Patrice Carteron (48 ans), ancien joueur de Saint-Étienne et de l’Olympique lyonnais, a déjà été vainqueur de la C1 africaine, en 2015, sur le banc du club congolais Tout Puissant Mazembe. Francisco Leong/Getty Images/AFP
Cinq ans d’attente pour le géant d’Afrique : le club cairote al-Ahly, repris en main par l’entraîneur français Patrice Carteron, espère retrouver les sommets du foot africain, aujourd’hui lors de la finale aller de la Ligue des champions d’Afrique face à l’Espérance de Tunis, à Alexandrie en Égypte. Club le plus titré du continent, al-Ahly espère décrocher, avec son nouvel entraîneur arrivé en juin dernier, un 9e trophée dans la compétition, cinq ans après son dernier sacre en 2013.
Finalistes malheureux l’année dernière face aux Marocains du Widad, les Diables rouges ont cumulé les échecs ces derniers mois sous la direction de leur ancien entraîneur, l’Égyptien Hossam al-Badri, aux relations notoirement exécrables avec les joueurs et les supporteurs. En avril, ils ont même enregistré une rare défaite face à leurs grands rivaux cairotes de Zamalek (2-1). Le club égyptien a également été confronté à une crise interne, avec le départ au printemps dernier de son milieu de terrain offensif phare Abdallah el-Saïd, en conflit explosif avec le club.
« Le premier objectif, pour moi, c’était vraiment de redonner une âme à l’équipe », avait confié Patrice Carteron, lors de son arrivée cet été, au micro d’al-Ahly TV. À 48 ans, l’ancien joueur de Saint-Étienne et de l’Olympique lyonnais, déjà vainqueur de la C1 africaine en 2015 sur le banc du club congolais Tout Puissant Mazembe, suscite l’enthousiasme et les espoirs de supporteurs désappointés. « Sa stratégie est bonne », estime Ayman Ahmad, un jeune étudiant qui ne rate aucun match de son club favori. Dans un café du centre du Caire, il peste toutefois devant le grand écran qui diffuse la rencontre entre al-Ahly et le club émirati al-Wasl, dans le cadre d’une compétition panarabe. Malgré ses récriminations continues sur la performance de l’équipe, il avoue apprécier les sélections mouvantes et changements de système de jeu de l’entraîneur français, sa marque de fabrique, selon lui. « Il donne des opportunités à tous les joueurs. Il apporte du changement », analyse le jeune supporteur.
« Il me semble important d’être capable (...) de changer pour perturber nos adversaires et être encore plus forts », avait assuré Patrice Carteron lors d’une récente conférence de presse. Cette tactique du changement, il y a été « contraint », constate Amir Abdelhalim, qui dirige la rédaction du site spécialisé Fil Goal. Malgré la présence du Marocain Walid Azaro, les Diables rouges sont actuellement privés de joueurs tels que le Tunisien Ali Maaloul ou encore le Nigérian Junior Ajayi (blessés). Mais les « bonnes relations » de Patrice Carteron avec les joueurs, les supporteurs et les médias représentent, selon l’analyste sportif, le changement le plus important que le Français ait apporté. Les relations tendues qu’entretiennent les grands clubs cairotes al-Ahly et Zamalek avec leurs fans, et parfois même leurs propres joueurs, sont souvent sources de polémiques qui alimentent la presse et perturbent les compétitions. « On peut dire que Carteron est proche des joueurs, que c’est sa force et le secret de son succès jusqu’ici », observe encore M. Abdelhalim.
« Carteron a prouvé (...) qu’il était capable de restaurer une certaine cohésion dans l’équipe », confirme Karim Saïd, rédacteur en chef du site spécialisé Yalla Kora. Dans le cadre de la Ligue des champions africaine, « il a pris la tête du groupe après les deux premières phases jusqu’à l’arrivée en finale ». L’optimisme et l’enthousiasme suscités par l’entraîneur français est une « chose assurément positive, mais pas suffisante », estime toutefois M. Saïd, soulignant que les défis pour al-Ahly restent grands pour grimper de nouveau au sommet africain.
Source : AFP


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