Liban

Que viennent faire au Liban ces jeunes volontaires français ?

Développement

À l’occasion de la Journée du volontariat français, organisée par France Volontaires, lundi dernier à Beirut Station, plusieurs personnes, suivies par l'ONG, expliquent leur choix.


15/10/2018

Leurs profils sont différents, mais leur motivation est identique. Ils ont une formation allant du bac+3 au bac+5 et veulent apporter une autre dimension à leur parcours. La plupart des 70 volontaires français qui viennent travailler au Liban chaque année s’engagent dans des associations œuvrant dans le développement social, l’humanitaire ou la santé. Leur nombre augmente tous les ans, malgré une forte réglementation de leur statut : les candidats au volontariat doivent obtenir un « visa volontaire », nécessitant que les structures de départ déclarent en France qu’elles envoient un volontaire auprès de la structure d’accueil, sur le sol libanais.

Sept structures d’envoi supervisent les Français volontaires au Liban, comme la Guilde, ASMA, la DCC ou encore France Volontaires. Jihane el-Ayachi est la représentante de France Volontaires au Liban, au sein de l’Institut français. Elle accompagne et suit les associations aussi bien que les volontaires français administrativement puis au plan logistique tout en s’assurant de leur sécurité avec l’ambassade de France : « Au départ, quand je suis arrivée il y a deux ans et demi, je ne savais pas combien il y avait de volontaires. Pour nous, les autorités françaises, il y a des zones rouges au Liban, donc il a fallu rappeler les volontaires qui s’y trouvaient. La plupart des volontaires travaillent désormais à Beyrouth, dans le Chouf ou dans les zones qui sont considérées comme en sécurité. »

« Je suis utile »

Loin d’être un projet humanitaire un peu improvisé, le volontariat est un projet professionnel très réfléchi pour nombre de volontaires que L’Orient-Le Jour a rencontrés. En moyenne, ils se lancent dans cette aventure à l’âge de 30 ans, illustrant pour Jihane el-Ayachi cette idée de « volontariat de compétences », qui bénéficie à la fois aux volontaires, améliorant leurs compétences, et aux associations, qui tirent profit de nouvelles idées, d’un regard extérieur, d’autres méthodes…

« Une double vision » que partage totalement Étienne, volontaire de 26 ans auprès de l’association Isman depuis quelques semaines : « J’ai décidé de partir au Liban pour (…) améliorer mes compétences professionnelles, mais aussi pour me confronter à un autre milieu, tout en travaillant sur mes compétences personnelles. » Également âgée de 26 ans, Caroline nourrissait le même projet, après avoir obtenu son master de coopération et de développement avec le Maghreb et le Moyen-Orient à Strasbourg : « Je suis à la recherche de fonds, ce qui est dans mon champ de compétences. Au moins, j’apporte quelque chose, je suis utile à l’association parce que c’est ce que je sais faire. » Caroline vient de s’engager pour une nouvelle année auprès de l’association Oum el-Nour, pleinement satisfaite de l’année passée à apprendre « dans un autre pays, dans un autre contexte, avec une nouvelle thématique ».

Joyeux capharnaüm

Si la plupart signent un contrat de 12 mois, ils ont la possibilité de s’engager une année de plus. Et, bien souvent, ils le font ! En moyenne, les volontaires français restent 24 mois en contrat. Et d’autres restent bien plus : « On a des volontaires qui sont là depuis cinq-six ans parce que le maximum pour un contrat de volontariat, c’est six ans ! Mais c’est extrêmement rare », assure Jihane el-Ayachi pour France Volontaires. À leur arrivée, les volontaires sont accueillis ensemble, formés ensemble et partent – toujours ensemble – découvrir le pays. Alors, évidemment, ils forment rapidement une petite communauté où tout le monde finit par se connaître. Lundi soir, lors de la Journée du volontariat à Beirut Station, c’est dans un joyeux capharnaüm que les volontaires se retrouvent, échangeant dans un mix entre le français et l’anglais, teinté de quelques « yallah » et « habibi ». « J’ai vite trouvé des personnes avec qui parler, échanger, boire des bières… On se retrouve assez vite, c’est un milieu très chaleureux », assure Étienne.

Une expérience bénéfique dans beaucoup d’aspects, à condition que la rémunération suive. Les volontaires parlent davantage d’indemnisations, dont le montant dépend de la structure d’accueil et de la structure d’envoi. D’une association à l’autre, le contrat et l’indemnisation ne sont pas les mêmes, allant de 300 à 1 000 dollars, logement inclus. Avec le Volontariat de solidarité internationale, le Service civique est l’une des formes de volontariat les plus prisées, le volontaire étant défrayé par l’État français à hauteur de 500 € et par un complément donné par l’association. Une aide bienvenue pour que l’expérience soit bénéfique pour tous, associations comme volontaires.

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