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Moyen Orient et Monde

Attaque spectaculaire des houthis contre l’armée loyaliste

Yémen

Les rebelles ont fait exploser un drone lors d’une parade militaire sur la base aérienne d’al-Anad, faisant six morts parmi les militaires ; le processus de paix fragilisé.


OLJ
11/01/2019

Les rebelles houthis du Yémen ont lancé hier une attaque spectaculaire de drone contre l’armée loyaliste dans le sud du Yémen, au moment où l’ONU demande aux belligérants des progrès réels pour parvenir à la paix.

Annoncée par les médias des insurgés, l’attaque, qui fragilise le processus politique initié le mois dernier par l’ONU, a fait six morts parmi des militaires et a blessé 12 autres personnes, dont des officiers et des responsables provinciaux, selon un hôpital local.

Des images d’un vidéaste de l’AFP ont montré un drone approchant à grande vitesse au-dessus du podium où des officiers et des responsables provinciaux avaient pris place pour suivre une parade militaire. L’attaque a visé la base aérienne d’al-Anad, dans la province de Lahj, la plus importante du Yémen, qui avait servi avant la guerre à l’armée américaine pour traquer les jihadistes d’el-Qaëda. Certains ont cru qu’il s’agissait d’un drone venu filmer la parade. Mais, en arrivant au-dessus du podium, orné d’un portrait du président Abd Rabbo Mansour Hadi, l’engin a explosé, provoquant une boule de feu et projetant de nombreux débris métalliques sur le podium et tout autour.

« Rassemblement d’envahisseurs »

« Un rassemblement d’envahisseurs et de mercenaires a été visé avec précision par un drone », a clamé sur Twitter le mouvement Ansarullah des rebelles houthis soutenus par l’Iran. L’agence Saba qu’ils contrôlent a évoqué de « nombreux tués et blessés » parmi les militaires loyalistes.

L’attaque aurait pu décapiter l’armée du président Hadi. Étaient en effet présents le chef d’état-major, le général Abdallah al-Nakhi, son adjoint, Saleh Zendani, et le commandant de la 4e zone militaire couvrant des provinces du Sud, Fadel Hassan, en plus du gouverneur de la province de Lahj, Ahmad Abdallah Turki.

Selon l’hôpital Ibn Khaldoun de Houta, capitale de la province de Lahj, l’adjoint du chef d’état-major figure parmi les blessés, ainsi que le gouverneur de la province, le commandant de la 4e zone militaire et le porte-parole de ce commandement.

L’attaque est intervenue au lendemain d’un appel de l’émissaire de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, qui a réclamé aux belligérants « des progrès substantiels » après les accords obtenus en décembre en Suède, alors que 80 % de la population dépend toujours de l’aide humanitaire internationale. Elle constitue un « coup dur aux efforts de l’ONU pour résoudre la crise », a affirmé le ministre yéménite de l’Information, Mouammar al-Iryani. « Les milices des houthis ne croient pas au langage de la paix », a-t-il ajouté, tandis que les rebelles ont affirmé avoir mené cette attaque en réaction « à la poursuite des raids » aériens de la coalition menée par l’Arabie saoudite. M. Iryani a promis une « riposte vigoureuse » de son gouvernement à l’attaque.

La base d’al-Anad a été occupée par les houthis durant leur avancée vers le sud du Yémen en 2015, mais les forces progouvernementales, appuyées par l’Arabie saoudite, les en ont délogés la même année.

Percée onusienne

L’ONU a réalisé une percée diplomatique le 13 décembre après huit jours de pourparlers en Suède entre le gouvernement et les rebelles. Aux termes de ces accords, une trêve est en vigueur depuis le 18 décembre à Hodeida, port stratégique de l’ouest du Yémen, avec un engagement d’un retrait des combattants de cette zone supervisé par une mission d’observateurs de l’ONU. Des habitants de Hodeida ont dit craindre un effondrement de la trêve, dans des déclarations à l’AFP.

Les belligérants se sont aussi entendus pour des échanges de prisonniers, qui tardent à se concrétiser, et sur des arrangements de sécurité pour desserrer le blocus imposé à la ville de Taëz (Sud-Ouest), encerclée par les rebelles. « Les deux parties respectent globalement le cessez-le-feu et il y a une baisse significative des hostilités », a relevé l’émissaire de l’ONU en ne parlant que de la zone de Hodeida.

Ailleurs, les opérations militaires n’ont pas cessé même si leur rythme a baissé, tout comme les raids aériens de la coalition.

« Les civils ont un peu plus confiance, craignent moins les raids aériens », a souligné Mark Lowcock, secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires.

Avant la réunion du Conseil de sécurité mercredi, Martin Griffiths s’était rendu au cours du week-end à Sanaa, la capitale yéménite aux mains des houthis, puis avait rencontré en début de semaine en Arabie saoudite les dirigeants yéménites.

Source : AFP

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