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La Dernière

Sous le chapiteau de Dior à Dubaï

La mode

Au milieu de Safa Park, ce 18 mars, un immense chapiteau dressé sur la pelouse. Des guirlandes lumineuses parcourent les cordages et le fronton indique tout simplement « Dior ». À l’entrée, dans le soir qui tombe, des jongleurs et des cracheurs de feu. La maison parisienne a transporté son défilé haute couture printemps/été 2019 à Dubaï.

21/03/2019

Début février, c’est au musée Rodin que Dior, somptueux saltimbanque, jouait les Medrano. Sous la direction artistique de Maria Grazzia Chiuri, la griffe la plus mythique de Paris était allée chercher ses paillettes dans le dernier univers où celles-ci font encore sens : le cirque. Mais le cirque à l’ancienne dont on guettait le passage et attendait l’installation, émouvant spectacle entre joie et douleur, farces et poésie, Augustes, Pagliacci, clowns blancs, acrobates et funambules, jongleurs et cracheurs de feu. Et parce qu’aucune représentation, fut-ce un défilé de mode, ne peut toucher son public sans émotion, la collection Christian Dior haute couture printemps/été 2019 s’est inspirée de la Parade de Jean Cocteau, de la musique d’Éric Satie, des Nuits de Cabiria de Fellini, autant d’artistes sensibles à la féerie du cirque, à son côté irréel, éphémère, spectacle qui s’effondre à l’extinction des lumières et disparaît dans la nuit, sans cesse sur le départ.

Clair-obscur et culture photo
Sur la pelouse de Safa Park à Dubaï, parmi les korrigans qui soufflaient feu et flammes, les plus belles femmes de l’émirat, toutes ou presque en Dior, rivalisaient d’élégance. Les nombreux photographes se déplaçaient avec des cercles lumineux pour optimiser leurs effets. Au photo-booth, des invités de toutes origines faisaient la queue pour une seconde d’immortalité. À l’intérieur de la tente, la piste soutenue par des colonnes commandait un parcours en spirale sur le damier en losanges pastel. L’atmosphère brumeuse, floutée par une lumière rosâtre, engloutissait les invités dans un clair-obscur ouaté. Produit et dirigé par le bureau Betak, le spectacle était rythmé par les sons de Sidney Guillen et Samad Jble sous la direction artistique de Michel Gaubert. L’explosion des premières notes fut accompagnée d’un subit éclairage a giorno et la suite évoquait une ouverture en cavalcade, inspirée du Galop du cirque Renz. Les mannequins étaient tous coiffés de bonnets pailletés de diverses nuances créés par Stephen Jones, mettant en valeur le maquillage conçu par Peter Phillips avec des signes cabalistiques sur les tempes.


Une Parade à la Dior
« Est-ce un homme ou une femme? Ni l’un ni l’autre – c’est un clown », indique en exergue le communiqué de presse de la collection, d’après une citation de Sylvie Nguimfack-Perault extraite de « Le costume de clown blanc : Gérard Vicaire, la passion pour seul habit ». Tout le programme est dans ces quelques mots, et la collection imaginée par Maria Grazzia Chiuri, pour somptueuse, n’est pas aveuglément dédiée à l’exaltation de la féminité. C’est plutôt à une réinvention de soi qu’invite la directrice artistique de Christian Dior, avec une subtile contribution au renforcement des femmes. Dans cette Parade, elles sont danseuses, jongleuses, écuyères, Colombine, dompteuses ou clowns si elles le souhaitent. Du noir et blanc, des fraises, des rubans, des cravates, des brandebourgs, des plissés, des corsets de cuir, des tissus qui réfléchissent la lumière, des losanges d’arlequin, des emprunts à la série des clowns de Picasso, des pastilles, des tutus, des léotards d’acrobates, robes longues à volants et godets surdimensionnés, beaucoup de shorts et de capes longues ou courtes – vêtement magique s’il en est, des robes intangibles, enveloppées de nuages de tulle, des ruissellements de cristaux bordés, des motifs de flammes et d’astres… Bien évidemment, la silhouette Dior, toujours serrée à la taille, toujours en jupes fluides ou ballon et vestes bar réinterprétées est omniprésente. Les chaussures, babies de Pierrot croisées et bottillons pailletés à motifs d’étoiles vont inévitablement faire fureur.


Au fond du cirque, un autre cirque
Quinze nouvelles silhouettes spéciales ont été ajoutées à la collection pour l’événement de Dubaï. Relevées d’or et de rouge intense, ainsi que de nuances subtiles de vert et de lilas, elles déclinent entre jupes plissées en tissu métallisé arc-en-ciel, redingotes longues ajustées à brandebourgs, des vestes interprétées en capes courtes également plissées, autant d’adaptations flamboyantes en réponse aux attentes d’une clientèle inconditionnellement passionnée par la griffe et la magie qu’elle comporte. À la fin du défilé, Maria Grazzia Chiuri, modeste et effacée dans un tailleur pantalon noir, est venue rejoindre les mannequins pour le salut de départ. Et tandis qu’une explosion faisait pleuvoir des milliers de confettis dorés, masquant le lever spectaculaire d’un rideau rouge au fond de la tente, elle a tourné le dos au public en même temps que les modèles. Sur la musique toujours émouvante composée par Nino Rota pour le film 8 ½ de Fellini, la petite troupe s’est dirigée vers l’espace annexe, accueillie par des acrobates échassiers, debout sur d’immenses ballons. La fête s’est poursuivie ainsi, d’un cirque à l’autre qui semblait éternel, sous les lettres de lumière qui indiquaient : Dior Parade.


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