Liban

« Refus absolu de porter atteinte à la presse », affirme Taymour Joumblatt

Médias

Le site d’al-Anba’ se réinvente sans rompre avec son passé.


OLJ
18/12/2018

Le quotidien al-Anba’, organe de presse traditionnel du Parti socialiste progressiste (PSP) et présent de nos jours sur le web, a été relancé hier dans une version électronique améliorée ; le nouveau site, qui peut être décliné en application, a désormais un format plus dynamique, de nouvelles rubriques et une émission de débat politique et économique en ligne.

Créé à l’origine en 1951, ce journal est décrit par le PSP comme « le journal de Kamal Joumblatt », dont les éditoriaux étaient propices à « changer le schéma politique et façonner l’histoire », pouvait-on lire hier sur le site d’al-Anba’. Ce journal presque septuagénaire fut aussi la « tribune de la vérité », la tribune des « gens et de leurs souffrances, la voix des ouvriers, des paysans, des hommes de pensée et des libéraux », lorsque cette voix s’élevait pour le bien commun, poursuit le site.

Cet organe de presse du PSP a réussi à se maintenir sur la scène médiatique, contrairement à la plupart des organes d’autres partis, qui ont dû changer de nom, lorsqu’ils n’avaient pas disparu.

En se réinventant – ce qui n’est pas peu dire pour un organe de presse au Liban, de surcroît partisan –, l’équipe rédactionnelle du journal est décidée à accompagner la révolution du numérique : garder la valeur du contenu, très porté sur les libertés fondamentales, quitte à en remodeler l’esthétique selon les particularités de la toile.

Le chef de la Rencontre démocratique, le député Taymour Joumblatt, présent à la cérémonie de lancement du nouveau site à l’hôtel Radisson à Verdun, a salué le mérite d’al-Anba’, en pleine crise de la presse écrite, à renouveler les valeurs sûres, transmises par ses anciens rédacteurs. Il a cité parmi eux Ezzat Safi, Aziz Metni et Rachid Hassan, présents et récompensés à la cérémonie, « les contemporains du moallem Kamal Joumblatt qui ont pris en charge la publication du journal dans les circonstances les plus difficiles ».

Ce fut aussi l’occasion pour le jeune député de réaffirmer « l’engagement (de son parti, NDLR) pour la liberté de la parole et la liberté des médias, et (son) refus absolu de toute tentative de porter atteinte aux médias et aux journalistes ». « L’État de droit… Le premier à avoir établi ce principe au Liban, avant que le terme ne devienne cliché, est le moallem Kamal Joumblatt dans ses écrits au début des années 1950 », a fait valoir le jeune député.

Sur le plan politique, Taymour Joumblatt a rappelé que « les Libanais attendent de nous des propositions de solutions à leurs problèmes ainsi que des approches nouvelles. Notre responsabilité consiste à leur redonner l’espoir en l’État au Liban, en dépassant nos calculs étroits ». « L’État nous unit, par-delà nos différences, et l’État nous protège, quelle que soit la gravité des litiges qui nous opposent », a-t-il assuré.

C’est pourquoi le PSP a « lancé un document économique de solutions scientifiques – non politiques – à ces problèmes, et nous tenons à en assurer un suivi jusqu’à ce que des résultats concrets soient obtenus pour rétablir la confiance entre les citoyens et leur État », a-t-il dit. Le responsable du comité des médias du PSP, Rami Rayess, a été au-delà de la question de la modernisation d’al-Anba’ pour se focaliser sur ce qui compte, selon lui, indépendamment du support adopté : la liberté d’expression et la liberté d’opinion, loin « des politiques de la répression ». L’éthique politique est possible, au même titre que l’éthique journalistique, a-t-il poursuivi, et c’est son engagement pour cette éthique qu’al-Anba’ renouvelait hier.

Le représentant du ministre sortant de l’Information Melhem Riachi, l’avocat Émile Geagea, a enfin rappelé les initiatives du ministère pour accompagner la révolution du numérique. Le site d’al-Anba’ est à même de servir de modèle à de telles initiatives, a-t-il relevé en substance, en saluant par ailleurs « la voix retentissante » de Kamal Joumblatt contre la corruption et qui trouve écho dans al-Anba’, à l’heure où le pays en a le plus besoin.


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