Nos Lecteurs ont la Parole

Moi civiliser vous

par Nicolas SBEIH
OLJ
15/01/2019

Le ministre de l’Énergie était tout fier de sa prouesse réalisée quelques jours avant la fin de l’année, avec son accord avec l’Électricité de Zahlé (EDZ). Mais comme ça s’est passé entre les deux fêtes et que cela n’a donc pas été remarqué par la plupart, j’y reviens par le biais de ce blog pour lui rendre justice.

De quoi s’agit-il ? La concession de Zahlé, commencée sous le mandat français, touchait à sa fin le 31 décembre. Une proposition de prolongation traînait au Parlement, mais lors de sa dernière séance, ce Parlement adopte un autre texte qui n’était pas au programme. Et la plupart des députés ont voté une loi dont ils ne savent rien du tout. C’est assez fréquent. Que dit ce texte ? Il met fin à la concession, ramène tout à l’État (l’EDL), mais charge EDZ de continuer ses services comme un prestataire privé. Un peu comme Alfa et Touch pour le cellulaire.

Mais le ministre avait les poumons tout gonflés en annonçant l’accord qui le lie désormais à EDZ. Et il y avait de quoi. Il avait obtenu d’EDZ des engagements sur des performances qu’il n’espère jamais réaliser lui-même. On se croirait en Suisse face à Botswana Land. Jugeons-en. La perte technique maximale doit être de 7 %, alors qu’elle est de 15 % pour l’EDL. Le défaut de paiement de factures ne doit pas dépasser 2,5 %, alors qu’il est de 25 % à l’EDL (avec le branchement illicite). Vingt coupures sont permises par an sur une durée totale de huit heures, alors qu’on en est à 720 coupures sur 3 650 heures à l’EDL. En annonçant ce résultat faramineux, le ministre, qui a habituellement un air renfrogné de casus belli, a même laissé échapper un petit rictus tellement il était fier.

Le ministre semble donc dire à cette populace qui ne comprend rien aux affaires de l’État : « Nous, secteur public, sommes connus pour être des incapables ancestraux, des cas désespérés en ce qui concerne les services qu’on est supposé fournir. N’empêche que je suis le ministre, et il faut me prendre au sérieux. Ce n’est pas parce que je patauge dans un marécage de tsé-tsé que vous (secteur privé) pouvez tout faire à votre guise. En plus, comme vous avez l’air performant, au moins avec vous je pourrais me vanter d’une belle réalisation, ce que je ne pourrais jamais espérer dans mon département. Et même si vous travaillez bien et moi pas, cela ne suffit pas, il faut le faire sous mon autorité, c’est moi le ministre ou quoi ? » Moi civiliser vous.


À la une

Retour à la page "Nos Lecteurs ont la Parole"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué