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Sport - Focus

Ballon d’or, Ada Hegerberg sera la grande absente du Mondial...

Ada Hegerberg (23 ans) a décroché le premier Ballon d’or féminin de l’histoire. Toutefois, la « serial buteuse » de l’Olympique lyonnais sera absente du Mondial à cause d’un conflit avec la sélection norvégienne. Jeff Pachoud/AFP

Les terrains de foot, elle les a d’abord arpentés, haute comme trois pommes, traînant dans les pattes de sa grande sœur Andrine. Aujourd’hui, elle y règne en maître au point de décrocher le premier Ballon d’or féminin de l’histoire. Grande absente du Mondial cet été à cause d’un conflit avec la sélection norvégienne depuis le fiasco de l’Euro 2017, Ada Hegerberg (23 ans) fascine, tant la « serial buteuse » de l’Olympique lyonnais survole son sport.

Ce siècle avait deux ans quand le déclic s’est produit et la chenille est devenue papillon. « Ada était du genre à saboter les entraînements d’Andrine et de leur frère Silas jusqu’à l’âge de sept à huit ans peut-être », se souvient leur mère, Gerd Stolsmo. « Puis, elle est allée à un tournoi. Et là... Elle recevait le ballon, se retournait, fonçait vers le but, marquait. Encore et encore et encore. Match après match. Là, ça nous a sauté aux yeux », confie-t-elle.

Les Hegerberg vivent alors à Sunndal, municipalité à la population clairsemée, tout au bout d’un fjord de l’ouest de la Norvège. La fièvre du foot, partagée par toute la famille, gagne naturellement la petite dernière. Douées, les sœurs Hegerberg jouent dans des équipes de garçons. Les deux blondinettes se lèvent tôt le matin, à l’insu de leurs parents, pour aller courir dans les collines boisées avant l’école. En dehors du club, elles reprennent volontiers un rab d’entraînements en famille. Rien n’y est laissé au hasard. « Quand on commence, on doit être sûr que tout est fin prêt, explique le père, Stein-Erik Hegerberg. Les ballons sont bien gonflés, les chaussures cirées et correctement nouées, les cheveux attachés. » Pour le patriarche au sens aigu du détail, une boucle de cheveux mal en place, c’est quelques précieux dixièmes de seconde perdus sur le terrain.

Afin de permettre à la progéniture de se consacrer davantage au ballon rond, la famille déménage et se rapproche d’Oslo. Comme Andrine, Ada revêt les couleurs de Kolbotn, alors l’un des hauts lieux du foot féminin, où elle sort du lot. « À 15 ans, elle était furieuse si elle ne jouait pas tout le match, se remémore son entraîneur, Dan Eggen. Tant par la mentalité que par ses dons, vous pouviez être sûr dès cette époque que c’était un grand talent. » L’année suivante, elle fait ses débuts en 1re division et marque tôt les esprits avec un hat-trick exécuté en... sept minutes contre les leaders du championnat. « Ada avait un gène du but, une excellence que l’on observe rarement », souligne l’ex-directrice sportive de Kolbotn, Hege Jørgensen. « C’est une machine à tout égard », ajoute-t-elle.

Ada Hegerberg est aussi appelée sous le maillot de la sélection norvégienne. Celle-là même avec qui elle refuse aujourd’hui de jouer et où on lui prête des manières de prima donna, bien que la vérité peine à percer tant les langues sont difficiles à délier sur le sujet. Le football l’emporte sur tout, y compris les examens scolaires s’ils viennent à coïncider avec un rassemblement de l’équipe nationale. « Sa maman Gerd avait clairement tranché : le foot est plus important que les exams. Les exams, on peut toujours les passer plus tard », se rappelle Hege Jørgensen.

En 2011, elle signe pour un an à Stabaek, autre pépinière de talents en Norvège. « Au milieu de l’été, on était assis au bureau à discuter avec les entraîneurs. Soudain, ça frappe à la porte et une jeune fille entre : “Salut, je suis Ada. Je veux jouer pour Stabaek” », témoigne le directeur sportif, Richard Jansen. Cette détermination irrépressible, on la retrouve sur la pelouse. « Une mentalité de vainqueur », salue son ex-coéquipière, Siri Nordeide Grønli. « On jouait la finale de la Coupe un jour et elle avait été absente, malade, pendant quelques semaines », se souvient l’arrière de Stabaek. Pourtant, « elle a marqué un hat-trick : un but du pied droit, un du gauche et un de la tête. On a gagné 4-0 ».

Mais la Norvège est trop petite pour elle. Avant de suivre chacune leur propre voie, l’une à l’OL et l’autre au PSG, Ada (17 ans) et Andrine (19 ans) s’envolent ensemble pour l’Allemagne et le Turbine Potsdam. « La maison est devenue très vide, mais elles ont fait un choix : on part et on ne revient pas avant trois ans, même si c’est un fiasco », dit Stein-Erik Hegerberg. C’était il y a six ans !

Pierre-Henry DESHAYES/AFP

Les terrains de foot, elle les a d’abord arpentés, haute comme trois pommes, traînant dans les pattes de sa grande sœur Andrine. Aujourd’hui, elle y règne en maître au point de décrocher le premier Ballon d’or féminin de l’histoire. Grande absente du Mondial cet été à cause d’un conflit avec la sélection norvégienne depuis le fiasco de l’Euro 2017, Ada Hegerberg (23 ans) fascine, tant la « serial buteuse » de l’Olympique lyonnais survole son sport.Ce siècle avait deux ans quand le déclic s’est produit et la chenille est devenue papillon. « Ada était du genre à saboter les entraînements d’Andrine et de leur frère Silas jusqu’à l’âge de sept à huit ans peut-être », se souvient leur mère, Gerd Stolsmo. « Puis, elle est allée à un tournoi. Et là... Elle recevait le...
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