Des stickers « J’ai voté aujourd’hui » dans le bureau de vote de Des Moines, dans l’Iowa, hier. Scott Morgan/Reuters
Les Américains se sont pressés hier dans les bureaux de vote pour les élections de mi-mandat, deux ans après la victoire de Donald Trump. Les résultats étaient attendus dans la nuit.
Le nombre de votants n’était pas centralisé par une autorité électorale unique aux États-Unis, mais au Texas, à New York ou dans le Maryland, électeurs et scrutateurs interrogés par l’AFP semblaient surpris par l’affluence. Les élections de mi-mandat sont habituellement marquées par une abstention élevée par rapport aux années présidentielles. En outre, au moins 38 millions d’électeurs ont voté en avance, en personne ou par courrier, soit 40 % de plus qu’en 2014, selon les chiffres compilés par le professeur Michael McDonald à l’université de Floride. De nombreux États le permettent des semaines avant le jour J. Dans certains États très disputés, comme le Texas, le Nevada et l’Arizona, le nombre de bulletins enregistrés avant-hier dépassait de toute façon le total de 2014. « Le pays a besoin d’un coup de semonce », confiait Marcus Jackson, un étudiant de 27 ans à Houston, au Texas, où la coqueluche démocrate Beto O’Rourke tente de battre le sénateur républicain sortant Ted Cruz. « Trump est affreux », estime, quant à elle, une ancienne électrice républicaine de 83 ans à Laguna Beach, en Californie. « Il détruit l’Amérique. » La totalité de la Chambre basse du Congrès, la Chambre des représentants (435 élus), sera renouvelée ainsi qu’un tiers du Sénat (35 sièges sur 100), mais aussi 36 des 50 gouverneurs et des milliers d’élus locaux à divers niveaux. Les républicains ont actuellement la majorité au Congrès.
« Carton »
Le président américain a fait campagne jusqu’au dernier moment, enchaînant les rassemblements « Make America Great Again ». « Les élections de mi-mandat étaient ennuyeuses, avant, a-t-il ironisé. Maintenant, ça fait un carton. » « Il se passe quelque chose et cela me rappelle l’atmosphère d’il y a deux ans », a-t-il lancé lors de son ultime meeting, à Cap-Girardeau dans le Missouri lundi soir. Reprenant l’argument de campagne du président, James Gerlock, 27 ans, a voté républicain à Chicago, car il « adore la déréglementation » en cours. « Je suis extrêmement satisfait de l’économie. »
Les démocrates étaient donnés favoris par les sondages pour emporter la majorité à la Chambre, tandis que les républicains devraient conserver le contrôle du Sénat. Les élections de mi-mandat sont traditionnellement délicates pour le président en place. Deux ans après l’arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche, les démocrates avaient ainsi subi une cuisante défaite, payant en particulier les âpres débats autour de la réforme du système de santé.
Le magnat de l’immobilier, qui avait démarré sa campagne présidentielle en traitant les immigrés mexicains de « violeurs », a de nouveau opté cette année pour un message anxiogène sur l’immigration. « C’est une invasion », martèle-t-il depuis plusieurs semaines à propos des migrants d’Amérique centrale qui traversent actuellement, en groupe, le Mexique vers la frontière américaine. Les démocrates ont fait campagne sur la défense du système de santé. Mais ils parient aussi sur le rejet de Donald Trump, qu’ils sont nombreux à qualifier ouvertement de menteur et de catalyseur des violences racistes et antisémites récentes.
Selon le dernier sondage réalisé par SSRS pour CNN, M. Trump a notamment de quoi s’inquiéter du vote des femmes : 62 % d’entre elles soutiennent les démocrates. Semblant anticiper une possible défaite à la Chambre, il affirme depuis quelques jours qu’il s’est essentiellement concentré sur le Sénat. La carte électorale sénatoriale jouait, cette année, en faveur des républicains : le renouvellement par tiers concerne cette année des États majoritairement conservateurs. Sur les 35 sièges en jeu, les sénateurs sortants les plus en difficulté sont des démocrates élus dans le Dakota du Nord, l’Indiana, le Montana et le Missouri.
Les États-Unis pourraient donc se retrouver, le 3 janvier, avec un 116e Congrès divisé. Ce qui pourrait contrecarrer le programme du 45e président des États-Unis jusqu’aux prochaines élections de 2020.
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine