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Nos lecteurs ont la parole - Lamia Sfeir Darouni

Ah comme j’envie le peuple français !

Ils ont de la chance les Français d’être nés dans un pays où le droit à la parole existe encore. Ils ont de la chance ces gilets jaunes de pouvoir s’exprimer et revendiquer leurs droits sans peur d’être réprimés. Ils ont de la chance de pouvoir accuser et pointer du doigt ceux qui les volent sans aucun scrupule. Ils ont de la chance de pouvoir demander des comptes, lorsqu’ils se sentent fatigués, arnaqués et pillés. Ils ont surtout de la chance de pouvoir hurler leur dégoût et crier leur répugnance face à cette classe politique qui abuse de son pouvoir au nom de leur sacro-sainte immunité et impunité, sans peur d’être attrapés, emprisonnés et jugés.

Leurs exigences sont légitimes ou pas ? Là n’est pas le problème ! Leurs revendications sont valables et justifiées ? Là n’est toujours pas le problème. Ils ont l’eau, l’électricité, le confort, et l’essentiel, nous ne l’avons pas ? Là n’est encore pas le problème !

Mais là où ils ont beaucoup de chance c’est qu’ils seront, eux, entendus et compris lorsqu’ils élèveront leur voix, alors que, chez nous, c’est la peur et le silence. Leurs demandes seront prises en considération, alors que, chez nous, c’est l’indifférence totale à toutes nos souffrances. Chez eux, leur président s’expliquera, s’excusera, il écoutera son peuple, répondra à ses revendications, reconnaîtra les torts de son gouvernement, sévira face à la corruption et au vol éhonté de ceux qui sont supposés être au service de ce peuple et remettra au pas ceux qui abusent du pouvoir et du peuple. Alors que, chez nous, c’est la loi des deux poids, deux mesures, la loi du plus fort et du plus dur, la loi d’une jungle où le petit peuple n’a pas son mot à dire et où sa dignité n’existe pas !

Et c’est là où je les envie terriblement, et c’est là où, justement, j’aurai tant aimé naître dans un pays où l’on entend les souffrances du peuple, un pays où les dirigeants craignent la colère de leur peuple, un pays où ils auront à rendre des comptes à ce peuple, un pays surtout où les dirigeants travaillent plus, volent moins, et sont au service de ceux qui les ont, bêtement, choisis et élus.


Ils ont de la chance les Français d’être nés dans un pays où le droit à la parole existe encore. Ils ont de la chance ces gilets jaunes de pouvoir s’exprimer et revendiquer leurs droits sans peur d’être réprimés. Ils ont de la chance de pouvoir accuser et pointer du doigt ceux qui les volent sans aucun scrupule. Ils ont de la chance de pouvoir demander des comptes, lorsqu’ils se sentent fatigués, arnaqués et pillés. Ils ont surtout de la chance de pouvoir hurler leur dégoût et crier leur répugnance face à cette classe politique qui abuse de son pouvoir au nom de leur sacro-sainte immunité et impunité, sans peur d’être attrapés, emprisonnés et jugés. Leurs exigences sont légitimes ou pas ? Là n’est pas le problème ! Leurs revendications sont valables et justifiées ? Là n’est toujours pas le...
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