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Liban

Incident de Ferzol : Cinq des six militants FL relâchés

Békaa

Une querelle avait opposé les jeunes partisans à Michel Daher, député de Zahlé, sur fond d’installation d’un mémorial pour les martyrs des Forces libanaises.

Claude ASSAF | OLJ
08/10/2018

Cinq des six militants des Forces libanaises arrêtés dans la nuit de samedi à dimanche à la suite d’une querelle qui les a opposés, dans la localité de Ferzol (Békaa), au député Michel Daher, membre du bloc parlementaire aouniste, ont été relâchés hier après-midi. La querelle a eu lieu alors qu’ils érigeaient une statue à la mémoire des martyrs des FL dans la localité, sur un emplacement contesté. Les militants relâchés sont, selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), Jean Jabra, Bassam Saad, David Deaïbès, Tony Massaed et Eddy Rahmé. Seul Youssef Saydé, chef de la section FL de Ferzol, appréhendé dans le même temps, reste détenu. Dans un communiqué publié hier vers midi par leur bureau de coordination de Zahlé, les Forces libanaises ont indiqué que « Michel Daher, membre du bloc du Liban fort, et son fils Georges s’en sont pris à des jeunes partisans des Forces libanaises, à Ferzol, alors que ceux-ci installaient un mémorial en souvenir des martyrs de la résistance libanaise ». Le texte indique que Michel et Georges Daher « ont été soutenus par des éléments armés, civils et militaires, et ont fait appel à un bataillon de l’armée », soulignant que « nombre de partisans FL ont été blessés, tandis que d’autres ont été incarcérés dans la caserne d’Ablah ».

En signe de protestation contre « l’arrestation arbitraire » des six jeunes gens, le bureau de coordination de Zahlé a appelé les partisans des FL à un rassemblement devant le centre Manara à Zahlé, hier à 15h30. De son côté, dans une démarche visant à libérer les jeunes gens, César Maalouf, député de Zahlé, membre du bloc parlementaire des Forces libanaises, avait entrepris dès l’aube des contacts auprès du commandant en chef de l’armée, Joseph Aoun, et du commandant de la région de la Békaa.


Okais réclame une enquête
Avec Georges Okais, autre député FL de Zahlé, M. Maalouf a tenu une conférence de presse pour dénoncer « la provocation et le chantage dont ont fait l’objet les Forces libanaises ». M. Okais a affirmé, pour sa part, que « l’arrivée des soldats de l’armée sur les lieux de l’incident a eu lieu suite à un tir », exhortant l’armée à mener une enquête pour savoir ce qu’il s’est passé dans la nuit de samedi à dimanche et libérer Youssef Saydé qui n’a commis aucun crime.

Élie Marouni, ancien député de Zahlé (Kataëb), avait de son côté appelé à la libération des jeunes gens, estimant, dans un communiqué, qu’« il ne faut pas traiter les questions liées aux martyrs avec des moyens vindicatifs », parce que, a-t-il dit, « défendre ceux qui sont tombés pour le pays constitue un droit sacré ».

Contacté par L’Orient-Le Jour, M. Marouni a précisé que, parmi les jeunes gens appréhendés, Bassam Saad n’est pas un partisan FL, mais le chef de la section Kataëb de Ferzol. Relatant les circonstances qui ont conduit à l’incident, le député Kataëb indique que « l’emplacement pour ériger le mémorial des FL, situé à proximité de la résidence du fils de Michel Daher, est depuis plusieurs mois sujet à litige ». « À chaque fois que les jeunes gens ont tenté d’y élever la statue, des disputes ont éclaté », ajoute-t-il, soulignant que « le terrain choisi à cette fin est pourtant une parcelle privée offerte par un donateur et se situe sur la route principale ».

M. Marouni se félicite de la libération des partisans Kataëb et FL, indiquant néanmoins que Youssef Saydé est toujours détenu « au motif qu’il a agressé les forces sécuritaires ». Il estime que le différend qui a éclaté entre les jeunes hommes et MM. Daher « serait sur le point d’être réglé, le président de la municipalité de Ferzol ayant probablement trouvé un nouveau site ».

Joint par L’OLJ, le député Michel Daher donne, de son côté, sa version du contexte dans lequel la querelle a éclaté. « Il y a deux ans, les Forces libanaises ont sollicité mon soutien financier pour dresser à Ferzol une statue en hommage à leurs martyrs, dont le coût s’élève à 7 500 dollars. Natif de la région, je me suis empressé de les aider, leur fournissant un montant de 2 500 dollars », indique-t-il, ajoutant que le parti de Samir Geagea a demandé au conseil municipal de Ferzol de mettre à sa disposition un lopin de terre pour y placer la statue. « La municipalité l’a autorisé à utiliser un terrain de 500 m2 appartenant à 3 000 ou 4 000 héritiers, à condition toutefois que cette autorisation ne fasse pas l’objet d’une opposition », précise M. Daher. « Il y a quelques mois, les partisans FL ayant voulu installer le mémorial à 10 m de ma résidence familiale, je leur ai demandé de le faire à l’autre bout de la parcelle, et ai même proposé de leur offrir 50 000 dollars en vue de l’acquisition d’un terrain où ils pourraient aménager un parking qu’ils utiliseraient lors de cérémonies », soutient le député du Liban fort, indiquant que « le président du conseil de la municipalité leur a retiré il y a un mois l’autorisation d’exploiter le terrain litigieux ». « Dans la nuit de samedi à dimanche, vers 2h, une cinquantaine de partisans sont toutefois revenus sur le terrain pour y ériger le mémorial, ce qui m’a conduit à faire appel à l’armée, qui a arrêté plusieurs d’entre eux », enchaîne M. Daher, indiquant toutefois avoir pris contact hier avec des officiers pour obtenir la libération de Youssef Saydé, mais que sa demande a été rejetée au motif que le chef de la section FL de Ferzol « a agressé physiquement des éléments de l’armée ».

Quant au président du conseil municipal de Ferzol, Melhem Ghassan, il a indiqué, dans une déclaration, qu’il était censé se réunir hier à 11h avec M. Daher et les députés et partisans FL pour tenter de trouver une solution au litige. « Les jeunes gens avaient promis samedi qu’ils n’entreprendraient aucune démarche avant la tenue de la réunion. Nous avons donc été surpris de constater l’installation du mémorial en pleine nuit », déclare-t-il, affirmant « avoir donné l’autorisation, mais l’avoir annulée en raison de la mésentente ».

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Yves Prevost

Comme toujours, dans ce genre de cas, les circonstances ne sont pas claires. Youssef Saadé aurait agressé des éléments de l'armée, mais que faisaient-ils là? Pourquoi Michel Daher les a-t-ils fait appelés au lieu de FSI dont c'es le travail?

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