Mercredi soir, le fantôme de Maria Callas, la plus célèbre chanteuse lyrique du XXe siècle, est revenu hanter Paris, la ville où elle est morte il y a 41 ans, lors d’un spectacle à la salle Pleyel. Natalie Handel/AFP
Elle entre souriante sur scène, en robe blanche, puis sa voix s’élève, reconnaissable entre mille : l’apparition fantasmagorique de la mythique Maria Callas grâce à un hologramme ultraréaliste a sidéré le public parisien, laissant toutefois certains de marbre. Le fantôme de la plus célèbre chanteuse lyrique du XXe siècle est revenu mercredi soir hanter Paris, la ville où elle est morte il y a 41 ans.
Dans la salle Pleyel, où ce spectacle est à l’affiche encore ce soir, l’hologramme d’une qualité presque photographique est saisissant, réveillant presque à la perfection la gestuelle de « la voix du siècle ». Ses mains posées délicatement sur ses épaules, la manière dont elle enroulait son écharpe sur les bras, son « interaction » avec un véritable orchestre symphonique. Dans la salle, certains n’en croient pas leurs yeux. On est loin toutefois des ovations bruyantes qui accueillaient « la divina », qui a reçu une fois une standing ovation record de 40 minutes. Mais quelques bravos ont fusé après les arias qui l’ont immortalisée, comme La habanera de Bizet ou Casta diva de Bellini.
Le spectacle, conçu avec la dernière technologie par le studio américain Base Hologram, est plus vrai que nature, même s’il a ses limites. Très peu dans la salle ont vu la Callas chanter de son vivant et ne la connaissent qu’à partir de rares extraits de vidéos en noir et blanc. La Callas a réinventé l’opéra en remettant au goût du jour le bel canto italien et surtout en mettant la théâtralité au cœur du lyrique grâce à ses talents de tragédienne. Elle continue de fasciner au-delà du monde des mélomanes non seulement pour sa voix, mais aussi pour sa vie personnelle tumultueuse. Et si beaucoup sont émus, des fans se disent toutefois déçus.
La voix de la « diva assoluta » était unique dans le sens où elle pouvait passer aisément des notes les plus graves aux plus aiguës. Le spectacle se base sur des enregistrements originaux remasterisés – malgré quelques déraillements –, un défi pour la chef d’orchestre irlandaise Eimear Noone. Sur les réseaux sociaux et dans la presse, après un passage à Bruxelles et Londres, certains ont critiqué « un culte du passé », voire « une fascination morbide ». Il n’en reste pas moins que la résurrection des morts pourrait devenir un vrai filon de l’industrie musicale.
Source : AFP


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