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Sport - Football / Premier League

Manchester United : Solskjaer pour oublier Mourinho et renouer avec le passé offensif

L’ancien attaquant vedette norvégien des Red Devils a été nommé hier entraîneur provisoire en remplacement du coach portugais licencié.

Ole Gunnar Solskjaer, l’« Assassin au visage de bébé » aujourd’hui âgé de 45 ans, a été appelé au chevet des Red Devils jusqu’à la fin de la saison. Ian MacNicol/AFP

Calamiteux avec Cardiff, bon avec Molde et la réserve des Red Devils : l’ancien attaquant vedette norvégien Ole Gunnar Solskjaer a été nommé hier entraîneur de Manchester United jusqu’à la fin de la saison, avec l’ambition de renouer avec un certain passé au lendemain du licenciement du coach portugais José Mourinho. « Manchester United est dans mon cœur et c’est fantastique de revenir à ce poste. J’ai hâte de venir travailler avec cet effectif talentueux », a savouré Solskjaer, qui sera donc le patron à l’heure d’affronter le Paris Saint-Germain en 8es de finale de la Ligue des champions (aller le 12 février, retour à Paris le 6 mars).

Édition spéciale sur les chaînes de télévision en Norvège, tweets de la Première ministre du pays... La nouvelle a donné de la fierté au football norvégien, souvent décrié. Si, pour les dirigeants de Manchester United, Solskjaer a l’avantage de connaître le club, de l’aimer viscéralement et d’offrir un contrepoint jovial à la morosité de Mourinho, son CV sur un banc n’offre certainement pas de garantie. Les supporters, eux, le connaissent pour avoir marqué le but de la victoire à la 92e minute de la finale de la Ligue des champions 1999 contre le Bayern Munich.

L’« Assassin au visage de bébé », aujourd’hui âgé de 45 ans, a joué 366 matches et marqué 126 buts sous le maillot mancunien entre 1996 et 2007. Il avait ensuite pris avec succès la direction de l’équipe de réserve de Manchester United en 2008, avant d’entraîner le FC Molde à partir de 2010. Solskjaer est d’ailleurs techniquement prêté par Molde jusqu’en mai prochain. Ces deux premières expériences avaient alors été couronnées de succès. À la tête de la réserve, il avait remporté cinq trophées, en plus de faire émerger Paul Pogba et Jesse Lingard. Il en a sans doute gardé un bon souvenir puisqu’il a déclaré en août que, s’il était un jour à la tête des Red Devils, il « construirait l’équipe autour » de Pogba.

Intelligent et moderne

Dans son pays, l’ancien attaquant a ensuite connu un premier passage réussi à Molde, remportant notamment deux titres de champion, une Coupe de Norvège, en plus d’y gagner, selon le Times, « une réputation d’entraîneur intelligent et moderne ». Mais le journal note que « le public britannique se rappellera de lui en priorité pour son passage de huit mois désastreux à la tête de Cardiff », en 2014.

Solskjaer n’avait pas réussi à éviter la relégation et s’était fait licencier en septembre de la saison suivante, alors que les résultats du club gallois en D2 commençaient à se faire inquiétants. Pour le Times, le manque d’expérience et de poigne de l’ancien attaquant ont causé sa perte : « Regarder Solskjaer tenter de sauver Cardiff, c’était comme regarder un chiot qui tente de grimper à un arbre. Il est mignon, on ne lui souhaite que du bien, mais on sait que ça va mal finir. » Même idée pour le Telegraph, qui se demande si le Norvégien « était assez solide ». Ironie du sort, les Red Devils se rendront samedi chez les rugueux Bluebirds pour son premier match sur le banc. Le football moderne prôné par le Norvégien s’était en effet avéré assez peu compatible avec les rudes batailles pour le maintien...

