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Économie - Électricité

La foudre a obligé EDL à stopper temporairement ses centrales

Des pylônes électriques dans le Metn.

Électricité du Liban (EDL) a dû mettre à l’arrêt l’ensemble des centrales électriques du pays, barges comprises, pendant près de deux heures hier après que la foudre est tombée sur une ligne haute tension de 220 kilovolts entre Zahrani (Liban-Sud) et Aramoun (Aley), au milieu de la matinée. « Nous avons effectivement dû stopper la production à cause de cet incident, avant de la rétablir progressivement », a indiqué à L’Orient-Le Jour le service de presse de la direction de l’établissement public qui détient le monopole de la production dans le pays.

Dans un communiqué transmis à ses abonnés, Électricité de Zahlé – la société détenant une concession pour distribuer du courant dans la capitale de la Békaa et ses environs, et qui en produit pendant les heures de coupure depuis 2015 – a indiqué, de son côté, qu’EDL avait arrêté de fournir de l’électricité vers 10 heures du matin. La situation est redevenue normale dans la majorité des régions aux environs de 14 heures.

Pas un problème de carburant

EDL opère plusieurs centrales thermiques terrestres majoritairement réparties sur la côte pour alimenter plus de 1,5 million de foyers dans tout le pays. Pour combler une partie de son déficit de production, le fournisseur loue en outre deux navires-centrales à l’opérateur turc Karadeniz depuis 2013 – le Fatmagül Sultan (à Zouk, Kesouan) et l’Orhan Bey (Jiyeh, Chouf).

Pour une des sources interrogées, le fait qu’EDL n’a pas pu faire démarrer ses centrales après la mise hors service de la ligne haute tension est lié à une faiblesse structurelle du réseau. « C’est un problème de réserve de puissance. Les réseaux de distribution sont équipés de groupes de production qui fonctionnent à puissance réduite pour participer au maintien de l’équilibre production-consommation, en cas d’arrêt d’une unité de production, d’une rupture dans la fourniture d’électricité ou d’un pic de la demande. Ces réserves doivent généralement être équivalentes à la plus grande valeur sur le réseau, faute de quoi, il ne tient pas si un de ses éléments est mis hors service », explique la source précitée. Selon elle, EDL a même dû importer du courant de Syrie pendant une heure et demie – alors que ces importations ont été suspendues depuis un moment – pour pouvoir remettre ses unités de production en marche.

Il reste que cet épisode est a priori sans lien avec les problèmes d’approvisionnement en carburant que rencontre actuellement EDL. La livraison de près de 100 000 tonnes de fuel devant alimenter jusqu’à la fin de l’année les besoins des centrales de Jiyé, Zouk et Hrayché (Liban-Nord), ainsi que ceux des deux barges turques, est en effet suspendue depuis plusieurs jours suite au refus du ministère des Finances de débloquer les crédits supplémentaires demandés par celui de l’Énergie et de l’Eau pour la payer. Une situation qu’EDL a officiellement reconnu samedi dans un communiqué publié par sa direction.

Le ministère de l’Énergie a demandé en octobre le déblocage de 642 milliards de livres libanaises (425,9 millions de dollars) pour payer le fioul en attente, dans le cadre d’une procédure prévue par l’article 85 de la Constitution relative au déblocage des dépenses d’urgences. Mais le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, a jugé que le montant demandé était trop important et dépassait la limite fixée par le budget de 2018 pour cette catégorie de dépenses, et appelé le ministre de l’Énergie, César Abi Khalil, à faire voter les crédits demandés par le Parlement. Selon une source proche du dossier, M. Abi Khalil essayerait d’obtenir du fournisseur algérien Sonatrach la livraison d’une partie du fioul en avance en attendant le vote des crédits, alors qu’EDL a commencé à rationner la production depuis environ 10 jours. Cet épisode survient alors que le Liban est pressé par ses soutiens comme ses créanciers de réformer son secteur de l’électricité, qui engloutit une importante partie de son budget annuel.

P.H.B. avec J.A.R.

Électricité du Liban (EDL) a dû mettre à l’arrêt l’ensemble des centrales électriques du pays, barges comprises, pendant près de deux heures hier après que la foudre est tombée sur une ligne haute tension de 220 kilovolts entre Zahrani (Liban-Sud) et Aramoun (Aley), au milieu de la matinée. « Nous avons effectivement dû stopper la production à cause de cet incident, avant de la rétablir progressivement », a indiqué à L’Orient-Le Jour le service de presse de la direction de l’établissement public qui détient le monopole de la production dans le pays. Dans un communiqué transmis à ses abonnés, Électricité de Zahlé – la société détenant une concession pour distribuer du courant dans la capitale de la Békaa et ses environs, et qui en produit pendant les heures de coupure depuis 2015 – a...
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