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Économie - Énergie

Washington hausse le ton contre un gazoduc germano-russe

Carte fournie par l’AFP.

Les États-Unis ont accru la pression contre un projet controversé de gazoduc germano-russe, devenu une pomme de discorde énergétique et diplomatique majeure opposant l’administration Trump à Moscou et plusieurs pays européens dont l’Allemagne et la France. L’ambassadeur américain à Berlin Richard Grenell, un proche du président américain Donald Trump, a menacé directement de sanctions par courrier les entreprises allemandes impliquées dans le projet, en vertu d’une loi américaine ciblant l’Iran, la Corée du Nord et la Russie. « La lettre rappelle à toutes les entreprises impliquées dans le secteur des gazoducs d’exportation de l’énergie russe qu’elles s’exposent à des sanctions américaines », a indiqué hier le porte-parole de l’ambassade américaine à Berlin, confirmant une information du quotidien allemand Bild. La loi Caatsa (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act), adoptée par le Congrès américain en 2017, visait notamment à punir la Russie pour son attitude en Ukraine et son ingérence dans l’élection présidentielle américaine. Elle impose des sanctions économiques contre toute entreprise ou tout pays concluant des contrats dans les domaines de la défense, de la cybersécurité mais aussi du transport de pétrole et de gaz.

En jeu dans le cas présent : le projet en cours de gazoduc Nord Stream 2 qui doit permettre d’augmenter les livraisons directes de gaz russe à l’Allemagne et au reste de l’Europe en passant par la mer Baltique et donc en contournant l’Ukraine, principal point de passage jusqu’ici.

« Message clair »

Ses promoteurs affirment qu’il permettra de sécuriser l’approvisionnement en gaz de l’Europe, et ce à moindre prix. Et ils soupçonnent les États-Unis par leur opposition frontale de chercher surtout à vendre leur propre gaz aux Européens. Ses détracteurs jugent que le projet Nord Stream vise à la fois pour Moscou à isoler un peu plus l’Ukraine, avec qui il est en conflit depuis des années, et à rendre l’Europe dépendante sur le plan énergétique.

Le nouveau gazoduc doit suivre le même parcours qu’une première conduite du même genre, Nord Stream 1, via les eaux territoriales de cinq pays, Russie, Finlande, Suède, Danemark et Allemagne. L’enjeu est de doubler la capacité de gaz acheminée. Le projet Nord Stream 2 associe le géant russe Gazprom à plusieurs entreprises européennes : les groupes allemands Wintershall et Uniper, néerlando-britannique Shell, français Engie et autrichien OMV.

La lettre qui leur a été adressée, à l’initiative de l’administration américaine à Washington, « n’a pas pour but d’être comprise comme une menace mais comme un message clair de la politique américaine », a souligné le porte-parole de l’ambassade. Il s’est défendu de vouloir faire pression, estimant que le seul « chantage » à craindre dans ce dossier serait si le Kremlin venait à contrôler les livraisons gazières à l’Europe à l’avenir.

Mécontentement

Les États-Unis ont déjà à plusieurs reprises émis des critiques dans le passé mais ils franchissent une étape supplémentaire en menaçant directement les entreprises concernées de sanctions extraterritoriales. Une démarche qui rappelle celle de Washington dans le dossier du nucléaire iranien concernant les entreprises européennes tentées par des investissements dans ce pays.

Le porte-parole de l’ambassade américaine à Berlin s’est prévalu du soutien dans le dossier Nord Stream de « vingt pays européens ». Il est vrai que les Européens sont eux-mêmes très divisés sur la question. La Pologne et d’autres pays d’Europe de l’Est, notamment, soutiennent pleinement l’Ukraine. Sous pression, la chancelière allemande Angela Merkel se défend en affirmant que les intérêts ukrainiens devront être préservés et qu’une partie du gaz russe devra continuer à transiter via son territoire une fois Nord Stream 2 entré en service.

Source : AFP


Les États-Unis ont accru la pression contre un projet controversé de gazoduc germano-russe, devenu une pomme de discorde énergétique et diplomatique majeure opposant l’administration Trump à Moscou et plusieurs pays européens dont l’Allemagne et la France. L’ambassadeur américain à Berlin Richard Grenell, un proche du président américain Donald Trump, a menacé directement de sanctions par courrier les entreprises allemandes impliquées dans le projet, en vertu d’une loi américaine ciblant l’Iran, la Corée du Nord et la Russie. « La lettre rappelle à toutes les entreprises impliquées dans le secteur des gazoducs d’exportation de l’énergie russe qu’elles s’exposent à des sanctions américaines », a indiqué hier le porte-parole de l’ambassade américaine à Berlin, confirmant une information...
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