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Manifestations au Zimbabwe: le président Mnangagwa interrompt une tournée à l'étranger

AFP
20/01/2019
Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a annoncé dimanche qu'il interrompait une tournée à l'étranger après des manifestations et leur répression brutale dans son pays, déclarant qu'il voulait "un Zimbabwe calme, stable et qui fonctionne de nouveau".

"En raison de la situation économique, je vais rentrer au pays après une semaine très productive de rencontres commerciales bilatérales", déclare-til sur Twitter, annulant ainsi sa participation au prochain Forum de Davos qui commence lundi. Le pays y sera représenté par son ministre des Finances Mthuli Ncube.

Mnangagwa, à la recherche d'investissements étrangers, se trouvait dimanche au Kazakhstan, après avoir entamé sa tournée lundi par la Russie.

Au moins 12 personnes ont été tuées et 78 blessées par balle la semaine dernière, selon le Forum des ONG des droits de l'homme au Zimbabwe, une coalition d'organisations qui a recensé plus de 240 cas d'agressions et tortures.

Mais cette répression brutale n'est "qu'un avant-goût", a averti le porte-parole de la présidence, George Charamba, cité dimanche par le journal gouvernemental The Sunday News, en accusant l'opposition de fomenter les désordres. Charamba accompagne le président dans sa tournée à l'étranger.

La répression, dénoncée par l'ONU, nourrit l'inquiétude de voir le Zimbabwe renouer avec les pratiques des 37 ans de présidence de Robert Mugabe, chassé du pouvoir en novembre 2017 par les militaires.

L'ancien vice-président Emmerson Mnangagwa, 76 ans, qui l'a remplacé, s'était engagé à relancer l'économie après deux décennies de crise. Mais depuis octobre 2018 se déroulent des manifestations contre les pénuries, l'inflation et la dépréciation de la monnaie qui ont tourné à l'émeute la semaine dernière après l'annonce lundi d'un doublement du prix des carburants.

La répression menée par l'armée et la police, avec son lot de tabassages et enlèvements d'opposants ou de citoyens ordinaires, a été vivement critiquée par l'ONU.

Vendredi, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a exhorté Harare à "arrêter la répression", s'alarmant du "recours excessif à la force" y compris les tirs présumés à balle réelle.

Georges Charamba a averti que "le MDC (Mouvement pour le changement démocratique, principal parti d'opposition) et ses affiliés seront tenus pleinement responsable de la violence et des pillages".

Il a accusé le dirigeant du MDC, Nelson Chamisa, de chercher à s'emparer du pouvoir "avec le sang des Zimbabwéens" en fomentant des manifestations violentes et en essayant de remettre en cause la victoire de M. Mnangagwa à l'élection présidentielle de juillet 2018.

Quelque 700 personnes ont été arrêtées, l'internet a été coupé temporairement à deux reprises et les principaux réseaux sociaux restent bloqués.

L'armée et la police ont tenu samedi soir une conférence de presse pour rejeter les accusations de brutalité, assurant que certains pillards portaient des uniformes pour se faire passer pour des personnels officiels.

"L'Etat doit s'occuper" du MDC et des syndicats qui ont "déclenché" les violences, a ajouté M. Charamba, qui était également porte-parole de la présidence au temps de M. Mugabe.

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