impôts et taxes depuis l’entrée en vigueur fin 2017 des mesures fiscales devant financer la nouvelle grille des salaires de la fonction publique, adoptée quelques mois plus tôt.

P.H.B.

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AIGLEPERçANT

En comparaison avec d'autres pays en y incluant la France vous verrez que c'est pas énorme.

Et dites nous combien de nouveaux commerces ont ouvert. Il y en a .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

MALHEUREUSEMENT LES MEMES SYMPTOMES QUE CEUX DE LA GRECE ! SI LES COUPURES ET LES TAXES QU,ON S,APPRETE A IMPOSER NE SONT PAS ACCOMPAGNEES DE PROJETS DE DEVELOPPEMENTS ECONOMIQUES LA SITUATION S,EMPIRERA ET SERA PIRE QUE CELLE QUI PREVAUT ENCORE EN GRECE APRES DIX ANS DE RESTRICTIONS ET D,IMPOSITIONS FISCALES.

NAUFAL SORAYA

Ces fermetures sont sans doute mais en partie, liées à la crise économique.

Mais enfin, au Liban, il y a pratiqument un magasin par habitant, ce qui est déjà un handicap de taille. De plus, tout est assez (voire très) cher, les gens vont donc voir ailleurs...

Enfin, le commerce en ligne est, dans le monde entier, une sérieuse menace pour les propriétaires de magasins...

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