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Liban

Vol 209 Beyrouth - Paris : six heures d’attente à Bruxelles !

Sécurité aérienne

Un brouillard dense empêche un avion de la MEA d’atterrir à Roissy hier à l’aube. Il est dérouté sur la Belgique pour inaptitude à se poser au sol dans des conditions climatiques extrêmes.

16/11/2018

Le brouillard était particulièrement dense, jeudi à 5h45, à Paris. C’est la raison pour laquelle le vol 209 de la Middle East Airlines en provenance de Beyrouth n’a pu atterrir. Sur décision de la tour de contrôle de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle et du commandant de bord, l’avion de la compagnie nationale libanaise s’est alors provisoirement posé à Bruxelles, où les passagers ont attendu six longues heures dans l’appareil, dans l’attente de repartir pour Paris. Ce n’est qu’à midi et quart (13h15 à Beyrouth) que l’avion est enfin arrivé à destination, avec six heures et demie de retard.

Fatigués d’avoir tant attendu sans avoir même eu le droit de sortir de l’avion pour se dégourdir les jambes ou s’acheter de quoi manger, énervés d’avoir raté leurs correspondances, les passagers ont tôt fait de dénoncer « la mauvaise gestion de la situation ». Certains ont même accusé par voie de presse la MEA « de manque de professionnalisme », déplorant « qu’elle ne dispose pas des licences nécessaires pour atterrir en situation de brouillard ». Cette dernière information leur ayant été relayée par le personnel navigant.


(Lire aussi : L’UE lance des programmes pour améliorer la sécurité de l’AIB)


La MEA évoque un cas de force majeure
La MEA a immédiatement réagi. Dans un communiqué, le président du conseil d’administration de la compagnie, Mohammad el-Hout, précise qu’en raison des mauvaises conditions météorologiques à Paris-CDG, « le commandant de bord a pris la décision de rediriger le vol vers l’aéroport de Bruxelles, en attendant une amélioration de l’épisode météorologique ». Avec pour objectif final « de repartir pour Paris ». Le PDG ajoute que le temps d’attente de l’appareil à Bruxelles était « indépendant de la volonté de la compagnie locale et de celle du commandant de bord du vol concerné », mais qu’il était « lié à l’amélioration des conditions climatiques à Paris et à la décision des autorités belges de donner le feu vert à l’avion ».

Contacté par L’Orient-Le Jour pour davantage de précisions, le service de presse de la MEA explique qu’en cas de brouillard ou de cas de force majeure, « le commandant de bord prend la décision qu’il juge adéquate, d’atterrir ou non ». La sécurité des passagers étant une ligne rouge, le pilote du vol MEA 209 a donc préféré ne pas atterrir à Paris, jeudi à l’aube, mais de poursuivre sa route vers Bruxelles, où le ciel était plus clément. Commentant le refus de permettre aux passagers de descendre de l’avion, à Bruxelles, le service de presse observe que « les autorités belges n’avaient pas donné l’autorisation nécessaire dans ce sens et que l’avion devait être prêt à décoller à tout moment ». Et d’ajouter qu’à plusieurs reprises, la tour de contrôle de l’aéroport de Bruxelles a annoncé au commandant de bord qu’il serait autorisé à décoller un quart d’heure plus tard. « Mais cette décision était sans cesse reportée. » Dans cet état des lieux, « permettre aux passagers de sortir de l’appareil aurait retardé l’avion encore plus ». Quant aux accusations liées à l’absence de licence, le service de presse répond qu’elles sont « infondées » et que « la compagnie a toutes les licences nécessaires ».


(Lire aussi : La sécurité de l’aéroport de Beyrouth, histoire d’un enchevêtrement de pouvoirs)


Pas d’autorisation d’atterrissage à Paris-CDG
Pour comprendre comment se déroule la prise de décision en cas de brouillard, L’Orient-Le Jour a contacté un expert en sûreté des vols. Ce dernier, qui préfère garder l’anonymat, explique que « le changement de cap du vol MEA 209 se situe dans le cadre de la procédure normale, en cas de brouillard ». Et que ce jour-là, où le brouillard était à couper au couteau, « la mesure la plus adéquate était de dérouter l’avion vers une destination voisine provisoire, Bruxelles en l’occurrence, dans l’attente que le brouillard se dissipe ».

