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Économie

L’industrie pharmaceutique libanaise en mal de reconnaissance

Repère

Les responsables de la filière estiment qu’ils ne sont pas assez soutenus par l’État.

P.H.B. , avec S.Ro | OLJ
10/12/2018

Le ministre sortant de la Santé publique Ghassan Hasbani a annoncé en novembre une modification du mécanisme de tarification des médicaments, qui devrait permettre de baisser le prix de 3 340 génériques en 2019, après avoir permis de réduire les prix de 700 produits en 2016.Mais s’il va alléger le poids de ces dépenses de santé pour les Libanais, ce dispositif ne devrait pas toutefois changer la donne pour l’industrie pharmaceutique locale, qui ne pèse que de 7 % d’un marché local estimé à 1,3 milliard de dollars (hors matériel médical) et très largement dominé par les importations de 112 pays, selon un récent rapport publié par le Lebanon Brief de Blominvest. Une situation qui préoccupe le syndicat qui rassemble la dizaine d’entreprises que compte ce secteur prometteur pour l’économie libanaise, mais encore sous-exploité selon ses défenseurs. Pour la présidente du syndicat, Carole Abi Karam, citée dans le rapport, la filière pourrait, avec du soutien, « créer 1 000 emplois en trois ans », contre 1 800 aujourd’hui, et doubler ses parts de marché à moyen terme.

Produits génériques
Le secteur de la santé a de belles années devant lui dans la zone MENA où il devrait atteindre 22,8 milliards de dollars d’ici à 2020, soit l’équivalent d’un taux de croissance annuel de 8,5 % en cinq ans, selon la société américaine IMS Health.

Au Liban, la croissance devrait afficher un taux de 5 % par an entre 2017 et 2022, selon IMS Health, tandis que les dépenses de santé devraient atteindre 4,32 milliards de dollars au Liban, en hausse annuelle de 4,3 % par rapport aux 4,14 milliards enregistrés en 2017 selon Business Monitor International (BMI).

Si l’industrie locale peine à capter une plus grande portion de ces dépenses, c’est parce que les médicaments locaux sont globalement plus chers que plusieurs de leurs concurrents importés. Plusieurs pays de la région comme l’Égypte, l’Iran, la Jordanie, le Maroc et la Turquie protègent et soutiennent leurs industries pour les rendre plus compétitives, tandis que les multinationales qui écoulent leurs produits au Liban peuvent effectuer des économies d’échelle pour vendre leurs produits moins cher.


(Pour mémoire : Une société pharmaceutique évoque de possibles partenariats avec le Liban)


Un autre problème concerne le manque de confiance des consommateurs libanais envers les produits locaux. « Cette méfiance est moins liée à la qualité réelle de la majorité des produits fabriqués au Liban qu’aux doutes des consommateurs par rapport à la capacité des autorités à réguler efficacement le secteur », explique à L’Orient-Le Jour un distributeur sous le couvert de l’anonymat. Ce dernier estime que le gouvernement devrait communiquer davantage pour défendre les atouts du secteur.

Soulevés dans le rapport, ces facteurs ont également été évoqués par les dirigeants de Benta Pharma Industrie (BPI) lors d’un point de presse organisé vendredi sur leur site de Dbayé. BPI est l’un des trois principaux acteurs du pays avec Algorythme et Pharmaline, ces trois sociétés totalisant plus de 80 % de l’industrie locale, devant Alfa Laboratories, Arwan, Hapha, Mediphar Laboratories, Mephico, Pharmadex, Pharma M et Serum Products.

Les fabricants libanais produisent leurs propres génériques, qui utilisent les mêmes principes actifs que les originaux dont les brevets ont expiré et peuvent ainsi être vendus à un coût inférieur aux produits sous licence. Les trois plus grosses sociétés en termes de parts de marché ont pour leur part obtenu le droit de distribuer des licences internationales. Certaines industries locales ont en outre développé leurs propres licences, notamment dans le domaine des équipements médicaux. Elles sont enfin peu nombreuses à être orientées vers l’export.

Pour le distributeur interrogé, les produits sortis de ces industries sont globalement fiables. « C’est en tout cas vrai pour les gros du secteur qui sont conformes aux normes européennes de bonnes pratiques de fabrication (Good Manufacturing Processes – GMP) », précise-t-il. Niveau prix, il souligne toutefois que ces sociétés ont les poings liés en termes de marges, vu qu’elles importent la majorité de leurs ingrédients et qu’elles doivent, comme la majorité des industriels, composer avec des coûts de production importants. Outre la facture élevée d’électricité, liée aux carences de ce service public au Liban, les cadres de BPI citent également le coût élevé de l’homologation de l’administration américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration – FDA) nécessaire pour devenir fournisseur de certains hôpitaux universitaires.



Pour mémoire 

Liban : Le secteur de la santé peut-il être plus attractif ?


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Riwa DAOU


Le rapport de la Blominvest mentionne qu'il existe 112 entités Libanaises qui importent les médicaments et non pas que les importations proviennent de 112 pays comme le présente l'article.

ici le lien au rapport original:

http://blog.blominvestbank.com/wp-content/uploads/2018/12/Lebanon%E2%80%99s-Pharmaceutical-Drugs-Industry-A-Diagnosis-Prescribed-Solutions-5.pdf


Merci de rectifier l'erreur et de clairement préciser au début de l’article que l'intégralité de ces informations sont tirées de l’étude réalisée par la Blominvest.









Parnou Julia

Merci. Il est temps de cree des medicaments a base de chanvre medical. Courage!

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