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Nos lecteurs ont la parole - Lamia Sfeir Darouni

Et si l’« On » n’existait pas, comment le Liban existerait ?

« On », ce sont nous, ces femmes, ces hommes, cette société civile silencieuse, qui, face au laxisme de l’État, a créé un État dans l’État, pour lutter, dénoncer et sauver sa terre, sa ville et ses enfants. « On », ce sont ces jeunes qui « donnent sang compter » de leur sang et de leur temps, qui « Live, Love, Beirut » pour envoyer une autre image de leur pays, qui croient en un « One Lebanon », cette ville aux multiples visages, et qui chantent, à l’instar de « Heart Beat », pour sauver et garder des cœurs en vies.

« On », ce sont toutes ces mamans qui ont ravalé leur douleur et porté la mort de leurs enfants, pour créer des « Kun Hadi », des « Roads for Life », des « Myschoolpuls », en l’absence d’un État qui ignore les lois et ne se soucie pas de la vie de nos enfants. « On », ce sont toutes ces « Mère Teresa libanaises », qui sont allées à l’assaut des rues, sauver les vieux, protéger les sans-abri, nourrir les affamés, consoler les plus démunis, et donner un peu d’espoir au plus malheureux. « On », c’est ce peuple qui, en dépit de toutes ses souffrances, ses privations quotidiennes, sa rage et sa colère face aux mensonges et aux bassesses de ceux qui les gouvernent, continue de lutter, de bâtir et de croire en son pays. C’est pour cela que, si « on n’existait pas », tous ces laissés-pour-compte, oubliés de tous auraient crevé dans l’indifférence et la souffrance la plus totale. Si « on n’existait pas », c’est le pays entier qui aurait croulé sous le poids du vol et de la corruption, vendu à ceux qui le convoitent depuis la nuit des temps, vendu par ceux qui se disputent les parts de ce gâteau, au nom de leurs propres intérêts et de leurs propres convoitises. Mais, par ailleurs, et malheureusement, c’est parce qu’« on existe » que nos dirigeants se sont débinés de toutes responsabilités. C’est parce qu’« on existe » que nos dirigeants ont baissé les bras et s’en sont lavé les mains de tous leurs devoirs et leurs obligations envers leur peuple. Parce qu’ils ont compris qu’« on » trouvera toutes les ressources en nous pour pallier le manque et les besoins. Ils ont compris qu’« on » continuera à lutter pour défendre nos terres et notre passé et surtout qu’« on » poursuivra notre combat pour aider les autres, sauver nos enfants, défendre notre pays, en dépit de notre lassitude, notre écœurement, notre désespoir et notre révolte.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

« On », ce sont nous, ces femmes, ces hommes, cette société civile silencieuse, qui, face au laxisme de l’État, a créé un État dans l’État, pour lutter, dénoncer et sauver sa terre, sa ville et ses enfants. « On », ce sont ces jeunes qui « donnent sang compter » de leur sang et de leur temps, qui « Live, Love, Beirut » pour envoyer une autre image de leur pays, qui croient en un « One Lebanon », cette ville aux multiples visages, et qui chantent, à l’instar de « Heart Beat », pour sauver et garder des cœurs en vies. « On », ce sont toutes ces mamans qui ont ravalé leur douleur et porté la mort de leurs enfants, pour créer des « Kun Hadi », des « Roads for Life », des « Myschoolpuls », en l’absence...
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