Le chef druze libanais Walid Joumblatt. Photo d'archives AFP.
Le chef druze libanais Walid Joumblatt s'est demandé dans un tweet publié jeudi si les députés sunnites pro-8 Mars, qui bloquent la formation du gouvernement que le Premier ministre désigné Saad Hariri tente de former depuis près de 6 mois, avaient lu le rapport de Banque mondiale qui appelle le Liban à se lancer dans des réformes sans plus attendre.
"Le rapport de la Banque mondiale fait peur. Est-ce que les sunnites indépendants l'ont lu ? Et d'ailleurs, ils sont indépendants de qui ?", a écrit M. Joumblatt sur son compte Twitter. Le chef du Parti socialiste progressiste a accompagné son message d'une photo d'hommes sur le célèbre marché de livres de la rue al-Moutanabbi à Bagdad. "Il semble que les nouvelles sur le Liban sont arrivées à Bagdad, alors les Irakiens cherchent un ouvrage sur les sunnites indépendants. Certains sont même tombés sur le rapport de la Banque mondiale sur le Liban", a ironisé M. Joumblatt avant de saluer le député de Saïda Oussama Saad, qui n'a pas pris part aux récentes réunions des députés sunnites pro-8 mars .
La formation du cabinet bute sur la représentation des sunnites pro-8 Mars, alors que l'on semblait sur la voie du déblocage, lundi, avec l'annonce des Forces libanaises de leur participation au gouvernement.
Le chef de l’État Michel Aoun a créé la surprise hier en envoyant implicitement au Hezbollah un message de mécontentement au sujet de sa dernière revendication consistant à allouer aux sunnites anti-haririens un portefeuille au sein du prochain gouvernement.
Moins d’un mois après avoir abaissé ses prévisions de croissance pour le Liban, la Banque mondiale a une nouvelle fois exhorté les politiques libanais à lancer sans plus attendre les réformes que le pays s’est engagé à mener lors de la conférence dite CEDRE à Paris et qui sont préconisées depuis plusieurs années par ses soutiens et créanciers.
"Le Liban fait face à un défi existentiel. La Banque mondiale n’abandonne pas et se tient prête à apporter son expertise au pays (…) mais c’est à ses dirigeants de lancer les réformes attendues", a déclaré Saroj Kumar Jha lors d'une conférence à Beyrouth.


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