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Moyen Orient et Monde

Le Texas en première ligne dans la lutte pour le climat

Environnement

La ville d’Austin vient de se doter d’un arsenal de mesures pour réduire son impact sur les changements climatiques. De quoi faire chanceler les conservateurs à la tête de cet État.

17/10/2018

Lundi 1er octobre, la phase finale du Universal Recycling Ordinance entrait en vigueur sur le territoire d’Austin, une agglomération de plus de 2 millions d’habitants. La quatorzième métropole des États-Unis oblige désormais commerces d’alimentation et restaurants à donner leurs restes de nourriture et trouver des solutions de composte pour les déchets organiques produits par leurs activités. « Il n’existe pas de politique plus agressive en Amérique du Nord », applaudit Daniel Hoornweg, spécialiste de la question après vingt ans passés à la Banque mondiale. « De nombreuses municipalités vont garder un œil sur l’exemple d’Austin dans les prochaines années », explique-t-il à L’Orient-Le Jour.

« Notre principale ambition, c’est que les gens n’aient plus le réflexe de tout jeter d’un coup dans la poubelle », résume Tom Gleason, contacté par L’OLJ. En charge du programme, il assure que « la ville s’engage à aider les entreprises, quelle que soit leur taille, à trouver des solutions rentables d’ici au 1er février prochain », date à laquelle elles devront avoir complété un formulaire en ligne pour justifier des mesures prises. Pourquoi insister sur les commerces ? « L’étude que nous avons menée dans toute la ville en 2015 a montré que 85 % des poubelles d’Austin viennent des commerçants et que près de 40 % de leurs déchets sont organiques », donc compostables.

« Ils sont très conservateurs... »

Cet arrêté municipal s’inscrit dans un plan zero waste de la ville pour réduire de plus de 90 % ses déchets. Dans l’optique de désengorger ses décharges, Austin lançait en juin dernier son Curbside Composting Collection Program, pour l’accès de plus de 90 000 foyers au composte. D’ici à deux ans, c’est l’ensemble des foyers de l’agglomération qui seront concernés. « Nous avons la chance d’avoir une population très innovante et ouverte », se félicite-t-on à la mairie d’Austin. Avec une grande population hispanophone, cet îlot démocrate fait figure d’exception dans un Texas conservateur et dans le giron des républicains depuis plusieurs dizaines d’années. Alors que le mouvement libertarien du Tea Party en a fait l’un de ses bastions, l’État n’a pas aidé Tom Gleason et ses équipes pour la mise en œuvre de la politique « zéro déchet » d’Austin. « Ils sont très conservateurs, et partisans d’une dérégulation qui ne va pas dans le sens de notre politique environnementale… » avoue-t-il. Signe de changement dans les mentalités, des mesures similaires commencent à abonder du côté de Dallas et de San Antonio, deux des plus grandes métropoles de l’État. Le plan de promotion du recyclage San Antonio Tomorrow espère couvrir 60 % des foyers d’ici à 2025. À force de mesures en faveur de la réduction des déchets, qui contribuent à hauteur de 5 % aux émissions de gaz à effet de serre dans le monde, ces villes du Texas prouvent que les politiques écologiques ne sont plus l’apanage des États côtiers, jugés plus « progressistes » à l’échelle nationale. « À Boston et dans l’État du Massachusetts, ils sont en avance sur tout le monde », constate, jaloux,Tom Gleason, qui s’est aussi inspiré de la politique de retraitement des déchets de San Francisco sur la façade Pacifique. Première métropole des États-Unis à imposer une législation stricte sur les déchets dès 2009, elle recycle déjà plus de 80 % de ses déchets et devrait atteindre son objectif de 100 % d’ici à 2020. « Il reste encore beaucoup à faire, il faut aller plus loin que le simple recyclage des déchets alimentaires, tranche Daniel Hoornweg. Plus que leur retraitement, c’est la réduction des déchets qui doit être le combat numéro un, le vrai problème réside là. » Et le défi est de taille dans le Texas, dont la population devrait doubler d’ici à 2050 : situé dans le sud aride des États-Unis, le Lone Star State est l’un des plus touchés par les changements climatiques. Un an après son passage, qui a fait 90 morts et plus d’une centaine de milliards de dollars de dégâts, l’ouragan Harvey aura marqué en profondeur la mémoire texane.

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