« La décision a été prise par la tour de contrôle de Paris-CDG qui a autorisé l’atterrissage des seuls vols dont les pilotes et les appareils sont approuvés catégorie 3 – cat 3 approved – autrement dit dont les pilotes sont formés pour des conditions de brouillard extrême et les avions équipés de même », souligne-t-il. D’où le fait que nombre d’appareils répondant aux normes requises ont bien atterri à Paris ce jeudi, malgré la très mauvaise visibilité. « L’avion du vol MEA 209 étant approuvé catégorie 2, il n’a pas eu l’autorisation d’effectuer son atterrissage dans le brouillard parisien ». Alors qu’il se rapprochait de l’aéroport parisien, la tour de contrôle lui a demandé s’il était approuvé catégorie 3. Et comme il ne l’était pas, son commandant de bord n’a eu d’autre choix que de dérouter son vol vers Bruxelles.

L’expert tient à préciser que sur une échelle de trois catégories, « la catégorie 3 est limitée aux conditions météorologiques extrêmes et peu courantes ». Tout en observant que « de nombreuses compagnies fiables se suffisent de la certification à la première catégorie (la moins apte) », il conclut que « la MEA n’a pas failli à son devoir en privilégiant la sécurité de ses passagers. Elle s’en tire même honorablement ».


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Saturne

CERTAINEMENT UNE NEGLIGENCE.
Un vol de 4 heures deja sans bouger augmente les risques de thrombophlebite, mais en plus rester assis pour uen autre periode de 6 heures devient un hazard dangereux.
un pays don't les lois sont en ruines.

ACE-AN-NAS

Avec cette insistance ( acharnement) sur notre Cie aérienne nationale , on a l'impression que l'auteure de l'article n'a jamais pris d'avions dans sa vie ..

Ou alors la colère a dépassé le cadre de l'aérien.

Marionet

Franchement, il n'y a pas de quoi crier au scandale et dénigrer la compagnie nationale, le pays, etc. Que se serait-il passé si l'avion avait piqué du nez à son arrivée dans le brouillard ? Le seul point criticable, c'est le manque de communication. Les passagers auraient été plus tolérants si le pilote s'était adressé à eux régulièrement pour expliquer ce qui se passait. J'ai le souvenir d'un voyage avec une autre compagnie où le pilote nous avait dit: un passager dont le bagage est en soute ne s'est pas présenté à l'embarquement. Nous debarquons actuellement son bagage et l'opération prendra environ une heure, merci de votre patience. Aussitôt, les passagers qui commençaient à s'agiter se sont détendus.

Tina Chamoun

6h d'attente pour les voyageurs et 2 jours de suite de rebachage pour les lecteurs dans l'OLJ! Bon ça commence à bien faire, peut-on passer à autre chose s'il vous plaît?Les infos intéressantes de par le monde ne manquent pas. Merci.

NAUFAL SORAYA

C'est clair que six heures d'attente, bloqué sur un siège d'avion, c'est un vrai cauchemar mais souven,t si les gens se donnaient la peine d'attendre les vraies explications avant de crier au scandale...

George Khoury

A quoi bon avoir la categorie 3 alors que la MEA dessert paris et londres?? 2 capitales reputee pour leur exotisme ou il sent bon le cocotier et le sable chaud

et puis pensez-y, les prix des billets sont si bas qu'il n'y a plus de marge pour faire n'importe quelle amelioration a la MEA

VIARD Philippe

Bonjour, mieux vaut arriver à destination sans dommages. Mais 6h d attente dans un avion c est long. Atterrir dans un brouillard épais est risqué même pour des pilotes chevronnés. Philippe

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