Spécial Orientation professionnelle / Édition 4

Restaurer, archiver, conserver… des chemins passionnants pour préserver la mémoire et le patrimoine

02/04/2019

Si « la culture est l’âme d’un peuple », les archives en sont la mémoire. Le Liban est en train de perdre son patrimoine culturel. La guerre, la corruption, l’indifférence des dirigeants politiques et d’une population appauvrie ont eu pour conséquence de mettre en danger la richesse inestimable de l’héritage et de la spécificité du pays du Cèdre. Pour combler les lacunes de l’État dans ce domaine, l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK) a décidé de créer le Centre Phoenix pour les études libanaises (CPEL).

Ce centre, fondé en 2008, a « pour objectif de conserver les archives du patrimoine libanais, de les protéger contre la perte et l’oubli et de les mettre à la disposition des chercheurs et des étudiants, afin de favoriser la recherche culturelle et scientifique, et ainsi encourager à la rédaction d’articles et à la production littéraire », explique Rodica Ojeil, responsable du centre des archives.

La mission du Centre Phoenix débute par la collecte des archives du secteur public comme du secteur privé. L’objectif de cette collecte riche en histoire est de conserver un précieux héritage culturel et intellectuel, immortaliser la mémoire patrimoniale, et mettre en évidence le contenu de ces archives, que ce soient des documents ou des objets. Il peut ainsi concerner différents domaines : politique, musical, familial, littéraire, artistique ou religieux.

Parmi les collections acquises par le CPEL, on retrouve celles de Toufic el-Bacha, Bachir Gemayel, Élias Sarkis, Maurice Gemayel, Adonis et Joséphine Nehmé, Wadih el-Safi, Kamal Salibi, la famille Sursock, Studio Baalbeck, des caïmacamats du Kesrouan et de Batroun, ainsi que bien d’autres.

Dans ce contexte, le centre prépare depuis trois ans un projet sur les archives de la guerre libanaise ou les archives de la résistance libanaise (ARL), pour préserver la mémoire orale de tous ceux qui ont participé directement à la guerre, notamment les combattants, en recueillant leur témoignage oral, affirme Élie Élias qui travaille sur ce projet.

Pour Rodica Ojeil, préserver l’héritage patrimonial a pour buts de retracer le passé et de le mettre à la disposition des générations actuelles et futures. Autrement dit, « pour garantir l’existence du patrimoine, il faut immortaliser la mémoire patrimoniale afin que le public en profite, en gardant ainsi le flambeau allumé et en préservant le patriotisme afin qu’il soit transmis aux générations futures et qu’il soit renouvelé par les familles, les écoles, les universités et les communautés, défiant les rides du temps et la complicité des jours ».

En outre, les meilleures conditions de conservation des archives seront appliquées afin qu’elles soient accessibles au public. En effet, les principales étapes de la conservation de documents sont la stérilisation et le nettoyage, la collecte et le tri, le classement, la cotation, le dépouillement, la numérisation et la conservation dans une salle adaptée aux conditions ambiantes.

Ce travail se fait à plusieurs niveaux. Il y a d’abord le département des archives qui s’occupe des archives jusqu’à leur conservation. Il y a ensuite le département de numérisation qui est chargé de numériser tous les documents acquis. Enfin, la conservation et la restauration se font dans la bibliothèque.

Opportunités sur le marché du travail

Toute cette chaîne de travail nécessite une spécialisation académique dans des domaines différents, ce qui génère ainsi des opportunités insoupçonnées sur le marché du travail.

D’abord, l’USEK est dotée d’un département qui offre aux étudiants la possibilité de suivre un cursus leur permettant de devenir bibliothécaire, archiviste et muséologiste, en obtenant un « Master in Information Studies ».

Randa Chidiac, responsable de la bibliothèque, explique en outre que pour suivre une spécialisation en master, les étudiants peuvent venir d’horizons divers au plan académique, comme l’histoire, la chimie, l’archéologie, et même les technologies de l’information. En effet, les métiers d’avenir se basent de plus en plus sur des études pluridisciplinaires.

Ensuite, pour se spécialiser dans la conservation et la restauration, l’USEK propose un BA en conservation et restauration des pièces d’héritage, à la faculté des beaux-arts. Cette restauration peut comprendre aussi bien le papier, le tissu ou tout autre objet personnel. Pour la restauration des icônes et des fresques, c’est le département des arts sacrés de l’université qui propose un cursus pouvant aboutir à cette spécialisation.

Pour la numérisation, en revanche, il n’existe pas de spécialisation spécifique. Les étudiants peuvent venir de différents horizons, notamment la photographie digitale. Ils peuvent suivre par la suite des formations pour acquérir les compétences nécessaires pour la numérisation des archives.

Outre les qualités intellectuelles, ces métiers exigent d’autres compétences comme la rigueur, beaucoup de patience et évidement de la passion pour leur travail.



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