Sethrida Geagea, députée des Forces libanaises de Bécharré. Photo Ani
Sethrida Geagea, députée des Forces libanaises de Bécharré, a affirmé vendredi qu'il ne revenait pas au chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, qui s'est exprimé la veille à la télévision, de fixer les règles dans la formation du gouvernement, attendue depuis cinq mois, et dont le partage des portefeuilles entre les deux formations chrétiennes est l'un des principaux obstacles.
"Concernant la formation du gouvernement, il ne revient pas au ministre Bassil de fixer les normes, qui sont déterminées soit par le Premier ministre désigné en concertation avec le président de la République, soit par l'ensemble des blocs parlementaires. Malgré cet état de fait, M. Bassil insiste pour s'arroger ce droit", a déclaré Mme Geagea dans un communiqué publié dans la journée.
Lors d'une émission politique jeudi soir, le leader du CPL a réaffirmé que, selon lui, les FL devaient obtenir trois portefeuilles dans le prochain cabinet. Il y a quelques jours, il s’était dit attaché au critère d’un ministre pour cinq députés, estimant dans ce contexte que les FL n'ont droit qu’à trois ministres au sein du prochain cabinet (vu que les députés des FL sont au nombre de 15). Les FL insistent de leur côté pour se voir octroyer quatre ou cinq portefeuilles sur les trente ministres qui devraient composer le gouvernement, du moment, disent-elles, qu’elles représentent plus de 30 % des voix chrétiennes.
Sur ce même thème, Mme Geagea a démenti les propos de M. Bassil hier soir sur le volet consacré à la répartition des portefeuilles entre les deux partis de l'accord de Meerab, scellé en 2016, ayant permis l'accession de Michel Aoun à la tête de l'Etat avec le soutien des FL, notamment concernant la prise en compte de la part revenant au chef de l'Etat.
Par ailleurs, la députée FL a critiqué les déclarations du chef du CPL sur le rapprochement entre les Forces libanaises et les Marada. "S’il (le chef des Marada, Sleiman Frangié) est capable de pardonner à celui qui a tué son père, sa mère et sa sœur, j’espère qu’il pardonnera à celui à qui il reproche d’avoir pris sa place à la tête de l’État", avait-il déclaré. "Que M. Bassil se positionne contre les FL ou les Marada, c'est son droit, mais il ne doit pas remuer le couteau dans la plaie et réveiller des douleurs dont les Libanais ont souffert pendant 40 ans", a déclaré Mme Geagea.


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