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Liban

Le Liban fera ses derniers adieux à May Menassa à Mar Maroun (Gemmayzé) et Bécharré

Disparition
OLJ
22/01/2019

Les réactions à la disparition de la romancière et journaliste May Menassa se poursuivent, l’opinion évoquant avec un mélange de nostalgie, de tristesse et d’admiration son travail pionnier à Télé-Liban, dès 1959, son art du roman comme son talent de journaliste et de critique d’art polyvalente, qui savait parler du roman, du théâtre ou de la musique avec un raffinement qui lui était propre. Pour certains, il est toujours difficile d’imaginer la disparition d’une femme dont le cœur pouvait contenir tant d’amour que c’en était inexplicable.

« Avec sa disparition, le Liban perd une des figures de proue du monde littéraire et journalistique », a déclaré le chef de l’État Michel Aoun qui l’a rangée, pour son style, « parmi les plus grands ».

Le président Aoun n’a pas manqué de relever non plus, comme beaucoup de ceux qui lui rendent hommage, que May Menassa fut « une grande militante des droits de la femme et de son rôle dans les sociétés libanaise et arabe ».

En guise d’hommage, M. Aoun a chargé le ministre sortant de la Culture, Ghattas Khoury, de le représenter aux funérailles aujourd’hui, à 13 heures, en l’église Saint-Maron de Gemmayzé, et de décerner à May Menassa, à titre posthume, l’insigne de l’ordre du Mérite libanais.

La dépouille mortelle sera ensuite transportée à Bécharré, où une nouvelle prière d’absoute est prévue à 16 heures, en l’église Saint-Saba, avant l’inhumation au cimetière de la société de bienfaisance, dans une tombe accolée à celle de sa mère, selon ses dernières volontés.


(Lire aussi : La dernière page de May Menassa)



Tranparence et objectivité
Le ministre de la Culture a regretté hier la disparition d’une romancière et critique d’art « qui incarnait la culture même, et dont la transparence et l’objectivité transparaissaient dans tout ce qu’elle écrivait ».

Pour sa part, le chef du gouvernement sortant, Saad Hariri, a parlé de son « élégance morale, qui débordait sur son style ». « Sa touche manquera aux cercles, cénacles et manifestations culturels où sa présence et son sourire faisaient la différence », a affirmé de son côté l’ancien président du Conseil, Fouad Siniora.

Dans un tweet, la députée Roula Jaroudi a exprimé sa tristesse en affirmant : « Après 60 ans de don, la journaliste chevronnée, la libellule d’an-Nahar, n’est plus ; en elle, le Liban perd une pionnière du roman ; mais son génie créatif et ses écrits resteront gravés dans nos cœurs et nos consciences. »

« Une perle intemporelle de la littérature, de la parole libre et de la rage de vivre n’est plus ; son départ laissera un vide profond, et son absence marquera l’histoire de la presse et de la littérature », a regretté, lyrique, le député Chamel Roukoz, tandis que l’ancien député Boutros Harb soulignait que « son souvenir, sa classe, sa sensibilité illumineront toujours la mémoire des Libanais ».

« Sa parole élégante et libre sera regrettée », a dit Michel Moawad. « Des femmes comme elles disparaissent sans s’absenter », a tweeté de son côté le député Ziad Hawat, saluant « un travail littéraire acharné de plus de cinquante ans ».


(Lire aussi : « La mort ? J’essaie de l’apprivoiser »)


Force d’élévation
Évoquant son « empreinte ineffaçable » sur le plan professionnel, son œuvre, qu’elle soit arabe ou française, notamment ses contes pour enfants, Aouni Kaaki, président du syndicat de la presse, a parlé de ses livres « ornement de nos bibliothèques et force d’élévation et de pensée pour les nouvelles générations ».

De son côté, le président du syndicat des rédacteurs, Joseph Kossayfi, a évoqué l’un de ses romans, La machine à coudre, pour parler de son art « de gagner les cœurs de ses lecteurs » avec un phrasé qui sentait « l’art de la dentellerie » et « le bon vieux temps ».

Dans un communiqué, les Forces libanaises ont souligné qu’avec elle, « le Liban perd une beauté de présence, une culture, une profondeur, une humanité, une humilité, une classe, une plume, une voix, une tendresse, un amour de la vie et de la beauté qui l’ont rendue irremplaçable sur la scène culturelle libanaise ».



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Wlek Sanferlou

Adieu à May Menassa!
De son balcon au paradis elle verra le Liban comme une tache blanche toute belle, et aucune de nos misères ne sera visible, je l'espère!
Adieu!

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