Reste qu’après son retour à Molde, le natif de Kristiansund a mené son club à deux 2es places consécutives en championnat. Il y est décrit par ses joueurs comme un manager offensif, qui sait parler à son groupe et assurer la cohésion, en appliquant notamment une certaine politique de rotation, histoire d’inclure le banc.

« Ole est une légende du club avec une grande expérience, tant sur le terrain qu’en tant qu’entraîneur », a salué Ed Woodward, le vice-président de Manchester United, ajoutant : « Son histoire à Manchester United signifie qu’il vit et respire la culture du club et que tout le monde est ravi de le retrouver, lui et Mike Phelan. » En effet, Solskjaer sera secondé par Phelan, un vieux grognard du club, qui fait ainsi son retour à Old Trafford, lui qui était parti en 2013. La nomination d’un entraîneur « moderne » et la présence de l’ancien adjoint de sir Alex Ferguson marquent ainsi la volonté du club de revenir à ses racines. Pour le Telegraph, il s’agit de « retrouver l’identité perdue » depuis le départ de l’entraîneur écossais en 2013. Et renouer avec ce jeu offensif quasi mythique enterré par Mourinho et ses prédécesseurs.

Un chantier immense

Soigner les esprits, renouer avec l’attaque et reconstruire la défense : Ole Gunnar Solskjaer a hérité d’un chantier immense à Old Trafford. Et le temps presse ! Manchester United pointe actuellement à la 6e place de la Premier League, 19 points derrière le leader Liverpool et à 11 points de la 4e et dernière place qualificative pour la Ligue des champions.

Durant les derniers mois de son règne, Mourinho s’est brouillé avec nombre de ses joueurs. Si Paul Pogba a essuyé l’essentiel de la tempête, au point de prendre régulièrement place sur le banc, le Portugais a reproché leur attitude, parfois avec véhémence, à nombre de ses cadres. Le moral dans les vestiaires de ManU est donc au plus bas au moment de l’arrivée de Solskjaer. Ça tombe bien, le souriant technicien a la réputation d’être à l’écoute, rompu au dialogue, et d’impliquer tout le groupe dans son projet.

Mourinho avait fait le choix d’ignorer la tradition offensive de ManU. Old Trafford et la plupart des joueurs ne l’ont pas apprécié. United a fait du beau jeu sa marque de fabrique... Le Portugais a préféré s’obstiner dans les tactiques prudentes pour étouffer l’adversaire, provoquant la colère des anciennes légendes du club. Effacer les souvenirs du conservatisme de Mourinho en renouant avec le style offensif de Ferguson semble donc l’une des priorités pour Solskjaer.

Cet été, Mourinho s’est longuement plaint de l’incapacité des dirigeants mancuniens à attirer des défenseurs centraux tant réclamés. Il avait alors déjà dépensé environ 450 millions d’euros et le vice-président Ed Woodward n’était plus disposé à le suivre. Conséquence : les Red Devils ont la 5e pire défense de la Premier League. Le passage de Solskjaer chez les Bluebirds de Cardiff, 2e pire défense en 2013-2014, n’incite pas vraiment à la confiance. La course contre la montre a déjà commencé...

Source : AFP

Calamiteux avec Cardiff, bon avec Molde et la réserve des Red Devils : l’ancien attaquant vedette norvégien Ole Gunnar Solskjaer a été nommé hier entraîneur de Manchester United jusqu’à la fin de la saison, avec l’ambition de renouer avec un certain passé au lendemain du licenciement du coach portugais José Mourinho. « Manchester United est dans mon cœur et c’est fantastique de revenir à ce poste. J’ai hâte de venir travailler avec cet effectif talentueux », a savouré Solskjaer, qui sera donc le patron à l’heure d’affronter le Paris Saint-Germain en 8es de finale de la Ligue des champions (aller le 12 février, retour à Paris le 6 mars).Édition spéciale sur les chaînes de télévision en Norvège, tweets de la Première ministre du pays... La nouvelle a donné de la fierté au football...
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