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Liban

HRW publie un nouveau rapport accablant sur le Liban

Droits de l’homme

Libertés individuelles, droits des femmes et des enfants, torture, situation des employées de maison étrangères... peu ou pas de progrès effectués.


18/01/2019

L’organisation Human Rights Watch a publié hier son rapport mondial annuel, qui recense une nouvelle fois de nombreuses atteintes aux droits de l’homme au Liban, autant au niveau des libertés individuelles que des droits des femmes et des enfants, de la torture…

Constatant que « la plupart des partis politiques ont échoué à prendre des engagements publics visant à renforcer la protection des droits de l’homme », le rapport souligne « des violations persistantes tout au long de l’année ». « Les autorités libanaises continuent de poursuivre des personnes pour leur discours pacifique, les forces de l’ordre maltraitent toujours des manifestants, et des détenus continuent de signaler des actes de torture commis par les forces de sécurité », est-il relevé dans le rapport. D’ailleurs, HRW dit avoir « continué à documenter les informations faisant état de cas de torture », assurant que ces actions « sont menées notamment par les forces de sécurité libanaises, y compris les Forces de sécurité intérieure, la Sûreté de l’État et l’armée ». Le rapport rappelle que le Liban a adopté en 2017 une loi antitorture, mais sans modalités d’application.

Par ailleurs, le texte dénonce « une tendance à multiplier les interpellations pour cause de critiques à l’encontre de responsables, ce qui constitue une menace contre la liberté d’expression ». « En 2018, les autorités continuent de détenir et de poursuivre des individus pour de tels motifs, et le bureau de cybercriminalité des FSI a interrogé plusieurs activistes pour des messages postés sur les réseaux sociaux », souligne l’ONG. Elle dénonce par ailleurs le maintien de tribunaux militaires « qui continuent de juger des civils et des enfants ».

La discrimination persiste

Rien de reluisant non plus au niveau des femmes et des enfants. « Les femmes font toujours l’objet d’une discrimination fondée sur les lois de statut personnel relevant de 15 communautés religieuses différentes, souligne le texte. Le viol conjugal reste légal au Liban. Et, contrairement aux hommes, les femmes ne peuvent toujours pas transmettre leur nationalité à leurs enfants et à leur conjoint étrangers. »

Le texte salue l’abrogation de l’article 522 du code pénal qui permettait au violeur d’éviter une peine de prison en épousant sa victime, mais note qu’une lacune persiste au niveau des cas de pédophilie contre des enfants de 15 à 17 ans. Par ailleurs, un « manque de coordination au niveau des efforts gouvernementaux pour mettre un terme au trafic humain continue de mettre les femmes dans une situation de risque ». Et le Parlement « a échoué à voter une loi pour fixer l’âge du mariage à 18 ans ».

Au plan de l’environnement, « la crise de la gestion des déchets au Liban a conduit à une vaste tendance à l’incinération sauvage des ordures, entraînant divers effets sur la santé des populations des localités voisines des décharges ».

Sans statut juridique et expulsés

Au sujet des réfugiés syriens au Liban, environ 1,5 million de personnes, le rapport constate que « 74 % d’entre eux n’ont pas de statut juridique ». « Alors que les autorités ont multiplié les appels au retour des réfugiés syriens chez eux en 2018, les municipalités ont procédé au délogement par la force de milliers de personnes », ajoute-t-il.

Au niveau de l’éducation, le rapport déplore que « les enfants handicapés ne soient souvent pas admis dans les écoles » et que « 300 000 enfants réfugiés n’étaient pas scolarisés en 2018 ».

Pour ce qui est des employées de maison étrangères, le texte souligne qu’« environ 250 000 d’entre elles, venant des Philippines, du Sri Lanka, d’Éthiopie, du Népal ou encore du Bangladesh, continuent d’être exclues du code du travail » et que « le système de sponsor les soumet à des règles d’immigration restrictives qui ne leur permettent pas de changer d’employeur et les expose à des cas d’exploitation et d’abus ».

Par ailleurs, abordant les affaires en relation avec l’orientation sexuelle, le rapport rappelle que le code pénal condamne toujours « les relations contre nature », comprendre homosexuelles, et que des pressions ont été exercées contre la communauté LGBT pour annuler des événements en 2018.

Enfin, le texte souligne que « des pays voisins comme la Syrie, l’Iran et l’Arabie saoudite maintiennent une forte influence sur la politique libanaise », notant au passage « le soutien insuffisant de la communauté internationale au Liban pour l’aider à faire face à la crise des réfugiés syriens ».

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FAUT BIEN QU,IL Y AIT DES CHANGEMENTS POSITIFS !

gaby sioufi

suis sur que -presque tous- sommes prets accepter les critiques de HRW.
tout en leur honneur a ces gardiens de la chose humaine.
MAIS, de la a avoir l'arrogance d'ajouter a leur liste de doleances la non scolarisation de 300 000 syriens, que les 3/4 des refugies syriens - n'ont pas de statut juridique-
BEN LA HRW deconne et lourdement, pour ne pas l'accuser d'un crime bcp plus lourd.
avoir le culot , l'arrogance de mettre un tel poids sur le dos du Liban en passant outre la responsabilite internationale a ce propos, responsabilte morale, financiere & bien entendu politique.

C TROP, BCP TROP .

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